Netanyahu tente de rassurer Kerry sur les constructions israéliennes prévues en Cisjordanie
Rechercher

Netanyahu tente de rassurer Kerry sur les constructions israéliennes prévues en Cisjordanie

Le Premier ministre a parlé avec le secrétaire d’Etat américain alors que Washington fulmine après les projets de construction récemment annoncés

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à Berlin, le 22 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à Berlin, le 22 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit au secrétaire d’Etat américain John Kerry que les nouvelles constructions israéliennes prévues en Cisjordanie et qui ont été très critiquées par les Etats-Unis étaient destinées aux familles évacuées d’un avant-poste illégal voisin, et ne seraient lancées que « si aucune autre solution n’était trouvée ».

Des sources gouvernementales ont déclaré que Netanyahu avait discuté au téléphone de différents sujets régionaux avec Kerry.

Ces dernières semaines, Netanyahu a rencontré le ministre de la Défense Avigdor Liberman et la ministre de la Justice Ayelet Shaked, ainsi que différentes autorités judiciaires, pour envisager les différentes solutions pour les évacués de l’avant-poste.

Israël a récemment approuvé la construction de nouveaux logements en Cisjordanie pour les propriétaires de l’avant-poste illégal d’Amona, avant son évacuation ordonnée par la Cour suprême.

Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)
Mobile home dans l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Le plan est composé de deux phases de construction, avec une deuxième étape de 200 logements supplémentaires après l’achèvement des 98 premiers.

Les Etats-Unis ont sévèrement critiqué l’annonce et, selon un reportage diffusé jeudi par la Deuxième chaîne, ont été particulièrement irrités qu’elle arrive si vite après la signature par l’administration Obama d’un accord d’aide militaire sur 10 ans pour Israël qui bat tous les records, et juste après la venue d’Obama en Israël, par respect et solidarité, pour les funérailles de l’ancien président Shimon Peres le 30 septembre.

Des membres du gouvernement israélien ont été inquiets qu’Obama, avant d’achever son mandat en janvier prochain, mais après l’élection de son successeur en novembre, puisse chercher à imposer ou à faire avancer une solution au conflit israélo-palestinien, ou au moins fixer les paramètres de sa résolution, en passant notamment par le Conseil de sécurité des Nations unies en n’utilisant pas le veto américain à des résolutions anti-Israël.

Le reportage télévisé annonçait que des ministres avaient été décontenancés par la brutalité de la réaction américaine, quand la Maison Blanche a accusé mercredi Israël d’avoir trahi sa confiance après l’annonce des nouveaux projets de construction.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest s'adressant à des journalistes, le 7 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran de la chaîne de la Maison Blanche)
Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest s’adressant à des journalistes, le 7 octobre 2015. (Crédit : capture d’écran de la chaîne de la Maison Blanche)

« Nous avons reçu des garanties de la part du gouvernement israélien qui sont en contradiction avec cette annonce », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama.

« Si nous parlons de la façon dont de bons amis se traitent l’un l’autre, c’est une réelle source d’inquiétude », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué lui aussi très fort, le département d’Etat avait condamné « la récente décision du gouvernement israélien de poursuivre un projet qui créerait une nouvelle importante colonie très à l’intérieur de la Cisjordanie. »

Invoquant le nom de l’ancien président israélien Shimon Peres mort le mois dernier, le porte-parole du département d’Etat, Mark Toner, avait également ajouté qu’il était « décourageant que pendant qu’Israël et le monde pleurent le décès du président Shimon Peres, et que les dirigeants des Etats-Unis et d’autres pays se préparaient à rendre hommage à l’un des grands défenseurs de la paix, des projets étaient avancés qui compromettent sérieusement les perspectives d’une solution à deux états qu’il a si passionnément soutenue. »

Jeudi, un responsable israélien avait envenimé la dernière dispute en pointant du doigt les « critiques disproportionnées » de Washington à propos du dernier plan de construction qui serait destiné à servir d’ « alibi » pour couvrir des projets d’Obama afin de prendre des mesures anti-Israël dans les dernières semaines de sa présidence.

S’adressant à la Deuxième chaîne, la « source politique importante » a souligné, sous couvert de l’anonymat, que les projets de construction ne constituaient pas une nouvelle implantation, et ne contrevenaient à aucun des engagements pris par Israël auprès des Etats-Unis.

La critique américaine « est un alibi pour des actions unilatérales qui sont prévues par Obama, a déclaré la source, même si Obama a promis à Netanyahu qu’il ne prendrait aucune mesure unilatérale concernant Israël » dans les dernières semaines de sa présidence.

Le reportage télévisé a souligné que ces remarques n’étaient pas une réponse officielle du gouvernement.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked à Tel Aviv, le 30 août 2016 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked à Tel Aviv, le 30 août 2016 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a déclaré jeudi soir qu’elle ne pensait pas que l’administration américaine prendrait des mesures « mesquines » contre l’Etat juif, comme de décider de ne pas apposer leur veto à une résolution anti-Israël au Conseil de sécurité des Nations unies, en réponse aux projets de construction.

Shaked a également déclaré que la condamnation de Washington était « disproportionnée ». Shaked, du parti pro-implantations HaBayit HaYehudi, a déclaré que les États-Unis devraient concentrer leurs condamnations sur la Syrie « plutôt que de critiquer les endroits où Israël construit des maisons ».

« Quand le Moyen Orient est en flammes, quand aux frontières de la Jordanie et de la Syrie des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont tués », faire une telle déclaration « sur une décision prise par le ministère de la Défense de construire quelques dizaines de maisons pour les résidents d’Amona est complètement disproportionné », a-t-elle déclaré à la radio militaire.

Des agences ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...