MDA travaille sur une injection préventive d’anticorps contre le Covid-19
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MDA travaille sur une injection préventive d’anticorps contre le Covid-19

Alors qu'il faudra encore des mois avant d'obtenir un vaccin, Magen David Adom prépare une solution pour protéger les plus vulnérables en cas de deuxième vague

Du plasma contenant des anticorps est collecté auprès des patients ayant guéri du COVID-19 en Israël. (Crédit : Magen David Adom)
Du plasma contenant des anticorps est collecté auprès des patients ayant guéri du COVID-19 en Israël. (Crédit : Magen David Adom)

L’Établissement israélien du sang cherche à développer une méthode d’injection d’anticorps afin de protéger les citoyens les plus vulnérables contre une éventuelle deuxième vague d’épidémie de coronavirus.

« Nous savons tous qu’un vaccin prendra du temps, mais nous sommes inquiets pour l’hiver prochain et nous voulons être prêts », explique Eilat Shinar, la directrice de l’Établissement du sang de Magen David Adom, au Times of Israël.

« Nous espérons que cette méthode permettra d’éviter des infections », indique-t-elle. Elle espère que l’injection sera prête dans quatre à six semaines avant d’être soumise à une courte période de tests.

Le Prof. Eilat Shinar, directrice de l’Etablissement du sang de Magen David Adom (MDA), dans le centre de don du sang à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, en septembre 2019. (Shoshanna Solomon : Times of Israel)

Son équipe prélève du plasma de patients guéris du coronavirus et crée un concentré d’anticorps. Les médecins espèrent pouvoir injecter le produit aux personnes les plus vulnérables en cas de deuxième vague du Covid-19.

Ce concentré – ou globuline hyperimmune – sera injecté en intraveineuse et fonctionne différemment d’un vaccin, qui incite le corps à produire ses propres anticorps pour lutter contre des virus ou des bactéries. L’injection « passive » contiendra des anticorps déjà prêts. Pourtant, alors que les vaccins contre le coronavirus devraient assurer une protection presque complète, Eilat Shinar reconnaît qu’il n’y a aucune garantie concernant l’efficacité de l’injection de globuline.

Des traitements avec la méthode de globuline ont déjà démontré leur efficacité avec d’autres maladies, notamment l’hépatite A.

L’initiative intervient en plus d’un autre programme à base d’anticorps existants pour le coronavirus. Depuis le 1er avril, MDA collecte du plasma contenant des anticorps de patients guéris et les injecte aux patients malades. Jusqu’à présent, 52 patients ont été traités avec des anticorps, et Eilat Shinar estime que le résultat global est « encourageant ». De nettes améliorations ont été observées chez certains patients dans un état modéré et même chez des patients gravement atteints, au niveau de la pression artérielle, de la fonction respiratoire et de la fonction rénale, explique-t-elle.

Elles reste néanmoins prudente et évite de tirer des conclusions trop hâtives, en soulignant que peu de patients ont été traités par cette méthode et qu’il n’y avait pas de groupe de contrôle. En d’autres termes, il n’y a aucun moyen scientifique de savoir si les anticorps sont à l’origine de ces améliorations.

Eilat Shinar estime tout de même que les résultats sont assez encourageants pour poursuivre la méthode – parfois appelée « immunisation passive » – et à administrer des anticorps comme mesure préventive, pas seulement comme traitement.

Du personnel médical dans une unité de soin du coronavirus à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, el 4 mai 2020. (Yossi Aloni / Flash90)

Elle espère que le produit sera prêt et approuvé par les régulateurs avant l’hiver. On ne sait pas encore précisément combien de doses pourront être produites à l’aide du plasma des patients guéris. Elle précise cependant que le traitement serait disponible pour les personnes les plus vulnérables, mais pas pour tous les Israéliens.

Elle explique que s’il n’y avait pas assez de plasma de patients guéris du coronavirus au départ, à mesure que le virus disparaît progressivement, le nombre de patients guéris pouvant donner du plasma allait augmenter.

« Ce n’est que maintenant que nous avons assez de plasma pour préparer de la globuline immune pour cet usage », commente Eilat Shinar.

Lundi, dans une initiative séparée, le ministre de la Défense Naftali Bennett a indiqué qu’il avait observé une « découverte significative » de la part de l’institut de recherche de défense biologique d’Israël pour développer un anticorps au Covid-19. Son bureau a fait savoir que l’anticorps pourrait être produit à une échelle industrielle. Le ministère de la Défense a refusé notre demande de commentaire.

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