Nachman Ash : Des tests de sérologie pour obtenir un vrai « passeport vert »
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Nachman Ash : Des tests de sérologie pour obtenir un vrai « passeport vert »

Ce "laissez-passer" serait remis aux Israéliens les moins susceptibles d'avoir été infectés par le virus ou de le transmettre, et notamment à ceux qui ont guéri de la COVID-19

Une laborantine israélienne effectue des tests sérologiques au laboratoire des services de soins de santé Leumit à Or Yehuda, près de Tel Aviv, le 29 juin 2020. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Une laborantine israélienne effectue des tests sérologiques au laboratoire des services de soins de santé Leumit à Or Yehuda, près de Tel Aviv, le 29 juin 2020. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Le nouveau responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël, Nachman Ash, a annoncé jeudi que les autorités sanitaires commenceraient à remettre un « passeport vert » à tous ceux dont il s’avérerait, après un test de dépistage sérologique, qu’ils possèdent bien des anticorps contre le coronavirus.

Ash a expliqué que ce type de « laissez-passer » serait remis aux Israéliens les moins susceptibles d’avoir été infectés par le virus ou de le transmettre, et notamment à ceux qui ont guéri de la COVID-19.

Il a noté que les caisses médicales lanceraient une campagne visant à réaliser pas moins d’un million de tests aux anticorps et que ceux qui obtiendraient la confirmation qu’ils ont bien des anticorps bénéficieraient du dit « passeport ».

Ash n’a pas détaillé quels avantages auraient les personnes dotées du « passeport vert » mais, selon la chaîne publique Kan, elles pourraient être exemptées de quatorzaine après s’être rendues dans les pays présentant de forts taux d’infection ou après avoir été en contact avec un porteur de la maladie – sous les dispositions actuelles, ces deux cas de figure nécessitent une mise à l’isolement de douze jours et deux tests de dépistage négatifs au coronavirus.

Nachman Ash, responsable du coronavirus en Israël, parle à la presse, le 26 novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Santé)

De plus, il permettrait aux Israéliens de se rendre dans les « îlots touristiques » d’Eilat et de la mer Morte sans avoir à effectuer préalablement un test de dépistage.

Kan a expliqué que les premières personnes qui se feraient dépister dans le cadre de cette campagne seraient les résidents et les personnels des maisons de retraite, ainsi que leurs familles. Ce sera également le cas des proches des Israéliens qui auraient attrapé le virus dans le passé.

Toutefois, cette annonce a été assortie d’une mise en garde du nouveau responsable de la lutte contre l’épidémie dans le pays, qui a averti qu’il faudrait peut-être une année entière avant la fin de la pandémie. Il a déclaré qu’il n’hésiterait pas à recommander un troisième confinement national si ce dernier s’avérait nécessaire.

« Cela va prendre du temps. Des journées difficiles nous attendent encore. Cela ne sera pas facile, cela ne sera pas court. Mon hypothèse de travail, c’est que le coronavirus restera parmi nous l’année prochaine », a déclaré Ash dans son premier point-presse depuis qu’il a pris officiellement ses fonctions, au début du mois.

Une campagne de vaccination efficace de la population pourrait, en étant optimiste, s’achever au milieu de l’année 2021, a-t-il indiqué. Elle ne pourrait toutefois se terminer « qu’à la fin de la même année », a-t-il dit.

Ash a vivement recommandé aux Israéliens de se préparer à connaître une année 2021 marquée par des restrictions entraînées par le coronavirus, ajoutant que les chiffres actuels étaient « inquiétants ».

Des membres de l’équipe hospitalière transfèrent des patients dans le nouveau service coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 16 novembre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Avec la reprise des activités commerciales et des cours dans les écoles, il va falloir faire preuve de davantage de responsabilité personnelle si on ne veut pas que la situation se détériore rapidement », a-t-il poursuivi.

« Y aura-t-il un troisième confinement ? Quand aura-t-il lieu ? C’est absolument à l’ordre du jour », a-t-il continué. « Je n’hésiterai pas, à l’avenir, à recommander un confinement national s’il s’avère être indispensable ».

Les propos tenus par Ash ont suivi ceux des responsables des hôpitaux du pays, qui auraient reconnu à l’unanimité que l’Etat juif se dirigeait tout droit vers une troisième vague de l’épidémie.

Pour leur part, les ministres se sont prononcés en faveur d’une décision prise antérieurement par le cabinet dit « du coronavirus » de laisser les lycéens de Première et Terminale, dans les zones vertes et jaunes, retourner dans leurs établissements dès dimanche.

Des élèves israéliens à l’école Orot Etzion à Efrat portent des masques alors qu’ils reviennent à l’école pour la première fois depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le 3 mai 2020. (Gershon Elinon/Flash90)

Ce vote a eu lieu alors que le ministère de l’Education a noté, jeudi soir, que 1 792 élèves et 496 personnels d’enseignement avaient été diagnostiqués comme porteurs actifs du virus dans un contexte d’inquiétudes portant sur une forte hausse des cas qui seraient susceptible d’être entraînée par la reprise des cours.

