Malgré l’escalade à la frontière nord, Tillerson ne s’arrêtera pas en Israël
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Malgré l’escalade à la frontière nord, Tillerson ne s’arrêtera pas en Israël

Un responsable américain affirme que le secrétaire d'État "surveille de près la situation" entre Israël et les forces iraniennes, après d'intenses affrontements militaires

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, à Londres, le 22 janvier 2018 (Photo AFP / Pool / Toby Melville)
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, à Londres, le 22 janvier 2018 (Photo AFP / Pool / Toby Melville)

WASHINGTON – Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson n’a pas l’intention d’ajouter un arrêt à Jérusalem lors de sa visite au Moyen-Orient cette semaine, malgré la montée des tensions le long de la frontière israélo-syrienne, a déclaré lundi un fonctionnaire du département d’État au Times of Israel.

« Il n’est pas prévu que le secrétaire fasse un arrêt en Israël pendant ce court voyage », a-t-il déclaré. « Il surveille la situation de près. »

Au cours du week-end, un drone iranien a pénétré dans l’espace aérien israélien à partir du territoire syrien, entraînant une réaction militaire israélienne de frappes transfrontalières visant les installations iraniennes en Syrie. De retour de mission, l’un des chasseurs F-16 israéliens s’est écrasé dans le nord d’Israël après avoir été touché par les tirs anti-aériens des forces syriennes.

Ces événements se sont produits après que Tillerson a annoncé sa tournée dans cinq capitales du Moyen-Orient et de la Turquie, itinéraire qui n’inclut pas Israël. Le voyage a été présenté comme une tentative de rallier les alliés à des initiatives dirigées par les Etats-Unis pour tirer parti des succès remportés contre le groupe terroriste islamique et faire en sorte qu’il ne reprenne pas pied dans la région.

Soldats israéliens dans un poste militaire surplombant la frontière avec la Syrie, sur les hauteurs du Golan à la suite du crash d’un avion F-16 dans le nord d’Israël, le 10 février 2018. (Flash90)

« Je n’irais pas trop loin dans le fait qu’il n’ y a pas d’arrêt israélien », a déclaré un autre fonctionnaire du département d’État aux journalistes la semaine dernière avant le voyage. Ce sont toujours des itinéraires très compliqués à réaliser. Le secrétaire rencontre assez fréquemment les responsables israéliens lorsqu’ils sont en visite et se tient au courant des problèmes. »

Mais les plans de Tillerson pour le voyage – qui était déjà considéré comme l’un des plus difficiles de son mandat – ont été compliqués une fois que ce conflit militaire a eu lieu. L’ancien président d’Exxon Mobil a déjà fait l’objet d’un déferlement médiatique en raison de son incapacité apparente à parler au nom du président américain Donald Trump.

On s’attend également à ce qu’il tente de calmer la colère face à la décision du président, le 6 décembre, de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, ce qui a déclenché une indignation généralisée dans le monde arabe et musulman.

Les Palestiniens, pour leur part, ont depuis lors refusé de rencontrer l’équipe de Trump ou des responsables américains pour protester contre cette reconnaissance, notamment le vice-président américain Mike Pence, qui s’est rendu dans la région le mois dernier. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a également déclaré que les États-Unis ne peuvent plus jouer leur rôle traditionnel de négociateur de paix entre les parties.

Certains initiés supposent que l’une des autres raisons pour lesquelles Tillerson a ignoré Israël est que le gendre et conseiller principal de Trump, Jared Kushner, est le point de référence de l’administration sur les pourparlers de paix israélo-palestiniens, et non Tillerson lui-même.

L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a déclaré dimanche que ce voyage – à ce moment-là – était, pour Tillerson, »une occasion idéale de s’arrêter en Israël ». Ne pas le faire, a-t-il dit, est une erreur.

« Mais curieusement, Israël ne figure pas sur l’itinéraire. Les escales de Tillerson comprennent Amman, Ankara, Le Caire, Koweït City et Beyrouth, mais pas Jérusalem », a écrit l’ancien fonctionnaire de l’administration d’Obama dans Haaretz. « Ça n’avait pas d’importance avant l’incursion iranienne. Ce serait une faute professionnelle maintenant. Le secrétaire doit se rendre en Israël. »

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