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N7 : La conférence sur la coopération régionale maintenue malgré les tensions

Des experts et des dirigeants du secteur privé d'Israël, de Cisjordanie et d'une douzaine de pays musulmans se sont réunis à Abou Dhabi

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Will Wechsler, directeur principal de l'initiative N7 de l'Atlantic Council, s'adressant à une assemblée du programme, à Abou Dhabi, le 14 mars 2023. (Autorisation)
Will Wechsler, directeur principal de l'initiative N7 de l'Atlantic Council, s'adressant à une assemblée du programme, à Abou Dhabi, le 14 mars 2023. (Autorisation)

En l’espace de trois mois, le nouveau gouvernement radical du Premier ministre Benjamin Netanyahu a réussi à refroidir les relations qu’il avait contribué à établir il y a moins de trois ans, lors de la signature des Accords d’Abraham.

Son invitation à se rendre aux Émirats arabes unis a été annulée, les réunions du Forum du Néguev se sont arrêtées, et il ne s’est pas passé une semaine sans que l’un des voisins arabes d’Israël ne condamne violemment son gouvernement, que ce soit pour la visite du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir sur le mont du Temple, pour les opérations anti-terroristes de Tsahal en Cisjordanie, l’avancement de la construction d’implantations, la légalisation des avant-postes, ou les remarques incendiaires du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui, le 1er mars, a appelé à « anéantir » une ville palestinienne et qui, dimanche dernier, a affirmé que le peuple palestinien n’existait pas, tout en se tenant derrière une carte du « Grand Israël » incluant l’actuelle Jordanie.

À lire : Le malaise des alliés d’Israël face au gouvernement ne cesse de croître

Malgré cette toile de fond, une rencontre a eu lieu la semaine dernière à Abou Dhabi, réunissant des experts et des cadres du secteur privé d’Israël, de Cisjordanie et d’une douzaine de pays arabes et musulmans – y compris ceux qui n’ont pas de liens diplomatiques avec l’État hébreu – pour discuter de la coopération dans le domaine de l’eau et de la sécurité alimentaire.

La conférence était organisée par l’Atlantic Council et l’initiative N7 de la Jeffrey Talpins Foundation, qui cherche à élargir et à approfondir la normalisation entre Israël et les pays arabes et musulmans.

Il s’agissait de la deuxième rencontre de ce type organisée par le N7, trois mois après que des experts d’une liste similaire de pays se sont réunis au Maroc pour discuter de projets communs dans le domaine de l’éducation et de la coexistence. Ces deux conférences du N7 visaient à refléter les objectifs d’un autre « groupe de travail » du Forum du Néguev – les équipes de fonctionnaires du N7 qui se sont réunies en janvier pour discuter de projets régionaux dans les domaines de l’eau et de la sécurité alimentaire, de l’éducation et de la coexistence, de la sécurité régionale, du tourisme et de l’énergie.

Le directeur du N7, Dan Shapiro, a supposé que la conférence – qu’il a lui-même initiée – a pu aller de l’avant avec la bénédiction des Émirats arabes unis, malgré la « prudence générale » des nouveaux voisins arabes d’Israël, en raison de la nature apolitique du sujet et du fait que les participants provenaient en grande partie d’organisations non gouvernementales.

Le président du Conseil national de sécurité, Tzahi Hanegbi, à gauche, s’adressant à une assemblée du programme N7 de l’Atlantic Council, sous le regard du directeur du N7, Dan Shapiro, à Abou Dhabi le, 14 mars 2023. (Autorisation)

« L’environnement actuel n’est probablement pas propice à l’adhésion de nouveaux pays comme l’Arabie saoudite [aux Accords d’Abraham], compte tenu de ce qui se passe en Israël et entre Israël et les Palestiniens », a expliqué Shapiro, qui a précédemment occupé le poste d’ambassadeur des États-Unis en Israël sous l’Administration Obama.

Une semaine avant la réunion du N7, les Émirats arabes unis ont demandé à l’ambassade des États-Unis à Abou Dhabi de surseoir à un événement destiné aux journalistes des pays signataires des Accords d’Abraham, selon des responsables américains et émiratis. Les organisateurs du N7 ont également invité les responsables gouvernementaux des pays arabes participants à prendre part à leur conférence la semaine dernière, mais n’ont reçu aucune réponse positive, selon deux sources au fait de la question.

Néanmoins, « il est intéressant de constater que [les pays signataires des Accords d’Abraham] voient une valeur dans la capacité d’un groupe de réflexion bipartisan à Washington à maintenir et, d’une certaine manière, à développer les contacts entre les experts israéliens et arabes », a-t-il déclaré.

« Cela me fait dire qu’ils continuent de considérer qu’il est important de trouver des canaux permettant de poursuivre un travail constructif en vue de construire une région plus intégrée. »

Shapiro a indiqué que l’objectif de la réunion était de fournir des idées au groupe de travail officiel du sommet du Néguev sur la sécurité alimentaire et hydrique, en vue de sa prochaine réunion. Ce fut le cas lorsque le groupe de travail sur l’éducation et la coexistence s’était réuni en janvier et avait discuté de certaines des propositions issues de la conférence du N7 sur le même sujet l’année dernière au Maroc.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à gauche, s’adressant aux participants du programme N7 de l’Atlantic Council, sous le regard du directeur du N7, Dan Shapiro, à Abou Dhabi, le 15 mars 2023. (Crédit : Dan Shapiro)

Toutefois, les propositions du N7 peuvent également être reprises par des groupes de pays plus restreints, qui préfèrent ne pas attendre que les initiatives passent par le processus bureaucratique plus lent du Forum du Néguev, a fait remarquer Shapiro. « Il peut s’agir d’une initiative financée par le secteur privé ou par la philanthropie, que les gouvernements ne décident d’examiner que plus tard, une fois qu’elle est lancée et fonctionne. Nous pensons que nous sommes complémentaires des groupes de travail du Forum du Néguev, mais pas exclusivement. »

Shapiro a hésité à donner des détails sur les propositions de projets régionaux sur l’eau et la sécurité alimentaire qui ont été discutées lors de la conférence du N7 la semaine dernière, mais il les a résumées comme des « tentatives de prendre des technologies, des stratégies ou des politiques qui se sont avérées efficaces dans au moins un pays… et de les adapter pour qu’elles puissent être appliquées plus largement dans les sept pays » – Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc, l’Égypte, la Jordanie et le Soudan.

Parmi les idées discutées figurent les techniques d’irrigation, le stockage des aliments, la prévention du gaspillage alimentaire et la libéralisation du commerce.

Outre les sept pays membres, des experts palestiniens étaient présents, ainsi que des représentants de la Tunisie et de l’Indonésie, qui n’ont pas de liens officiels avec Israël. Des experts en eau et en sécurité alimentaire du Burkina Faso, pays d’Afrique de l’Ouest qui a des liens avec Israël, étaient également présents. Les organisateurs ont toutefois refusé de divulguer l’identité des participants, apparemment en raison des craintes que certains d’entre eux pourraient avoir quant à la publication de leur coopération avec Israël.

Shapiro a néanmoins exprimé son souhait de voir l’initiative se développer. « Nous espérons que le N7 deviendra un jour le N8, le 9 ou le 10. »

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