Mère de Yotam Haïm : « Israël devrait capituler devant le Hamas pour sauver les otages »
Iris Haïm, dont le fils a été tué par erreur par Tsahal fin 2023, appelle à la fin de la guerre et dit qu'Israël doit choisir "entre la destruction et la renaissance"

Iris Haïm, la mère de l’otage assassiné Yotam Haïm, a suggéré dimanche dans un message sur les réseaux sociaux qu’Israël devrait « capituler » devant le groupe terroriste palestinien du Hamas et mettre fin à la guerre pour libérer les otages restants à Gaza.
« Nous nous sommes rendus au Hamas pendant vingt ans, nous avons donné toujours plus, et maintenant nous devons libérer ceux qui peuvent encore l’être », a écrit Haïm sur Facebook, après la récente diffusion de vidéos de propagande montrant deux otages israéliens, Rom Braslavski et Evyatar David, la peau sur les os.
« Pour ma famille et moi, il est trop tard, Yotam ne reviendra pas », a-t-elle écrit à propos de son fils, pris en otage dans le kibboutz de Kfar Aza le 7 octobre 2023. Il avait réussi à s’échapper de ses geôliers, mais a été accidentellement abattu par les troupes israéliennes à Gaza le 15 décembre 2023, en même temps que deux autres otages israéliens. Les soldats les avaient identifié par erreur comme représentant une menace, et avaient ouvert le feu sur eux, les tuant dans le quartier de Shejaiya, à Gaza-City.
« Se rendre ? Je suis prête à me rendre, en échange des otages, en échange du dernier honneur qui reste face à des familles comme la mienne qui ont encore espoir », a ajouté Haïm.
« Si l’armée est suffisamment forte, il y aura des compagnies, des pelotons et des divisions qui protégeront les habitants de la frontière de Gaza – telle est la mission. Pas au détriment des victimes affamées et maltraitées qui ont encore un souffle de vie. »
« Nous devons regarder l’ennemi dans les yeux. Nous ne les vaincrons pas. Cette image est celle de l’échec de notre pays, et après elle, il n’y aura pas d’image de la victoire », a-t-elle ajouté.
« Mon enfant ne reviendra jamais », a déclaré Haïm.
« Je suis une citoyenne de ce pays et je ne pense pas que nous pourrons renaître sans [capituler]. »
Faisant référence au jeûne de Tisha BeAv, célébré dimanche, Haïm a déclaré que « c’est un jour auquel je n’étais pas du tout liée avant le 7 octobre, mais dont je comprends désormais toute la signification ».
Ce jeûne commémore la destruction des deux Temples de Jérusalem ainsi que plusieurs autres tragédies de l’Histoire du peuple juif.
« Nous pouvons choisir entre notre destruction et notre renaissance », a-t-elle ajouté.
Contrairement à la plupart des familles d’otages, Haïm s’est ouvertement opposée aux critiques formulées à l’encontre du gouvernement pendant la guerre et n’a participé à aucune manifestation réclamant le retour des otages.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Les pourparlers visant à obtenir la libération des derniers otages sont au point mort depuis qu’Israël et les États-Unis ont rappelé leurs négociateurs de Doha le mois dernier, frustrés par la réponse du Hamas à la dernière proposition de cessez-le-feu progressif.
Alors que ces pourparlers visaient à obtenir un cessez-le-feu de 60 jours en échange du retour de la moitié des otages, vivants ou morts, un haut responsable israélien a déclaré jeudi aux journalistes qu’Israël et les États-Unis s’étaient désormais mis d’accord pour remplacer le cessez-le-feu partiel par un accord-cadre global. Toutefois, ce responsable n’a pas mentionné les délais prévus pour la conclusion d’un tel accord.







