Netanyahu : sur la paix, les États arabes « avancent plus » que les Palestiniens
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Netanyahu : sur la paix, les États arabes « avancent plus » que les Palestiniens

Le Premier ministre a déclaré aux dirigeants juifs américains que certains pays de la région considéraient Israël comme "un allié indispensable face à l'agression iranienne"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s'entretient avec le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018. (Publié avec autorisation)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s'entretient avec le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018. (Publié avec autorisation)

WASHINGTON (JTA) – Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que les États arabes sunnites avançaient plus vite que les Palestiniens concernant une reconnaissance d’Israël, un autre signe que le plan de paix de l’administration Trump pourrait être mort-né.

« Ils ne voient plus Israël comme leur ennemi, mais comme leur allié indispensable afin de tenir tête à l’agression iranienne et j’irais même plus loin, afin de rejoindre le progrès technologique », a déclaré Netanyahu dans un entretien avec David Harris, président de l’American Jewish Committee enregistré le 13 mai et diffusé pour la première fois lundi au Forum mondial de l’organisation à Washington DC.

« À bien des égards, les pays arabes ont agi plus vite que les Palestiniens, a-t-il déclaré. Les Palestiniens tentent d’empêcher ce processus de normalisation qui pourrait déboucher sur une paix officielle. »

Netanyahu a affirmé que, malgré des décennies durant lesquelles l’inverse était vrai, il était désormais plus probable que ce soient les États arabes sunnites qui conduisent les Palestiniens à la paix avec Israël.

« Cela n’arrivera pas tout de suite, mais cela conduira progressivement vers une normalisation pacifique, ce qui pourrait, selon moi, aider à instaurer la paix entre Israël et les Arabes, puis avec les Arabes palestiniens », a-t-il déclaré.

Bien que Netanyahu ait souvent essayé de reformuler le conflit de cette manière, la plupart des dirigeants arabes, y compris ceux d’Arabie saoudite et d’Égypte, ont déclaré à maintes reprises que le conflit palestinien devait être résolu en premier lieu.

Dimanche dernier, le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi a déclaré que Le Caire n’accepterait aucune proposition que les Palestiniens n’accepteraient pas.

« L’Égypte n’acceptera rien de ce que les Palestiniens ne souhaitent pas », a déclaré Sissi dimanche, selon le site d’information de Reuters en langue arabe.

Les faibles espoirs de Netanyahu vis-à-vis d’une paix israélo-palestinienne sonnent comme le dernier signal que les différentes parties n’ont pas l’espoir que le projet de plan de paix israélo-palestinien proposé par l’administration Trump se concrétisera. Aucune date n’a encore été donnée concernant une publication complète du projet.

Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, devrait présenter plus tard ce mois-ci la première phase économique du plan. Un certain nombre d’États arabes sunnites ont annoncé qu’ils participeraient à la présentation, tout comme Israël, mais les Palestiniens ont refusé d’y participer, affirmant que l’administration Trump était biaisée.

Netanyahu, en pleine tourmente post-électorale, ne semble pas pressé d’accepter le plan. Il a réitéré à David Harris la condition selon laquelle Israël devait être chargé de la sécurité en Cisjordanie – ce qui fait office d’impasse pour les Palestiniens.

Ces dernières semaines, les responsables de l’administration Trump ont étouffé les attentes des différentes parties concernant le plan de paix. Dans une interview accordée dimanche, Kushner a exprimé des doutes sur la capacité des Palestiniens à se gouverner eux-mêmes.

La semaine dernière, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait lui affirmé que le plan était « partial en faveur d’Israël ». Il a ensuite clarifié ses propos, affirmant qu’ils étaient « inexacts ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article

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