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Netanyahu : Un accord avec l’Arabie saoudite est probable mais le temps presse

Concernant les concessions aux Palestiniens, le Premier ministre déclare que l'extrême-droite "parle beaucoup" mais est "éminemment sensée" en ce qui concerne la prise de décisions

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parlant à CNN de la normalisation saoudienne, le 23 septembre 2023 (Crédit : Capture d'écran CNN)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parlant à CNN de la normalisation saoudienne, le 23 septembre 2023 (Crédit : Capture d'écran CNN)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lors d’interviews télévisées américaines vendredi qu’un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite était « probable », mais que la fenêtre d’opportunité actuelle ne serait ouverte que pour les quelques mois à venir.

Il a noté que la proposition d’autoriser l’enrichissement de l’uranium sur le sol saoudien soulevait des « problèmes majeurs », mais il a déclaré à CNN que si les différents éléments essentiels d’un accord étaient résolus, l’accord recueillerait « une vague de soutien, à droite, à gauche et de la part de la communauté internationale ».

« Si les obstacles peuvent être surmontés, j’entraînerais ma coalition et le pays avec elle », a-t-il ajouté.

Il a également refusé à maintes reprises de promettre de se conformer à toute éventuelle décision de la Haute Cour si les juges invalidaient la loi du « caractère raisonnable », relative à son projet de refonte du système judiciaire, et a déclaré que les dispositions de cette législation étaient déformées.

Fox News et CNN ont diffusé des interviews de Netanyahu après que le Premier ministre a déclaré aux Nations unies qu’Israël était « proche » de conclure un accord historique avec l’Arabie saoudite.

La normalisation est « possible » et « probable », a déclaré Netanyahu à CNN. « Israël, l’Arabie saoudite et les États-Unis partagent un objectif commun : faire un bond en avant (…). Nous avons l’occasion, avec les États-Unis, de changer le Moyen-Orient pour toujours. »

« Je pense que nous avons une opportunité, dans les prochains mois. Si nous n’y parvenons pas dans les prochains mois, nous risquons de la retarder de quelques années », a déclaré Netanyahu à Fox News. « Nous finirons probablement par y parvenir parce que c’est logique. »

Interrogé sur le prince héritier Mohammed Ben Salmane, Netanyahu a déclaré à Fox qu’il avait été « ravi d’entendre ce qu’il avait à dire » et a décrit le dirigeant saoudien comme « un grand visionnaire ».

Le Premier ministre a ensuite fait écho au commentaire du prince héritier saoudien. « Je pense que nous nous rapprochons de la paix chaque jour qui passe. »

Mercredi, Ben Salmane a déclaré à Fox News que « chaque jour, nous nous rapprochons » de la normalisation des liens entre son pays et Israël, tout en précisant que la question palestinienne restait un élément « très important » du processus et en déclarant que l’Arabie saoudite devrait se doter d’une arme nucléaire si l’Iran y parvenait.

Dans l’interview accordée à Fox News vendredi, Netanyahu s’est montré optimiste quant aux perspectives d’un accord entre Ryad et Jérusalem.

« Je pense que lorsque vous avez trois dirigeants et trois pays qui veulent avidement un résultat – les États-Unis sous le président Biden, l’Arabie saoudite sous le prince héritier Mohammed Ben Salmane et Israël sous mon mandat de Premier ministre – je pense que cela augmente vraiment la possibilité que nous réussissions », a-t-il déclaré.

En échange de la normalisation de ses liens avec Israël, l’Arabie saoudite demande aux États-Unis un pacte de défense mutuelle majeur, d’importants contrats d’armement et une coopération pour la mise en place d’un programme nucléaire civil sur le sol saoudien, ainsi que des concessions israéliennes aux Palestiniens.

Lors de l’interview accordée à CNN, Netanyahu a été interrogé sur l’éventualité d’un enrichissement d’uranium sur le sol saoudien.

« Je pense qu’il y a là des problèmes majeurs », a-t-il déclaré.

« Nous ne ferions rien qui puisse mettre en péril la sécurité d’Israël », a déclaré Netanyahu, ajoutant que Jérusalem et Washington étaient solidaires sur cette question.

