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Merz défend sa décision d’arrêter certaines livraisons d’armes à Israël

"Nous avons un point de désaccord, qui concerne l'action militaire d'Israël dans la bande de Gaza", a déclaré le chancelier. "C'est quelque chose qu'une amitié peut supporter"

Illustration : Le chancelier allemand Friedrich Merz faisant une déclaration à Berlin avant de se rendre au sommet du G7, à Kananaskis, au Canada, le 15 juin 2025. (Crédit : John MacDougall/AFP)
Illustration : Le chancelier allemand Friedrich Merz faisant une déclaration à Berlin avant de se rendre au sommet du G7, à Kananaskis, au Canada, le 15 juin 2025. (Crédit : John MacDougall/AFP)

Le chancelier allemand Friedrich Merz a défendu dimanche sa décision de suspendre certaines livraisons d’armes à Israël, qui suscite des critiques au sein de son propre camp.

« La République fédérale d’Allemagne est aux côtés d’Israël depuis 80 ans », a déclaré M. Merz à la chaîne de télévision ARD, « cela ne changera pas ». « Nous continuerons à aider ce pays à se défendre ».

Vendredi, M. Merz avait annoncé que l’Allemagne suspendait l’exportation d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza, en réponse aux projets israéliens de prendre le contrôle de la ville de Gaza.

L’embargo partiel sur les armes décrété par M. Merz a suscité des critiques publiques de la part de membres de son parti, la CDU, notamment de son organisation de jeunesse, selon laquelle cette décision va à l’encontre des principes fondamentaux de l’Allemagne et du parti.

Le chancelier a affirmé avoir rassuré le président israélien dimanche matin en lui affirmant que l’Allemagne ne rompait pas son amitié traditionnelle avec Israël.

« Nous avons un point de désaccord, qui concerne l’action militaire d’Israël dans la bande de Gaza », a-t-il déclaré. « C’est quelque chose qu’une amitié peut supporter ».

Jusqu’à récemment, Israël bénéficiait d’un large soutien de la part de l’ensemble du monde politique allemand et l’Allemagne était jusqu’ici, avec les Etats-Unis, l’un des plus grands soutiens d’Israël.

Contrairement à la France, à la Grande-Bretagne et au Canada, l’Allemagne n’a pas l’intention de reconnaître un État palestinien en septembre, rappelant que cette reconnaissance ne pourrait intervenir qu’à l’issue des négociations israélo-palestiniennes.

Mais le ton de M. Merz à l’égard d’Israël s’est durci ces derniers mois, alors que la guerre s’éternise.

Lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’attention des médias étrangers, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait valoir que le chancelier allemand a « cédé » à la pression de groupes étrangers et nationaux opposés à Israël, et a promis qu’Israël combattra le Hamas « avec ou sans le soutien des autres ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse pour les médias étrangers, le 10 août 2025. (Crédit : capture d’écran GPO)

« Je pense que [Merz] a été un bon ami d’Israël, mais je pense qu’il a cédé à la pression de faux reportages télévisés et à la pression interne de divers groupes », a déclaré Netanyahu, en réponse à une question sur l’embargo.

« Je ne veux pas parler spécifiquement de [Merz], mais je veux dire ceci : certains choisissent peut-être d’oublier le 7 octobre. Nous n’oublierons pas ce qui s’est passé, et nous ferons tout ce qu’il faut pour défendre notre pays, notre peuple et notre avenir. Nous gagnerons la guerre, avec ou sans le soutien des autres », a poursuivi Netanyahu.

Passant à ce qu’il a appelé « une autre question », Netanyahu dit que de nombreux dirigeants, « surtout européens », lui ont dit : « Écoute, on sait que tu as raison, mais on peut pas aller à l’encontre de l’opinion publique dans notre pays… Ils me le répètent sans arrêt. »

« Et je leur réponds que c’est leur problème. Ce n’est pas le nôtre », a-t-il poursuivi.

Il a rappelé que le prédécesseur de Merz, Olaf Scholz, s’est rendu en Israël peu après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre à Gaza, et avait déclaré que « les terroristes du Hamas sont les nouveaux nazis ».

« Maintenant, on ne va pas partir. On ne va pas laisser ce qui reste de l’armée nazie dans l’équivalent de Berlin », a-t-il dit, comparant l’arrêt de la guerre avant la destruction du Hamas à l’arrêt de la Seconde Guerre mondiale avant la prise de Berlin et la fin totale du régime nazi.

« On va faire ce qu’on a à faire, et j’espère que le chancelier Merz changera sa politique. Et vous savez quand il changera certainement sa politique ? Quand on aura gagné », a prédit le Premier ministre.

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