Il est toutefois difficile de dire comment ces chiffres ont pu refléter l’assouplissement des restrictions qui a permis le retour de certains élèves dans les classes, car ils comprennent aussi des enfants et des adolescents qui travaillaient à distance ainsi que des élèves des classes de CM2 et de 6è qui n’avaient repris le chemin des écoliers qu’au début de la semaine.

Ces chiffres ont été annoncés alors qu’il y aurait un conflit naissant entre les syndicats et les parents concernant la fête de Hanoukka, qui commencera le mois prochain. Les organismes de représentation des travailleurs expliquent que les enseignants ont besoin d’une pause, tandis que les parents souhaiteraient que leurs enfants continuent d’aller à l’école pendant la fête, a fait savoir la Treizième chaîne.

L’Etat juif vient de franchir les 1 000 nouveaux cas par jour pour la toute première fois en un mois, selon des chiffres du ministère de la Santé qui ont été rendus publics jeudi matin.

C’est la dernière indication en date d’une nouvelle accélération possible de la propagation du coronavirus, alors même que le gouvernement avance dans la levée des restrictions mises en œuvre dans le pays dans le cadre du second confinement.

Il y a eu 1 071 nouveaux cas diagnostiqués mercredi – soit 1,8 % des 60 463 résultats de tests révélés dans la journée, ont indiqué les chiffres du ministère. L’Etat juif n’avait plus connu de journée marquée par plus de mille nouveaux cas depuis le 22 octobre.

2 289 personnes sont décédées des suites d’une forme grave de la COVID-19 dans le pays depuis l’apparition de la maladie.

Des personnels médicaux portant des équipements de protection recouvrent la dépouille d’un homme décédé des suites de la COVID-19 dans l’unité pour soins intensifs mise en place pour les malades du coronavirus au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, le 23 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Après avoir dépassé les 9 000, mercredi, pour la première fois depuis presque trois semaines, le nombre de cas actifs du coronavirus dans le pays s’est élevé à 9 522 – sur un total de 332 317 cas enregistrés depuis le début de la pandémie.

Sur les personnes atteintes par la COVID-19, 276 se trouvent dans un état grave et 144 ont été placées sous respirateur. 82 personnes sont dans un état modéré.

Le taux de positivité reste de 1,8 %, avec 60 671 tests qui ont été réalisés, mercredi.

Un employé du Magen David Adom emmène un patient à l’unité de coronavirus à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 1er novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré les chiffres en hausse, les ministres du cabinet ont approuvé les ministres du cabinet ont approuvé un plan-pilote prévoyant la réouverture de 15 centres commerciaux dans tout le pays.

Les marchés en plein air et certains musées seront aussi autorisés à reprendre leurs activités dans le cadre du plan pilote, qui vise à tester l’efficacité des mesures de sûreté mises en place face au virus.

Israël avait imposé un deuxième confinement le 18 septembre. Ce confinement avait permis de diminuer l’ampleur de l’épidémie de manière notable, mais a également paralysé une grande partie de l’économie et de la vie publique, avec notamment la fermeture de l’ensemble du système scolaire. Depuis, le gouvernement a commencé à lever les restrictions, mais les responsables de la santé ont tiré la sonnette d’alarme face à la hausse du taux d’infection, qui avait d’abord connu une baisse, avant de repartir à la hausse.

Des Israéliens dans une file d’attente devant un magasin de vêtements faisant la promotion du Black Friday à Tel Aviv, le 25 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le nombre de reproduction de base de la COVID-19 – le nombre moyen de personnes contaminées par chaque porteur du coronavirus – a dépassé les 1 pendant les dernières journées d’octobre et pour la première fois depuis l’assouplissement du confinement. Il a continué à augmenter avant de baisser légèrement en octobre.

Les chiffres révélés jeudi, qui se basent sur le nombre de nouveaux cas – à savoir le nombre de personnes contaminées il y a dix jours en tenant compte de la période d’incubation du virus – indiquent que le taux de transmission s’élève dorénavant à 1,01, ce qui marque une légère par rapport à mercredi.

Ce taux de transmission, lorsqu’il dépasse 1, indique que la courbe des malades va augmenter de manière exponentielle.

Le cabinet dit « du coronavirus », qui regroupe tous les ministres concernés d’une manière ou d’une autre par la maladie, avait décidé que la sortie du confinement ne serait amorcée que lorsque le taux de transmission se situerait en deçà de 0,8. Selon les dispositions contenues dans le plan du ministère de la Santé, les mesures de levée du confinement doivent cesser en cas d’augmentation de ce taux. Le gouvernement a toutefois ignoré ce seuil et réclamé une levée rapide des restrictions.

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