L’autorisation accordée à Ryad d’enrichir de l’uranium se heurte à l’opposition des législateurs de l’opposition et de certains experts, tant à Washington qu’en Israël.

Selon un récent article paru dans le Wall Street Journal, Netanyahu a demandé à des experts israéliens du nucléaire et de la sécurité de coopérer avec les négociateurs américains sur la proposition d’une « opération d’enrichissement de l’uranium gérée par les États-Unis ».

« Je ne mettrai en péril ni les intérêts ni la sécurité nationale d’Israël, mais je ne mettrai pas non plus en péril le succès en en parlant publiquement », a déclaré Netanyahu à CNN.

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane participant au dialogue informel des dirigeants de l’APEC avec les invités lors du sommet de l’APEC de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, à Bangkok, en Thaïlande, le 18 novembre 2022. (Crédit : Athit Perawongmetha/Pool Photo via AP)

S’adressant à Fox, Netanyahu a réagi aux propos tenus par Ben Salmane, selon lesquels si l’Iran obtenait une arme nucléaire, l’Arabie saoudite « devrait en obtenir une » également.

Le Premier ministre a déclaré que l’Iran ne devrait pas être autorisé à posséder une arme nucléaire. « Ainsi, nous ne serions pas dans ce dilemme. »

Sur les Palestiniens

Interrogé sur les concessions potentielles faites aux Palestiniens dans le cadre de l’accord avec l’Arabie saoudite et sur les objections déclarées de ses partenaires de la coalition d’extrême-droite, Netanyahu a déclaré à CNN que ces derniers étaient « éminemment sensés » lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions, bien qu’ils « parlent beaucoup, ce qui est évident ; c’est ce que font les hommes politiques ».

« Lorsque tout le monde verra le paquet complet, ce que nous apportons à l’État d’Israël, je pense qu’il y a de fortes chances que tout le monde soit d’accord », a-t-il déclaré. « Mes partenaires de la coalition m’ont rejoint, je ne les ai pas rejoints. »

On a demandé à Netanyahu s’il serait prêt à faire exploser sa coalition si cela s’avérait nécessaire pour obtenir l’accord.

« Je ne pense pas que cela sera nécessaire », a-t-il répondu.

Lorsqu’on lui a demandé si ses partenaires de coalition accepteraient les concessions potentielles, Netanyahu a répondu : « Eh bien, il s’agit de savoir si je suis d’accord », de même que ses partenaires du Likud.

Douze membres du Likud, le parti de Netanyahu, ont publié une lettre, mettant en garde le Premier ministre contre des concessions aux Palestiniens dans le cadre d’un accord avec Ryad.

Netanyahu a répondu que le Likud était un parti démocratique. « Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Ils vont même jusqu’à me critiquer, vous imaginez ? Je suis censé être ce ‘grand dictateur’. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent. »

Le mois dernier, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit), a également déclaré qu’il n’y aurait pas de concessions et, vendredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (Otzma Yehudit), a déclaré que son parti quitterait la coalition si des concessions étaient faites.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre des Finances Bezalel Smotrich assistant à un vote sur le projet de loi du « caractère raisonnable » à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a déclaré à CNN que les Palestiniens devaient « faire partie du processus, ce qui ne signifie pas qu’ils aient un droit de veto ».

« Je pense que faire la paix avec l’Arabie Saoudite et mettre fin au conflit israélo-arabe nous aidera également à mettre fin au conflit israélo-palestinien », a-t-il déclaré.

Netanyahu a été interrogé par Fox News sur l’annexion potentielle de la Cisjordanie – une demande de la coalition des partenaires d’extrême-droite du parti HaTzionout HaDatit – et sur la question de savoir s’il s’engagerait à ne pas annexer la Cisjordanie dans le cadre d’un accord.

Le Premier ministre a répondu que « la coalition n’est pas le problème » et a ajouté qu’il pensait qu’elle était « suffisamment responsable pour accepter » ce qui était nécessaire pour un accord, et a noté que le président américain Joe Biden lui avait dit qu’il « voulait garder l’option politique de deux États sur la table ».

