Nikki Haley démissionne de son poste d’ambassadrice des États-Unis à l’ONU
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Nikki Haley démissionne de son poste d’ambassadrice des États-Unis à l’ONU

Trump a rencontré l'envoyée pro-israélienne au Bureau ovale et a affirmé que son départ était prévu depuis longtemps, bien que peu de gens fussent au courant

Le président américain Donald Trump s'entretient avec l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Nikki Haley, avant une réunion à l'Assemblée générale de l'ONU au siège de l'ONU à New York, le 18 septembre 2017. (AP Photo/Seth Wenig)
Le président américain Donald Trump s'entretient avec l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Nikki Haley, avant une réunion à l'Assemblée générale de l'ONU au siège de l'ONU à New York, le 18 septembre 2017. (AP Photo/Seth Wenig)

L’ambassadrice de l’ONU, Nikki Haley, 46 ans, a remis sa démission mardi, ont déclaré des sources aux médias américains, marquant le dernier bouleversement en date de l’administration tumultueuse de Trump à quelques semaines des élections de mi-mandat.

Le président américain Donald Trump a rencontré Haley dans le Bureau ovale devant les caméras de télévision peu après les dépêches tombées mardi, affirmant que le départ était prévu depuis plusieurs mois.

M. Trump a annoncé qu’elle quitterait ses fonctions à la fin de l’année.

Il a qualifié Haley de personne « exceptionnelle », ajoutant qu’elle lui avait dit il y a six mois qu’elle pourrait vouloir prendre un congé. Trump a dit qu’ensemble, ils avaient « résolu beaucoup de problèmes ».

Haley a déclaré qu’elle n’avait pas l’intention de se présenter à la Maison Blanche en 2020.

Cette décision a apparemment été un choc pour les responsables du Congrès et de l’administration Trump, Haley ayant réussi à garder ses projets dans un cercle restreint jusqu’à mardi matin.

Les sources n’ont pas fourni de raisons pour son départ.

Haley était l’une des rares personnes nommées à l’origine par le Cabinet à faire toujours partie de l’administration Trump.

Depuis qu’elle a pris ses fonctions, Haley est devenue l’une des plus ardentes partisanes de la politique étrangère de Trump et une coqueluche de la communauté pro-Israël aux États-Unis.

Elle a également été applaudie par les dirigeants israéliens pour sa fervente défense d’Israël à l’ONU, un organisme souvent considéré comme très critique envers l’État juif.

« Sa défense de l’État d’Israël a été courageuse et inconditionnelle, même dans les moments difficiles », a déclaré le président de Yesh Atid, Yair Lapid dans un communiqué, affirmant qu’elle avait agi en tant que « phare de la lumière » au sein de l’organe international. « Merci Haley, tu seras toujours la bienvenue ici. »

« Je vous remercie, l’Ambassadeur Nikki Haley, d’avoir mené une lutte sans compromis contre l’hypocrisie de l’ONU et au nom de la vérité et de la justice de notre pays. Bonne chance », a écrit le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haly le vendredi 28 septembre 2018 à New York. (Avi Ohayon /GPO)

Pendant son mandat, les États-Unis se sont retirés de l’agence culturelle de l’ONU (UNESCO) et du Conseil des droits de l’homme, invoquant leur parti pris contre Israël.

En août, les États-Unis ont également annoncé qu’ils mettraient fin au financement de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, en critiquant sa « population en expansion exponentielle et infinie de bénéficiaires admissibles » et en faisant référence au fait que cette agence accorde le statut de réfugié à tous les descendants des premiers Palestiniens réfugiés, ce que l’ONU n’accorde à aucun autres réfugiés dans le monde.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU remercie Haley d’avoir « soutenu la vérité ».

L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies Nikki Haley s’entretient avec l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU Danny Danon avant un vote à l’Assemblée générale le 13 juin 2018 à New York. (AFP PHOTO / Don EMMERT)

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a remercié son homologue américaine démissionnaire Nikki Haley, qui a présidé à plusieurs grandes décisions pro-Israël au cours de son mandat.

« Merci, Nikki Haley ! » a-t-il dit dans un communiqué. « Merci d’avoir soutenu la vérité sans crainte. Merci d’avoir incarné les valeurs communes à Israël et aux États-Unis ».

Il a déclaré que Haley « a contribué au changement du statut d’Israël à l’ONU. »

Ivanka Trump fait l’éloge de Haley, la « championne de la vérité »

Ivanka Trump a fait l’éloge de l’ambassadrice américaine sortante auprès de l’ONU Nikki Haley pour avoir été une « championne de la vérité, du réalisme fondé sur des principes et sur l’intégrité ».

L’automne dernier, les médias américains ont rapporté que des responsables de la Maison Blanche avaient lancé la rumeur que la fille et conseillère du président américain remplacerait Haley comme ambassadrice du pays à l’ONU.

Ancienne gouverneure de la Caroline du Sud, Haley a été considérée comme un choix surprise pour le poste d’ambassadrice à l’ONU en raison de ses critiques sur Trump pendant la campagne présidentielle de 2016 et du manque d’expertise en politique étrangère.

Le mois dernier, Haley a écrit une tribune dans le Washington Post au sujet de ses désaccords politiques, mais aussi de sa fierté à travailler pour Trump.

Il s’agissait d’une réponse à un article anonyme paru dans le New York Times d’un haut fonctionnaire de l’administration qui prétendait qu’il y avait un effort secret de « résistance » de la droite dans l’administration Trump et que des discussions internes avaient eu lieu pour invoquer le 25e amendement pour destituer Trump du pouvoir.

« Je suis fière de servir dans ce gouvernement et j’appuie avec enthousiasme la plupart de ses décisions et l’orientation qu’il prend pour le pays », a écrit Haley. « Mais je ne suis pas d’accord sur tout avec le président. »

En tant que gouverneure, elle s’est forgée une réputation nationale de conciliatrice raciale qui a mené la bataille pour le retrait du drapeau confédéré à la Statehouse et a dirigé la Caroline du Sud dans un de ses moments les plus noirs : le massacre dans une église noire.

Lors du récent débat sur l’élection du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, Nikki Haley avait fait entendre sa voix pour souligner l’importance d’être à l’écoute de ses victimes présumées.

Aux Etats-Unis, l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud d’origine indienne a une popularité croissante, comme en témoigne la très forte activité sur son compte Twitter, où nombreux sont les fans à vouloir la voir devenir la première présidente femme des Etats-Unis. Comme Donald Trump, elle utilise beaucoup ce réseau social, notamment pour raconter sa vie de famille ou sa passion du sport.

Au vue de son comportement depuis un an et demi, Nikki Haley semblait viser tous les électorats. Lors de la toute dernière Assemblée générale des Nations unies, elle n’avait ainsi pas hésité à se mêler dans la rue près de l’ONU à des manifestants sud-américains, en utilisant même un mégaphone pour réclamer la démission du président vénézuélien.

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