Netanyahu revient sur sa politique à Gaza et ses promesses de campagne
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Netanyahu revient sur sa politique à Gaza et ses promesses de campagne

Le Premier ministre a justifié sa décision de ne pas réunir le cabinet, a déclaré qu'il ne nommera pas Ben Gvir à la commission chargée de nommer les juges

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, troisième à droite, préside la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 15 octobre 2017 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, troisième à droite, préside la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 15 octobre 2017 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’il n’avait pas convoqué le cabinet de sécurité durant l’escalade des violences avec le groupe terroriste du Hamas le mois dernier, parce qu’il craignait que des participants, politiquement motivés, feraient fuiter du contenu sensible à la presse.

Netanyahu a été interrogé sur ce sujet par la radio militaire, durant ses dernières interviews accordées aux médias avant les élections de mardi.

« Que voulez-vous ? Que le Hamas sache ce que nous allons faire ? », a-t-il répliqué. « Malheureusement, certains (membres de ma coalition) ont eu un comportement irresponsable. Il sont prêts à faire fuiter tout et n’importe quoi. Je n’allais pas laisser cela se produire. »

Bien qu’il ait affirmé qu’il continuera à exercer aux côtés des ministres de droite qu’il a accusé d’être à l’origine de fuites d’informations sensible, Netanyahu a déclaré que réunir un cabinet de sécurité à quelques semaines des élections revenait à donner l’avantage au Hamas.

« J’ai suivi la politique de sécurité du cabinet (sur Gaza). Quand j’agis conformément à la politique et que je ne m’en écarte pas, il n’y a aucune raison de réunir le cabinet, si ce n’est pour risquer les fuites », a-t-il ajouté, suggérant que l’apparente retenue dont a fait preuve Israël en réponse aux roquettes lancées le mois dernier en direction de Tel Aviv s’inscrivait dans la politique du gouvernement.

Le 31 mars, le ministre de l’Education Natftali Bennett avait adressé un courrier au procureur général Avichai Mandelblit, dans lequel il déplorait le fait que Netanyahu, qui est également ministre de la Défense – excluait les autres membres du cabinet des décisions prises sur Gaza, où la violence avait connu une nette hausse le mois dernier, et où la situation à la frontière restait tendue.

Des soldats israéliens se mettent à l’abri près de la frontière entre Israël et Gaza, le 12 novembre 2018. (Crédit : AP / Tsafrir Abayov)

Peu après la requête – rejetée par Mandelblit -, Benjamin Netanyahu avait annulé un débat du cabinet prévu mercredi, sans donner de date alternative à ses membres – suscitant davantage la colère du ministre.

Le dirigeant du nouveau parti HaYamin HaHadash, candidat au scrutin du 9 avril, a âprement critiqué la politique à l’égard de la bande de Gaza par Netanyahu, la qualifiant de « trop douce » et présentant un plan politique qui, a-t-il clamé, « ouvrira les portes de l’enfer » au Hamas. Il a à nouveau réclamé le poste de ministre de la Défense dans un futur gouvernement.

Il a cité les récents événements, et notamment une roquette lancée vers Tel Aviv, une autre qui a détruit une habitation dans la région du Sharon et fait sept blessés dont trois enfants, la série de violences qui a suivi et la manifestation massive organisée samedi à la frontière gazaouie pour marquer le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé « Marche du retour ». Netanyahu, qui est également ministre de la Défense, a personnellement supervisé les ripostes israéliennes.

Il a ajouté que « selon les informations parues dans les médias, le gouvernement israélien mène des négociations avancées pour promouvoir un cessez-le-feu avec le Hamas », estimant qu’il était là aussi « déraisonnable » que le cessez-le-feu ne soit débattu que par le Premier ministre et l’establishment de la Défense, sans consultations préalables avec le cabinet de sécurité.

Netanyahu a déclaré dimanche à la radio militaire qu’il ne savait pas si une trêve à long-terme avec le Hamas était en préparation. Cependant, le Premier ministre a défendu la politique du gouvernement vis-à-vis de Gaza, tout en assurant que toutes les options restaient ouvertes.

« S’il n’y a pas le choix, nous entrerons en guerre ouverte, mais c’est la dernière option », a-t-il dit. « Il est impossible de déraciner l’islam radical dans la bande de Gaza comme il est impossible de déraciner l’Iran. Conquérir Gaza nous coûterait cher en vies. »

L’extrême-droite ne nommera pas de juges, assure Netanyahu

Netanyahu a également été interrogé sur la possibilité qu’Itamar BenGvir, un candidat extrémiste qui représente la faction Otzma Yehudit, au sein de l’Union des partis de droite, soit nommé à la commission chargée de nommer les juges.

Le Premier ministre a rapidement rejeté cette possibilité. « Je ne me suis pas engagé à cela. C’est insensé », a déclaré Netanyahu.

Ben Gvir a diffusé une réponse en vidéo dans les minutes qui ont suivi, affirmant que « Netanyahu a soudainement décidé de sauter à gauche. Mais en vérité, je m’en fiche. »

Itamar Ben Gvir, candidat d’Otzma Yehudit, prend la parole devant la Commission centrale électorale pour les élections de la 21e Knesset lors d’un débat sur une requête pour sa disqualification et celle de Michael Ben Ari aux élections, le 6 mars 2019, à la Knesset. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Ben Gvir a déclaré que si l’Union des partis de droite, une alliance des partis nationalistes religieux, négociée par Netanyahu, remporte suffisamment de sièges mardi, le Premier ministre n’aura d’autre choix que de le nommer à cette commission.

« Il a fait tellement de promesses », a déclaré Ben Gvir, se moquant des promesses de campagne de Netanyahu.

Dans un enregistrement d’une réunion à huis-clos des militants de l’Union des partis de droite, qui a été transmis à la Douzième chaîne, le numéro deux du parti, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’il s’engage à ce que la liste fasse ce qui est en son pouvoir pour faire entrer Ben Gvir au Parlement, et que Netanyahu l’aidera parce que c’est ce qui a été convenu entre la faction d’extrême-droite et le Likud.

L’union des partis de droite est une alliance de trois partis. Deux d’entre elles, HaBayit HaYehudi et Union nationale, représentent la mouvance dite hardal, la communauté nationaliste orthodoxe. Le troisième élément, le plus controversé, Otzma Yehudit (puissance juive) est composée de disciples du défunt rabbin extrémiste Meir Kahane.

Ben Gvir, le membre le plus ancien d’Otzma Yehudit sur la liste de l’Union des partis de droite – après que la Haute cour a disqualifié le chef du parti Michael Ben Ari pour incitation au racisme – est un avocat connu pour sa défense des personnes suspectées de terrorisme juif. Une photo du terroriste juif Baruch Goldstein, qui a fusillé 29 fidèles musulmans au Tombeau des patriarches en 1994, est affichée dans son salon.

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