Netanyahu lie les Palestiniens et l’EI, dit que tous les terrorismes ont le même but
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Netanyahu lie les Palestiniens et l’EI, dit que tous les terrorismes ont le même but

S’il y a un peuple qui peut avoir de l'empathie avec la Belgique, c’est Israël, frappé par le terrorisme, dit le Premier ministre pendant une conférence de presse à Jérusalem

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 23 mars 2016 (Crédit : Raphaël Ahren/Times of Israel)
Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 23 mars 2016 (Crédit : Raphaël Ahren/Times of Israel)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait mercredi un lien direct entre les attentats dévastateurs de la veille à Bruxelles, que l’Etat islamique (EI) a revendiqué, et le terrorisme palestinien, établissant que les deux phénomènes poursuivent le même objectif.

« J’ai déjà dit plusieurs fois que le terrorisme n’était pas causé par l’occupation et le désespoir, mais par l’espoir – l’espoir des terroristes de l’Etat islamique d’établir un califat islamique dans toute l’Europe, [et] l’espoir des terroristes palestiniens d’établir un Etat palestinien sur tout le territoire de l’Etat d’Israël », a déclaré le Premier ministre.

Il a expliqué que les terroristes, notamment les Palestiniens, devraient être privés d’espoir.

Les attentats mardi à l’aéroport de Bruxelles et dans une station de métro de la ville peu après ont tué ont moins 32 personnes et en ont blessé plus de 200 autres. L’EI a plus tard affirmé avoir mené les attaques à la bombe. La Belgique a identifié mercredi deux des terroristes kamikazes comme Ibrahim et Khalid El Bakraoui.

S’exprimant pendant une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, Netanyahu a commencé par présenter ses condoléances au peuple de Belgique, et proposer toute aide possible.

Personnes évacuées de l'aéroport de Bruxelles à Zaventem le 22 mars 2016 après deux explosions. (Crédit : AFP / Belga / DIRK WAEM / Belgique OUT)
Personnes évacuées de l’aéroport de Bruxelles à Zaventem le 22 mars 2016 après deux explosions.
(Crédit : AFP / Belga / DIRK WAEM / Belgique OUT)

« S’il y a un peuple qui sait ce que vous traversez, c’est le peuple d’Israël, qui a courageusement combattu les attaques terroristes depuis plusieurs années », a-t-il déclaré.

« Nous sommes dans une guerre mondiale contre le terrorisme. C’est une guerre entre le monde civilisé et les fils des ténèbres. Le terrorisme frappe partout », a-t-il ajouté.

« Je pense que le point de départ pour combattre le terrorisme est celui-ci : rien ne justifie le terrorisme, absolument rien. A Paris, à Bruxelles, à San Bernardino, à Tel Aviv ou Jérusalem. Le terrorisme doit être condamné de la même manière et il doit être combattu de la même manière. »

Le Premier ministre a continué : « Dans tous ces endroits, le terrorisme ne provient pas de la dépossession. Il ne vient pas de la frustration. Il provient d’une idéologie meurtrière – le désir de détruire l’ennemi et de le déraciner. »

Netanyahu a déclaré s’être entretenu avec le Premier ministre belge Charles Michel et la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne Federica Mogherini, et leur avoir proposé l’aide totale d’Israël – y compris dans les domaines de la sécurité et du renseignement – dans la bataille commune contre le terrorisme.

« Israël se tient prêt à coopérer avec toutes les nations dans ce grand combat. Ces terroristes cherchent notre destruction, mais ils échoueront ; mais si nous travaillons ensemble, ils échoueront bien plus tôt. »

« Le terrorisme arrive par vague », a expliqué Netanyahu, quand un journaliste lui a demandé si son gouvernement avait réussi à vaincre le terrorisme palestinien, qui fait rage en Israël et en Cisjordanie depuis des mois.

« Israël est dans l’œil de la tempête », a-t-il précisé, en sous-entendant que la position de l’Etat juif au Moyen Orient lui rend la tâche plus difficile pour vaincre le terrorisme. « Nous avons besoin de patience ».

Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre, 2015 (Crédit : AFP / Saul Loeb)
Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre, 2015 (Crédit : AFP / Saul Loeb)

Répondant à une question du Times of Israel, pour savoir s’il était inquiet que les Etats-Unis puissent soutenir, ou au moins ne pas s’opposer, à une résolution liée à la Palestine aux Nations unies, il a répondu que cela avait été la « politique traditionnelle des gouvernements américains de s’opposer » aux efforts unilatéraux pour faire avancer le processus de paix israélo-palestinien. Tous les présidents américains, y compris Barack Obama, soutiennent cette position.

Il a ensuite cité un discours d’Obama prononcé il y a cinq ans devant l’assemblée générale des Nations unies : « La paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions aux Nations unies […. Au final, ce sont les Israéliens et les Palestiniens – pas nous – qui doivent atteindre un accord sur les sujets qui les divisent. »

« C’est dire que la paix ne viendra pas des dictats de l’ONU ou du Conseil de sécurité, a déclaré Netanyahu. Je suis entièrement d’accord avec cette position. »

Mardi, s’adressant au puissant lobby américain pro-israélien AIPAC par vidéoconférence, Netanyahu a dénigré l’idée d’une résolution au Conseil de sécurité qui chercherait à établir le cadre d’un accord de paix.

« Une résolution du Conseil de sécurité pour faire pression sur Israël renforcerait les positions palestiniennes, et en conséquent elle pourrait en fait tuer les chances de paix pour beaucoup, beaucoup d’années, a-t-il déclaré. Et c’est pourquoi j’espère que les Etats-Unis maintiendront leur position de longue date pour rejeter une telle résolution de l’ONU. »

Le gouvernement américain a rejeté à de nombreuses reprises des mesures unilatérales pour la mise en place d’un état palestinien, affirmant que la solution ne peut venir qu’en conséquence de négociations bilatérales.

D’autre part, l’administration n’a jamais confirmé qu’elle apposerait son véto à une résolution liée à la Palestine si elle se présentait, et certains officiels israéliens craignent que pendant ses derniers mois de mandat, Obama ne soutienne une telle démarche dans une tentative de créer un héritage durable sur le processus de paix.

Interrogé à propos d’une rencontre inamicale qu’il a eue il y a quelques années avec Obama, qui a récemment été décrite par le journaliste américain Jeffrey Goldberg dans The Atlantic, Netanyahu a en plaisantant déclaré qu’il gardait cela pour ses mémoires, ajoutant rapidement qu’il n’avait aucune intention de les écrire dans un futur proche.

Plus sérieusement, il a déclaré que les gouvernements américain et israélien avaient à l’occasion des différences d’opinion.

« Je n’ai jamais pensé une seconde que, en tant que Premier ministre d’Israël, je n’avais pas à exprimer ce que je pense être important pour la sécurité d’Israël. Et c’est ce que j’ai fait. Et je pense que je l’ai fait de manière directe, respectueuse et pratique. »

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