Netanyahu Jr. au poste de Premier ministre ? « Je ne l’espère pas », répond Bibi
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Netanyahu Jr. au poste de Premier ministre ? « Je ne l’espère pas », répond Bibi

Alors que des rumeurs courent autour du désir présumé de Yair Netanyahu de suivre les traces de son père, le Premier ministre qualifie la politique de "vie très dure"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, second à gauche, et son épouse  Sara, seconde à droite en visite à  Tel Gezer et dans la forêt de Magshimim avec leurs enfants Yair, à droite, et Avner, à gauche, pendant la fête juive de Souccot, le  21 octobre 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, second à gauche, et son épouse Sara, seconde à droite en visite à Tel Gezer et dans la forêt de Magshimim avec leurs enfants Yair, à droite, et Avner, à gauche, pendant la fête juive de Souccot, le 21 octobre 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Alors que la carrière politique de Benjamin Netanyahu se rapproche des 40 ans – et s’il achève son mandat actuel au poste de Premier ministre en 2019, il deviendra le chef de gouvernement ayant servi le plus longtemps en Israël – il semble apparemment espérer que ses enfants ne marchent pas sur ses traces.

Dans une vidéo extraite d’une interview accordée à Fox News qui sera diffusée dimanche, Netanyahu oppose un « Non ! Non ! » déterminé alors qu’il lui est demandé s’il encourage ses enfants à entrer dans la vie politique. Netanyahu a une fille, Noa, âgée de 39 ans, d’un premier mariage et deux fils, Yair, 26 ans et Avner, 22 ans, nés de son union avec Sara Netanyahu.

Ces derniers mois, alors que Yair Netanyahu est passé sous les feux des projecteurs (et des critiques surtout) et qu’il a fait les gros titres dans le pays comme à l’international, les médias hébreux ont commencé à se demander si Netanyahu n’était pas en train de préparer son fils à prendre éventuellement sa place dans le monde politique.

Netanyahu a toutefois exprimé un espoir différent pour l’avenir de son fils.

Alors qu’il lui était demandé pourquoi il préférait que ses enfants empruntent un chemin différent, Netanyahu a répondu : « C’est une vie très dure ». Il a néanmoins ajouté que ses tentatives visant à décourager ses enfants n’étaient pas nécessairement fructueuses.

Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre, lors de l'étude annuelle de la bible organisée à la résidence du Premier ministre de Jérusalem le 13 octobre 2016 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)
Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre, lors de l’étude annuelle de la bible organisée à la résidence du Premier ministre de Jérusalem le 13 octobre 2016 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Pressé de donner plus de détails, le Premier ministre a indiqué qu’il pensait que l’un de ses fils n’était absolument pas intéressé par l’arène politique, sans spécifier s’il s’agissait de Yair ou de Avner.

« Peut-être un. Je ne suis pas sûr. Mais je ne l’espère pas », a-t-il dit.

A la question de savoir s’il partageait ses appréhensions avec ses enfants, Netanyahu a répondu : « Oui, je le fais. Bien sûr, j’en fais part ».

Yair Netanyahu, à qui un grand nombre d’Israéliens prêtent des ambitions politiques, a attiré l’attention des médias ces derniers temps de manière significative notamment en raison d’une série de posts controversés publiés sur les réseaux sociaux.

Il a récemment été critiqué par les groupes juifs et des législateurs de l’opposition pour un dessin humoristique contenant des tropes antisémites qu’il avait partagé sur sa page Facebook le mois dernier.

Le dessin faisait référence au milliardaire et philanthrope juif George Soros, aux Illuminati et aux reptiliens.
Il s’en prenait aux détracteurs de ses parents, notamment l’ancien Premier ministre Ehud Barak, l’avocat et militant travailliste Eldad Yaniv, et Menny Naftali, ancien employé de la résidence du Premier ministre qui est au cœur des accusations de malversations qui vont entraîner la mise en examen de Sara Netanyahu, la mère de Yair.

Même si Yair n’avait pas présenté ses excuses pour la caricature, il l’avait supprimée plus tard de sa page. Cette publication avait été saluée par l’ancien chef du Ku Klux Klan David Duke et un site néo-nazi, le Daily Stormer, qui avait qualifié Yair de « frère » et qui, dans une bannière placée sur sa page d’accueil avec une photo du fils aîné de Netanyahu, s’était auto-proclamé le « site numéro 1 des fans de Yair Netanyahu ».

Dessin publié par Yair Netanyahu sur son compte Facebook, le 8 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Dessin publié par Yair Netanyahu sur son compte Facebook, le 8 septembre 2017. (Crédit : capture d’écran Facebook)

Yair a également suscité la controverse cet été à un certain nombre d’occasions, notamment pour avoir dit que les « voyous » issus des mouvements anti-fascistes et de Black Lives Matter étaient plus dangereux que les néo-nazis après le rassemblement suprématiste blanc de Charlottesville. La réponse qu’il avait apportée au post d’une organisation de gauche a par ailleurs entraîné une plainte pour diffamation à son encontre de la part de l’organisation. De surcroît, il aurait refusé, un jour, de ramasser les déjections de son chien avec beaucoup de vulgarité.

Yair Netanyahu, 26 ans, a été plus généralement critiqué pour vivre une existence privilégiée aux frais des contribuables et pour ses publications grossières sur les réseaux sociaux.

La famille Netanyahu affronte aussi une série d’accusations de corruption. Le Premier ministre a été interrogé sur ses liens avec des dirigeants de l’industrie des médias, de Hollywood et des chefs d’entreprises internationales.

Ses conseillers se trouvent impliqués dans une enquête liée à un possible conflit d’intérêts impliquant l’acquisition pour deux milliards de dollars de sous-marins allemands. Le procureur général israélien a indiqué avoir l’intention d’inculper l’épouse du Premier ministre, Sara, pour fraude en raison de l’utilisation de fonds publics pour payer des repas gastronomiques et louer les services de chefs privés à la résidence officielle.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils  Yair aux côtés de l'actrice Kate Hudson lors d'un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l’actrice Kate Hudson lors d’un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Yair Netanyahu, qui aurait pris un rôle important sur la plate-forme – agressive – de son père sur les réseaux sociaux, a également été mis en cause dans les scandales.

Le milliardaire James Packer aurait offert de nombreux cadeaux à Yair, notamment de longs séjours dans des hôtels de luxe de Tel Aviv, de New York et d’Aspen, dans le Colorado. Il lui aurait permis d’utiliser son jet privé et lui aurait donné des douzaines de billets pour les concerts de l’ancienne fiancée de Packer, Mariah Carey.

La police tente de déterminer si ces cadeaux constituent d’éventuels pots-de-vin dans la mesure où Packer chercherait à obtenir le statut de résident en Israël pour des raisons fiscales.

Le Premier ministre a nié toute malversation de manière répétée, qualifiant les accusations à son encontre et à l’encontre de sa famille de chasse aux sorcières lancée par des médias hostiles. Il a rejeté les nombreux appels à sa démission de la part de ses critiques.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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