Netanyahu expose à Fabius sa vision du processus de paix
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Netanyahu expose à Fabius sa vision du processus de paix

Les deux piliers de la paix sont la sécurité et la reconnaissance mutuelle, a affirmé le Premier ministre israélien au ministre français des Affaires étrangères

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (à gauche), le 21 juin 2015 à Jérusalem. (Crédit : Marine Crouzet / Ambassade de France)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (à gauche), le 21 juin 2015 à Jérusalem. (Crédit : Marine Crouzet / Ambassade de France)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et lui a dit au début de leur rencontre :

« Monsieur le ministre des Affaires étrangères, l’histoire du peuple français et celle des juifs sont liées depuis longtemps. Ce fut la Révolution française qui a conduit à l’émancipation des Juifs de France, et qui leur a accordé les droits civiques. Et les Juifs ont commencé à participer à la vie française dans tous les domaines. Dans la culture et en littérature, en économie, en politique, nous avons été inspirés à bien des égards par les principes de ‘liberté, égalité, fraternité’. Theodor Herzl et les pères fondateurs du sionisme ont puisé beaucoup d’inspiration de l’expérience de la France. »

« La France a aussi été notre allié le plus proche dans les années de formation de l’Etat. Nous ne pourrons jamais oublier le soutien crucial qui nous a été offert quand nous en avons eu besoin. Et je crois qu’aujourd’hui la France a également un rôle crucial à jouer. Nous demandons instamment à la France de rester ferme et de prévenir d’un mauvais accord qui risque de paver le chemin de l’Iran vers la bombe. »

« Le nouveau rapport du Département d’Etat américain sur l’implication iranienne dans le terrorisme est un autre signal. »

« La subversion et l’agression de l’Iran sont endémiques, tant au Moyen-Orient qu’au-delà. Son réseau terroriste englobe désormais plus de 30 pays sur plusieurs continents. Et en vertu de l’accord nucléaire imminent, l’Iran ne recevra pas seulement d’aller vers l’arme nucléaire, il recevra également des milliards de dollars, ce qui lui permettra d’accentuer [son soutien au] terrorisme dans le monde entier et bien sûr son agression dans la région. »

« Monsieur le Ministre, aujourd’hui à Jérusalem un terroriste palestinien a brutalement poignardé un policier.

Vendredi un terroriste palestinien a assassiné un citoyen israélien. Non seulement, l’Autorité palestinienne a refusé de condamner ces actes de violence, mais elle continue sans vergogne sa campagne contre Israël et les citoyens israéliens. »

« La propagation palestinienne officielle de la violence et de la haine est quotidienne. Elle doit être condamnée sans équivoque par tous ceux qui cherchent à faire progresser la paix. »

« Il y a six ans, à l’Université Bar-Ilan, j’ai exposé ma vision de la paix fondée sur deux Etats pour deux peuples. Dans cette vision, un Etat palestinien démilitarisé reconnaît l’Etat juif. Et tandis que je ne mets pas de conditions pour commencer des pourparlers, je sais que les deux fondements de la paix sont la sécurité et la reconnaissance mutuelle. La reconnaissance mutuelle signifie que les Palestiniens doivent enfin reconnaître Israël comme l’État-nation du peuple juif. Je trouve franchement inconcevable que les Palestiniens attendent de nous que nous reconnaissions un État-nation palestinien et qu’ils refusent de nous accorder le même privilège, la reconnaissance d’un Etat-nation juif. Et s’ils continuent à refuser de reconnaître la légitimité de l’Etat juif, quel genre de paix nous offrent-ils ? », s’est demandé le Premier ministre.

« Je pense que l’autre pilier, le besoin de sécurité, est évident pour toute personne qui suit les évolutions de cette région. Le Moyen-Orient connaît une période d’instabilité et de violences sans précédent. Des Etats qui ont existé pendant presque un siècle se désagrègent sous nos yeux. Et les extrémistes islamistes se précipitent pour combler le vide. L’Etat islamique dirige les radicaux sunnites. L’Iran dirige les militants chiites. Et Israël est confronté à des armées terroristes amassées à nos frontières, au Nord et au Sud. »

« Une paix qui ne serait pas ancrée dans de solides arrangements de sécurité sur le terrain, où Israël ne pourrait pas se défendre, une telle paix ne pourra tout simplement pas survivre et nous ne l’accepterons pas. Nos préoccupations ne sont pas des prétextes ou des excuses. Elles sont authentiques. Un accord de paix qui ignore ces réalités, serait balayé par les vents de l’extrémisme et de la violence qui soufflent à travers le Moyen-Orient. »

« Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, la paix ne viendra que des négociations directes entre les parties, sans conditions préalables. Il ne viendra pas de résolutions de l’ONU imposées de l’extérieur. Le président Abbas croit qu’il peut éviter de telles négociations directes. Il veut éviter les négociations. Et pourquoi suit-il cette voie ? Parce que même si les Palestiniens fuient négociations en permanence, c’est Israël qui est blâmé. »

« L’année dernière, les Palestiniens ont claqué la porte au représentant du Secrétaire d’Etat Kerry. Ils ont claqué la porte au Premier ministre Barak. Ils ont claqué la porte au Premier ministre Sharon. Ils ont claqué la porte au Premier ministre Olmert. Ils m’ont claqué la porte. »

« Ils tentent d’imposer des conditions à Israël, mais ils échoueront. Et cette tentative échouera et nous éloignera de la paix. D’abord, Israël va résister à l’imposition de conditions de l’extérieur. Et en second lieu, les Palestiniens ne seront jamais d’accord pour négocier s’ils pensent que la communauté internationale va leur donner ce qu’ils veulent sans négociations. Je pense qu’il n’y a pas de raccourci magique. La paix exige un engagement à des négociations directes sans conditions préalables. La paix exige un effort soutenu pour surmonter les obstacles. Je suis prêt à un tel effort. »

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