Dans son discours de vendredi à l’ONU, Netanyahu a brandi une carte du « nouveau Moyen-Orient » sur laquelle la Cisjordanie et la Bande de Gaza n’étaient pas délimitées.

Refonte du système judiciaire

Netanyahu n’a pas voulu donner de réponse claire lorsque Fox News et CNN lui ont demandé s’il se conformait à une éventuelle décision de la Haute Cour d’invalider la loi du « caractère raisonnable », qui limite le contrôle judiciaire sur les décisions du gouvernement et des ministres.

Netanyahu a affirmé que les dommages financiers et sociétaux subis par le pays depuis le début de l’année n’étaient pas dus au programme de son gouvernement visant à radicalement remanier le système judiciaire.

« Je pense que les dégâts ne sont pas dus à la refonte, mais à la manière dont elle est présentée, comme une sorte d’effondrement de la démocratie », a déclaré Netanyahu.

Interrogé par CNN sur les préoccupations des États-Unis concernant la refonte, il a déclaré qu’elle était mal rapportée et mal comprise, ce qui a incité l’intervieweuse Kaitlan Collins à poser la question suivante : « Vous pensez que la Maison Blanche ne comprend pas ce que vous proposez ? »

« J’espère qu’ils le comprennent mieux après cette discussion », a répondu Netanyahu. « En fin de compte, ce sera notre décision démocratique – qui sera prudente et responsable. »

En ce qui concerne sa volonté, ou non, d’honorer les décisions de la Cour suprême, Netanyahu a déclaré à CNN : « Je pense que nous devrions respecter les décisions de la Cour suprême et que la Cour suprême devrait respecter les Lois fondamentales adoptées par la Knesset. »

Pressé à nouveau sur le sujet, Netanyahu a refusé de répondre directement, se contentant de répéter sa précédente déclaration.

Invité une troisième fois à répondre par oui ou par non, Netanyahu a déclaré : « Espérons que nous ferons tous deux preuve de prudence et que nous resterons fidèles aux principes fondamentaux qui guident notre démocratie (…). En Israël, la Cour suprême a tous les pouvoirs, mais pas l’équilibre. »

« Mais c’est le seul moyen de contrôle pour vous et votre coalition », a objecté Collins. « Quels sont les autres contrôles ? »

« Ils peuvent invalider beaucoup de lois, mais ont-ils le pouvoir d’invalider les Lois fondamentales ? », a rétorqué Netanyahu.

Une photo fournie par un militant anti-refonte judiciaire montrant des milliers de personnes manifestant à Tel Aviv, le 9 septembre 2023. (Crédit : Gilad Furst)

Au début du mois, un panel de 15 juges a présidé une longue session en réponse à des recours déposés contre la loi, promulguée en juillet, qui limite le contrôle judiciaire des décisions du gouvernement en utilisant le critère juridique du « caractère raisonnable ».

Cette loi est le seul élément du vaste programme de refonte judiciaire de la coalition qui ait été adopté par la Knesset jusqu’à présent. Comme d’autres parties du programme de refontes radicales, elle a été confrontée à une opposition massive de la part des groupes de protestation et des partis d’opposition.

Une décision de justice invalidant une Loi fondamentale serait sans précédent. Si la coalition ne respectait pas une telle décision, elle risquerait de provoquer une crise constitutionnelle.

La Cour ne devrait pas se prononcer avant plusieurs mois.

La présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, et 14 autres juges, durant l’audience des recours déposés contre la loi du « caractère raisonnable » au tribunal de Jérusalem, le 12 septembre 2023. (Crédit : Debbie Hill/Pool/AFP)

Il était prévu que Netanyahu soit interviewé par des médias israéliens lors de son voyage aux États-Unis, mais ces entretiens ont été annulés.

Bien qu’il ait accordé de nombreuses interviews aux médias internationaux, Netanyahu a refusé de s’asseoir avec les principaux organes de presse israéliens, y compris les traditionnelles séances d’information avant Rosh HaShana, le Nouvel an juif.

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