Mort à 100 ans d’Artur Brauner, mémoire cinématographique de la Shoah
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Mort à 100 ans d’Artur Brauner, mémoire cinématographique de la Shoah

Parmi les films qui ont marqué le public : "Europa, Europa" sur un orphelin juif au coeur de l'élite nazie, ou "la Rose Blanche", sur le réseau de résistants allemands

Le cinéaste allemand Artur Brauner, au palais de la Berlinale, le 15 février 2018. (Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP)
Le cinéaste allemand Artur Brauner, au palais de la Berlinale, le 15 février 2018. (Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP)

Artur Brauner, producteur allemand aux plus de 300 films, dont plusieurs grands succès consacrés à la mémoire de la Shoah, comme « Europa, Europa », est mort dimanche à Berlin à l’âge de 100 ans.

« L’Allemagne perd un de ses producteurs de cinéma les plus importants de l’après-guerre », a indiqué dans un communiqué la secrétaire d’Etat à la Culture, Monika Grütters.

« Voir qu’un Juif polonais persécuté émigre ainsi après la guerre dans le pays des assassins de sa famille, pour produire des films et participer à la reconstruction démocratique de l’Allemagne, est un grand cadeau pour notre pays », a-t-elle dit.

Né le 1er août 1918 à Lodz ce fils d’un marchand de bois avait survécu à l’extermination des juifs de Pologne en se réfugiant avec les siens en Union soviétique.

Artur Brauner avait émigré à Berlin après la guerre et fondé la société de production cinématographique CCC, dans le secteur américain de la ville. Une autre partie de sa famille a émigré en Israël.

Grand admirateur de Fritz Lang, il a produit en 70 ans, plus de 300 films, dont plusieurs à succès, comme la série de western allemands sur le héros amérindien Winnetou.

Ces productions très rentables lui ont permis de financer des films sur l’histoire de la Shoah, l’obsession de toute une vie pour ce rescapé et un thème qui n’est arrivé que tardivement sur les écrans allemands.

Parmi les films qui ont marqué le public et la critique : « Europa, Europa » sur un orphelin juif qui se retrouve au coeur de l’élite nazie (1990) ou encore « la Rose Blanche » (1982) sur le réseau de résistants allemands.

En 1972, le film qu’il avait co-produit « Les Jardins des Finzi-Contini », sur la jeunesse juive dorée italienne à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et des percussions, avait reçu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

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