Netta Barzilai : « En boycottant la lumière, le BDS propage l’obscurantisme »
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Netta Barzilai : « En boycottant la lumière, le BDS propage l’obscurantisme »

La gagnante israélienne de l'Eurovision a dit à la BBC que le concours a pour objectif de célébrer la diversité et de construire des ponts entre les individus

La chanteuse israélienne Netta Barzilai qui a remporté l'édition 2018 de l'Eurovision lors d'une séance photo pendant une interview réalisée à Tel Aviv, en Israël, le 29 janvier 2019. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)
La chanteuse israélienne Netta Barzilai qui a remporté l'édition 2018 de l'Eurovision lors d'une séance photo pendant une interview réalisée à Tel Aviv, en Israël, le 29 janvier 2019. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

La gagnante de l’édition 2018 de l’Eurovision Netta Barzilai a vivement dénoncé les appels au boycott du concours qui est organisé en Israël cette année, disant au cours d’une interview accordée jeudi à la BBC que « en boycottant la lumière, c’est l’obscurantisme que vous propagez ».

L’Eurovision est habituellement tenu à l’écart de la politique mais des manifestants anti-israéliens ont appelé les organisateurs du concours à boycotter Israël et exhorté les participants à s’abstenir d’y prendre part si le concours se déroulait au sein de l’Etat juif, une approche considérée comme contre-productive par la chanteuse israélienne.

« Le boycott, c’est empêcher à la lumière de se répandre et quand on boycotte la lumière, c’est l’obscurantisme qu’on laisse se propager – c’est ce que je pense. Je crois dans le dialogue, je crois dans la protestation : Mettons-les en œuvre mais le boycott n’est pas une réponse », a dit Barzilai à la BBC.

Barzilai a remporté le concours de chansons en 2018 avec son ode très populaire aux droits des femmes, « Toy », ce qui a donné à Israël le droit d’organiser l’édition 2019 de l’Eurovision cette année. Elle aura lieu à Tel Aviv, au mois de mai.

La compétition devrait attirer en Israël des dizaines de milliers de personnes et une attention massive de la part des médias. Les militants anti-israéliens ont fait du concours la cible de leurs appels au boycott.

Lors de l’entretien de jeudi, Barzilai a évoqué l’histoire de l’Eurovision pour justifier son opposition à un éventuel boycott, rappelant que le concours avait été mis en place pour renforcer l’unité dans une Europe dévastée par la Seconde guerre mondiale.

« Il a pour objectif de construire des ponts entre les individus, il a pour objectif de célébrer la diversité, d’avoir tous ces gens venus de tous ces pays sur la même scène pour dire ‘Hé, on est tous pareils et on fête toutes ces ethnies et tous ces genres de musique’, » a expliqué Barzilai.

« C’est une fête magique de la chanson, vous pouvez y faire ce que vous voulez, vous pouvez y amener ce que vous voulez, et c’est fantastique. Cela ne devrait pas être politique et ce serait une catastrophe que ça le soit », a-t-elle ajouté.

La gagnant de l’Eurovision 2018 Netta Barzilai à son arrivée à Ben Gurion International Airport, le 14 mai 2018. (Crédit : Flash90)

L’exubérante Barzilai a aussi appelé à se rendre au sein de l’Etat juif à l’occasion du concours, s’exclamant : « Israël est incroyable, il y a là-bas les meilleures fêtes et il faut venir ».

Barzilai a épousé son rôle d’icône féministe et a cité le mouvement #MeToo comme source d’inspiration – mais elle s’est abstenue de toute incursion ouverte au sujet politique.

Le mois dernier, un groupe de personnalités britanniques du monde de la culture ont appelé la BBC à soutenir la délocalisation de l’Eurovision dans un autre pays en raison des « violations systématiques par Israël des droits de l’Homme palestiniens ». La chaîne a rejeté cette demande, rappelant que le concours « n’est pas un événement politique et qu’il n’appuie aucun message ou campagne politique ».

Le mois dernier également, des manifestants anti-israéliens ont brièvement interrompu les demi-finales des qualifications à l’Eurovision, en France, alors que Barzilai se trouvait sur scène.

Des images du concert ont montré quatre ou cinq manifestants se tenir sur la scène, l’un d’entre eux au moins tenant une pancarte sur laquelle était écrit « Non à l’Eurovision 2019 en Israël », avant d’être rapidement escortés vers la sortie.

La semaine dernière, Barzilai a sorti son nouveau single – le premier après « Toy » – un hymne pop à sa toute nouvelle renommée intitulé « Bassa Sababa. »

La vidéo, qui serait le clip le plus cher jamais réalisé au sein de l’Etat juif, a été vue par plus de quatre millions de personnes en moins d’une semaine.

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