Netanyahu avait menacé de mener un raid sur l’ambassade assiégée au Caire en 2011
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Netanyahu avait menacé de mener un raid sur l’ambassade assiégée au Caire en 2011

Les anciens responsables du ministère des Affaires étrangères ont rejeté les affirmations du Premier ministre

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la cérémonie au ministère des Affaires étrangères pour la Journée de Commémoration d'Israël, le 10 mai 2016 (Crédit : Chaim Tzach / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la cérémonie au ministère des Affaires étrangères pour la Journée de Commémoration d'Israël, le 10 mai 2016 (Crédit : Chaim Tzach / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi que lors du soulèvement populaire en Egypte en 2011, il avait menacé d’envoyer des troupes au Caire pour évacuer le personnel assiégé à l’intérieur de l’ambassade d’Israël par des manifestants.

Prenant la parole lors d’une cérémonie au ministère des Affaires étrangères avant la Journée de commémoration d’Israël pour les soldats et les victimes de la terreur, il a expliqué que cette manœuvre était destinée à faire pression sur l’Egypte pour pousser le pays à envoyer ses propres forces de sécurité pour sauver les Israéliens pris au piège.

« Ici, il y a quelques années, dans la salle de crise du ministère des Affaires étrangères, nous avons fait face à un siège, qui se resserrait continuellement, sur notre peuple à l’ambassade d’Israël au Caire », s’est remémoré Netanyahu, qui était alors ministre des Affaires étrangères, devant les diplomates et le personnel du ministère.

Le 9 septembre 2011, plusieurs milliers de manifestants sont entrés de force dans l’ambassade israélienne à Gizeh, au Caire, après avoir détruit un mur d’enceinte. Les manifestations ont commencé en réponse à la mort accidentelle de cinq gardes de sécurité égyptiens tués par des soldats de Tsahal lors d’une tentative pour attraper les terroristes qui avaient tendu une embuscade et tué huit Israéliens le long de la frontière israélo-égyptienne.

« Une foule sauvage est venue tuer notre peuple, et ce soir-là, nous avons utilisé tous les outils à notre disposition, y compris la menace d’une opération militaire israélienne de sauvetage qui a finalement été le facteur décisif et qui a entraîné l’arrivée des forces égyptiennes, alors sous le contrôle des Frères musulmans », a déclaré Netanyahu. « Grâce à une coordination minutieuse à partir d’ici, nous avons mis fin à la situation ».

Malgré ces affirmations, les anciens fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères qui ont participé à l’évacuation ont déclaré mardi qu’ils ne se souvenaient pas d’avoir entendu parler d’une opération de sauvetage israélienne.

Les manifestants ont réussi à entrer dans les bureaux de l’ambassade, où six membres du personnel restant s’étaient enfermés dans un coffre-fort. Netanyahu a déclaré qu’il avait parlé avec le responsable en chef de la sécurité de l’ambassade alors qu’il était pris au piège dans le coffre fort.

« Il m’a dit : ‘mon nom est Yoni », a déclaré Netanyahu. Le Premier ministre a poursuivi en précisant qu’il lui avait répondu : « Yoni, l’Etat d’Israël va vous sortir de là ».

Barack Obama et Benjamin Netanyahu devant la Maison Blanche, en 2011 (Crédit : Pete Souza / Maison Blanche)
Barack Obama et Benjamin Netanyahu devant la Maison Blanche, en 2011 (Crédit : Pete Souza / Maison Blanche)

Netanyahu n’a pas mentionné l’implication de l’administration Obama dans l’opération de sauvetage par les forces de sécurité égyptiennes. Le président américain avait appelé le gouvernement égyptien à « honorer ses obligations à préserver la sécurité de l’ambassade israélienne », selon un communiqué de la Maison Blanche diffusé à l’époque.

Suite à l’intervention de la Maison Blanche, l’Egypte a envoyé ses forces de commando dans l’enceinte de l’ambassade pour sauver le personnel israélien.

Immédiatement après l’incident, Netanyahu a déclaré à la presse : « je suis heureux que nous ayons réussi à éviter un désastre et je voudrais remercier le président américain Barack Obama pour son aide ».

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