Manifestation à Tel Aviv contre l’arrestation d’enfants de migrants
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Manifestation à Tel Aviv contre l’arrestation d’enfants de migrants

Trois enfants ont été emprisonnés ces derniers jours avec leurs parents, et la mère d'une autre élève a été arrêtée avant son expulsion prévue

Des lycéens protestent contre l'expulsion de leur camarade de classe Eliana qui a été arrêtée avec sa mère, travailleuse immigrée indienne, par les services de l'immigration devant l'école Gabrieli à Tel Aviv, le 7 novembre 2019. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Des lycéens protestent contre l'expulsion de leur camarade de classe Eliana qui a été arrêtée avec sa mère, travailleuse immigrée indienne, par les services de l'immigration devant l'école Gabrieli à Tel Aviv, le 7 novembre 2019. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Plusieurs centaines d’étudiants et de parents ont manifesté jeudi à Tel Aviv contre les arrestations et les expulsions prévues de migrants.

Les manifestants se sont mobilisés contre l’arrestation de la mère indienne d’une élève de Sixième de l’école Gabrieli Carmel, elle-même née en Israël ; l’arrestation d’un élève de CE2 de l’école HaGalil avec sa mère nigériane ; et l’arrestation d’un couple indien et de ses filles israéliennes, âgées de un et sept ans.

Les participants à la manifestation devant l’école Gabrieli Carmel ont brandit des pancartes et ont scandé « Honte ! » et « La population est contre les expulsions ! »

Les autorités affirment qu’elles appliquent les lois contre l’immigration illégale. Des militants et des avocats de familles de migrants ont cherché à empêcher l’expulsion d’enfants qui ont grandi en Israël et se sont opposés à l’emprisonnement des mineurs.

עכשיו בתל אביב: שוטרים נכנסים לבית ספר גבריאלי לשלוף ילדים שנדונו לגירוש. והילדים בחוץ שצועקים על השוטרים. מעורר צמרמורת. לא יאומן.

פורסם על ידי ‏‎Alon Matos‎‏ ב- יום חמישי, 7 בנובמבר 2019

L’Autorité de l’État Civil et de l’immigration a déclaré avoir arrêté 45 immigrants illégaux au cours des deux derniers jours. Il est prévu que des audiences soient tenues sur leur cas avant qu’une décision finale ne soit prise quant à leur expulsion.

Ilan Kohavi, 17 ans, a déclaré au site d’information Walla que Myron, un élève de sixième, son élève dans ses activités scoutes, est « un garçon israélien. C’est très étrange pour moi qu’il soit expulsé. Il va à l’école, fréquente des mouvements de jeunesse, il est comme tous les autres enfants. Je crois qu’il sera un citoyen modèle ».

Vered Windman, la responsable du Conseil national israélien pour l’enfant, a interpellé dans une lettre le procureur général Avichai Mandelblit pour qu’il mette fin à la détention des enfants « qui n’ont rien fait de mal. Le statut de migrant des parents ne doit pas être une raison pour emprisonner leurs enfants. »

Dimanche, une cour d’appel de Tel Aviv a annulé les ordonnances d’expulsion de deux enfants nés en Israël d’ouvriers philippins et de leurs mères. Dans son verdict, le juge a déclaré que les services de l’immigration n’avaient pas dûment tenu une audience avant l’expulsion pour évaluer si la mesure d’expulsion prenait en compte l’intérêt supérieur des deux enfants.

La semaine dernière, des centaines d’élèves, leurs enseignants et leurs parents avaient protesté à l’extérieur de la prison de Ramle à Givon pour demander la libération de ces quatre personnes.

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle mesure de répression de la « Population Immigration and Border Authority » ou PIBA, [L’administration des postes frontière, de la population et de l’immigration] à l’encontre des travailleurs étrangers qui dépassent la durée de validité de leur visa de travail.

Plus tôt cette année, Israël a expulsé pour la première fois des enfants nés en Israël.

L’expulsion des travailleurs étrangers, qu’elle soit décidée d’un commun accord ou forcée, a été critiquée en raison de l’impact qu’elle peut avoir sur leurs enfants nés dans le pays, dont certains passent des années dans le système éducatif israélien.

La réglementation stipule que les travailleuses étrangères qui tombent enceintes doivent rapatrier leurs bébés à la maison, comme condition au renouvellement de leur visa. Mais beaucoup d’entre elles ne le font pas et restent dans le pays en faisant des petits boulots illégaux, pour donner à leurs enfants une vie meilleure que celle qu’ils auraient dans leur pays d’origine.

Selon la Hotline for Migrant Workers, une organisation de défense et protection des droits, quelque 60 000 soignants étrangers, pour la plupart des femmes, sont actuellement employés en Israël. La moitié d’entre elles sont originaires des Philippines, avec un nombre beaucoup plus faible du Népal (15 %), de l’Inde, du Sri Lanka et de la Moldavie (10 % chacun) et le reste de divers pays d’Europe de l’Est.

JTA a contribué à cet article.

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