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Netanyahu rencontre Macron pour parler Iran et violences israélo-palestiniennes

Le Premier ministre rencontrera aussi "des hommes d'affaires de premier plan en France dans le domaine financier et tiendra une réunion avec les chefs de la communauté juive"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président français Emmanuel Macron, à droite, avant un dîner de travail à l'Élysée, le 2 février 2023. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président français Emmanuel Macron, à droite, avant un dîner de travail à l'Élysée, le 2 février 2023. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu jeudi à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron, les deux dirigeants parleront notamment des tensions croissantes autour de l’Iran et des violences israélo-palestiniennes.

Avant de monter à bord de son vol pour Paris jeudi, Netanyahu a déclaré que son entretien avec le président français, portera essentiellement sur « [les] efforts conjoints pour arrêter l’agression de l’Iran et sa volonté de se doter d’une arme nucléaire « .

Il a affirmé qu’Israël continue d’élargir le cercle de la paix avec l’ouverture de l’ambassade du Tchad jeudi matin.

Tandis que le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a annoncé sa présence au Soudan jeudi, Netanyahu a promis de « continuer à approfondir le cercle de la paix avec d’autres pays, proches et lointains ».

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen rencontre le général au pouvoir soudanais Abdel Fattah al-Burhan à Khartoum, la capitale soudanaise, le 2 février 2023. (Crédit : capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’envolera pour une visite diplomatique à Paris, où il rencontrera le président français Emmanuel Macron, et discutera avec lui de l’effort international pour arrêter le programme nucléaire iranien et des moyens de renforcer et d’étendre les accords d’Abraham », avait annoncé l’ambassade israélienne à Paris.

L’Elysée a lui fait savoir que « le Président de la République exprimera une nouvelle fois la solidarité de la France avec Israël face au terrorisme. Dans un contexte de tensions croissantes, le Président de la République rappellera la nécessité pour tous d’éviter des mesures susceptibles d’alimenter l’engrenage de la violence, et exprimera sa disponibilité à contribuer à la reprise du dialogue entre les Palestiniens et les Israéliens ».

Les deux dirigeants se verront pour le dîner, mais aucune prise de parole publique n’est prévue.

Les tensions entre Israéliens et Palestiniens se sont accrues ces derniers mois, alors que l’armée israélienne a lancé une offensive antiterroriste qui s’est concentrée sur le nord de la Cisjordanie après une série d’attaques qui a fait 31 morts du côté israélien en 2022 et sept de plus lors d’un attentat à Jérusalem, vendredi.

Cette opération de Tsahal a permis de procéder à plus de 2 500 arrestations lors de raids nocturnes quasi quotidiens. Elle a également occasionné la mort de 171 Palestiniens en 2022, auxquels s’ajoutent 19 nouveaux décès depuis le début de l’année, pour l’essentiel lors d’attaques ou d’affrontements avec les forces de l’ordre, sans exclure des victimes civiles isolées.

Vendredi dernier dans la soirée, un Palestinien originaire de Jérusalem a tué sept personnes dans le quartier Neve Yaakov de Jérusalem-Est, une attaque qui a fait également trois blessés. Le lendemain dans la matinée, c’est un adolescent palestinien de 13 ans qui a ouvert le feu en direction de deux Israéliens aux abords de la Vieille Ville, les blessant. L’un d’eux est actuellement dans un état grave.

Les forces de sécurité et de secours sur les lieux d’une attaque terroriste meurtrière à Neve Yaakov, à Jérusalem, le 27 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mais la partie israélienne souhaite surtout axer cette visite sur l’Iran, espérant notamment que son implication croissante dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine (le régime des mollahs est un important fournisseur d’équipements à la Russie) pousse les Occidentaux à accentuer la pression sur Téhéran, bête noire d’Israël.

L’Iran, qui appelle régulièrement à l’éradication de l’Etat juif, accuse régulièrement son ennemi juré d’être derrière plusieurs attaques sur son propre sol contre son programme nucléaire (ce qu’Israël n’a jamais reconnu) ou en Syrie voisine, alliée de Téhéran, où Tel-Aviv a déjà notamment conduit des frappes aériennes contre des intérêts iraniens.

Ukraine

Paris estime nécessaire de conduire une politique de « très grande fermeté » à l’égard de l’Iran, selon une source diplomatique, car « le programme nucléaire continue à un point qui est dangereux » et l’Iran s’implique dans la guerre d’Ukraine en Europe.

Depuis plusieurs mois, l’Iran est devenu un acteur de plus en plus important dans la guerre d’Ukraine, en fournissant de nombreux drones utilisés par Moscou pour frapper les infrastructures ukrainiennes, alors même que les négociations sur le nucléaire sont au point mort, et que l’Iran détient plusieurs étrangers considérés comme des otages par les capitales occidentales.

L’épave de ce que Kiev a décrit comme un drone iranien Shahed abattu près de Kupiansk, en Ukraine, le 13 septembre 2022. (Crédit : Direction des communications stratégiques de l’armée ukrainienne via AP)

Cette rencontre Macron-Netanyahu intervient quelques jours après la rencontre des deux directeurs des Affaires stratégiques des ministères des Affaires étrangères, Joshua L. Zarka et Philippe Bertoux, le 19 janvier, où le dossier iranien a été abordé.

Dans le contexte de cette implication croissante de l’Iran dans la guerre d’Ukraine, Benjamin Netanyahu a annoncé mercredi ce qui semble être un important changement de posture d’Israël, en se disant désormais prêt à envisager de fournir des armes à l’Ukraine.

Jusqu’ici, Jérusalem avait pris soin de rester neutre entre les deux belligérants, notamment à cause de la présence de l’armée russe déployée en Syrie, donnant un levier à Moscou.

Israël doit notamment prendre en compte la présence dans ce pays voisin de systèmes anti-aérien russes. Jusqu’ici, Jérusalem a pu conduire ses opérations militaires aériennes au dessus de la Syrie sans que la Russie active ces systèmes.

En plus de ce volet diplomatique, M. Netanyahu « rencontrera des hommes d’affaires de premier plan en France dans le domaine financier et tiendra une réunion avec les chefs de la communauté juive », selon l’ambassade. Il quittera la France samedi soir.

Arrivé au pouvoir en décembre à la tête d’une coalition alliant partis de droite, d’extrême droite et ultraorthodoxes juifs, et dont les détracteurs craignent une dérive antidémocratique, le gouvernement de M. Netanyahu fait face à la contestation de certains secteurs de la société israélienne, dont le secteur financier.

Certaines entreprises se sont dites prêtes à quitter Israël, estimant que la réforme judiciaire prévue créerait de l’instabilité affectant leur activité. Le Premier ministre a notamment rencontré la semaine dernière les dirigeants des grandes banques pour tenter de les rassurer.

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