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Nof HaGalil, ville d’accueil des réfugiés ukrainiens juifs dans le nord d’Israël

Le maire, d'origine moldave, a déclaré que la localité, qui compte 25 000 habitants russophones, "s'est construite sur l'immigration. Nous absorberons autant de gens que possible"

  • Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
  • Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
  • Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
  • Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
  • Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    Des bénévoles de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d'Israël, rassemblent des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

A Nof Hagalil, dans le nord d’Israël, le maire Ronen Plot multiplie les appels téléphoniques, pendant que des bénévoles organisent l’aide humanitaire destinée aux nombreux réfugiés ukrainiens d’origine juive attendus dans cette ville à majorité russophone.

L’Etat hébreu s’est mobilisé pour faire venir des Ukrainiens fuyant l’avancée des forces russes dans leur pays et qui, en tant que juifs, enfants ou petits-enfants de juifs, sont éligibles à la citoyenneté israélienne en raison de la loi « du retour ».

Les autorités israéliennes estiment à environ 100 000 le nombre d’immigrants juifs qui pourraient venir d’Ukraine et de Russie en raison du conflit.

Quelques jours après l’invasion russe lancée le 24 février, Ronen Plot a invité les Ukrainiens d’origine juive voulant quitter leur pays en guerre à venir s’installer à Nof Hagalil, dont les habitants sont appelés à faire des dons.

« S’il venait à avoir une grande vague d’immigration, nous serions heureux de prendre part à l’effort israélien », a écrit sur Facebook M. Plot, 67 ans, arrivé en Israël à 18 ans en provenance de Moldavie.

Le maire de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d’Israël, Ronen Plot, dans un centre rassemblant des objets donnés pour accueillir des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

« Nof Hagalil s’est construite sur l’immigration. Nous absorberons autant de gens que possible », explique-t-il à l’AFP.

Nof Hagalil a été fondée dans les années 1950 sur des terres qui appartenaient à la ville arabe voisine de Nazareth, dans le cadre d’un projet du Premier ministre de l’époque David Ben Gurion visant à « judéiser la Galilée ».

Nouveau départ 

Aujourd’hui, plus de la moitié des près de 50 000 habitants de Nof Hagalil parlent russe, étant originaires de l’ex-Union soviétique, et les noms des rues sont retranscrits en cyrillique.

Un magasin russe dans la ville de Nof Hagalil, dans le nord d’Israël, qui accueillera des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine, le 6 mars 2022. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

M. Plot dit avoir dénombré 600 chambres d’hôtel et 300 appartements vacants qui pourront accueillir des Ukrainiens, « éreintés, qui ont enduré une grande misère ».

Haïm et Ora Gershman, couple juif ultra-orthodoxe, sont parmi les premiers arrivés jeudi dernier à Nof Hagalil avec leurs quatre enfants. La mère de Haïm, Nelja, 60 ans, y est arrivée le lendemain.

C’est grâce au message de M. Plot que les Gershman ont décidé de venir dans cette commune, après avoir fui Anatevka, un village situé près de Kiev fondé par une communauté juive.

Nelja Gershman, une femme juive religieuse d’Ukraine qui a échappé à l’invasion russe de son pays, est assise dans une chambre d’hôtel de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d’Israël, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

La famille a eu une heure pour faire ses affaires avant de prendre la route en direction de la Moldavie, ne s’arrêtant qu’une seule fois dix minutes pendant l’interminable trajet.

« Nous avons tout laissé, nos vies entières », soupire Ora Gershman.

Haïm est reconnaissant d’avoir trouvé un refuge à Nof Hagalil, où il loge à l’hôtel avec sa famille. Mais il tique un peu lorsqu’il s’agit de la politique israélienne vis-à-vis du conflit.

L’Etat hébreu ne s’est pas joint au concert des condamnations internationales de l’invasion russe, soulignant les liens solides qui l’unissent tant avec Moscou qu’avec Kiev.

Le Premier ministre Naftali Bennett a toutefois considéré comme un « devoir moral de tout tenter » pour mettre fin au conflit, après s’être rendu à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et s’être entretenu au téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Poutine a dit qu’ils n’attaqueraient que des cibles militaires mais actuellement ils bombardent sans distinction », affirme Haïm Gershman, se demandant « comment on peut rester neutre quand on sait très clairement qui est l’agresseur ».

Chaim et Ora Gershman, Juifs ultra-orthodoxes d’Ukraine qui ont fuit la guerre, dans une chambre d’hôtel de la ville de Nof Hagalil, dans le nord d’Israël, le 6 mars 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

« Immorale »

Basée sur une distinction entre les juifs et les autres, la politique d’accueil israélienne a cependant été critiquée, alors que près de 3 000 Ukrainiens sont arrivés en Israël depuis le début du conflit, selon les autorités.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a estimé dimanche que 15 000 Ukrainiens, dont 90 % d’entre eux ne seraient pas éligibles à la loi du retour, pourraient demander l’asile en Israël d’ici fin mars.

Un taux de réfugiés « impossible » pour le pays de 9,4 millions d’habitants, a prévenu Mme. Shaked, affirmant que les personnes éligibles à la citoyenneté israélienne seraient, elles, toujours les bienvenues.

L’Etat hébreu réclame une caution de 10 000 shekels (environ 2 800 euros) aux réfugiés non éligibles à la « loi du retour », une somme restituée à leur départ.

Des juifs ukrainiens qui ont fui les combats en Ukraine vus à l’aéroport international de Chisinau en Moldavie alors qu’ils se dirigeaient vers Israël, le 6 mars 2022. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

« Une telle demande à l’heure actuelle est inhumaine et immorale. Elle empêche des réfugiés qui fuient la guerre et qui n’ont pas de famille en Israël de venir trouver refuge ici », a fustigé le ministre de la Diaspora, Nachman Shai.

Lundi, l’ambassadeur ukrainien en Israël, Yevhen Korniytchouk, a fait état d’un accord avec les autorités concernant la caution pour les Ukrainiens non-juifs, sans donner plus de précisions.

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