Nouvelle station de radiodiffusion : Kahlon menace Netanyahu d’opposer son veto
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Nouvelle station de radiodiffusion : Kahlon menace Netanyahu d’opposer son veto

Dans une épreuve de force avec le Premier ministre, le ministre des Finances indique qu’il ne jettera pas des millions pour ressusciter la structure déjà existante comme voudrait le faire le Likud

Moshe Kahlon, ministre des Finances et président de Koulanou, pendant une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Moshe Kahlon, ministre des Finances et président de Koulanou, pendant une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre des Finances Moshe Kahlon est sorti lundi du silence dans un contexte de bataille législative qui s’annonce sur l’avenir des médias en Israël, menaçant de torpiller les efforts menés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à démanteler une nouvelle station de radiodiffusion publique.

La menace émise par Kahlon laisse entrevoir une épreuve de force avec Netanyahu. Lancée juste avant une réunion de la commission des Finances de la Knesset, elle vient accentuer les déclarations faites par les législateurs des partis HaBayit HaYehudi et Koulanou ce weekend affirmant que leurs partis s’opposaient à la fermeture de cette station de rediffusion et qui n’émet pas encore. Cette entreprise médiatique est supposée remplacer l’Israel Broadcasting Authority (IBA).

Kahlon a indiqué être défavorable à ce jeu de zig-zag coûteux du gouvernement concernant l’avenir de la nouvelle station, qui s’appelle Kan, citant les milliards de shekels qui, dit-il, seraient gaspillés si elle devait fermer ses portes.

“Abandonner cette station signifierait la perte de 1,7 milliard de NIS (442 millions de dollars) dans l’immédiat et 370 millions de NIS 370 million (96 millions de dollars) dans l’année. Quiconque voudra introduire une nouvelle loi la semaine prochaine et la prôner devra s’assurer qu’il y a une forte diffusion publique et comprendre d’où l’argent va venir », a-t-il expliqué lundi selon des commentaires parus dans les médias hébreux.

“Personnellement, je ne pense pas que je puisse jeter cet argent et abandonner des millions. Je sais quelle est la valeur d’un shekel. C’est ça. Je ne veux pas abandonner et, si c’est nécessaire, je n’hésiterai pas à faire usage de mon veto face au gouvernement”, a-t-il dit, ajoutant qu’il ne toucherait pas au budget des autres ministères pour payer cette initiative.

Kahlon, ancien ministre des Communications et apparatchik du Likud qui a fait ultérieurement scission pour former son propre parti, a boycotté un vote du cabinet qui était programmé dimanche concernant la fermeture de Kan, obligeant Netanyahu à reporter le scrutin d’une semaine.

Selon les termes des accords de la coalition, les partis doivent voter en faveur de toutes les réformes médiatiques soutenues par Netanyahu. Mais on ne sait pas ce que cela signifierait en termes de conséquences pour les partis opposés à l’abandon du projet de la station, qui n’a pas encore commencé à émettre.

La station naissante avait été créée par la législation gouvernementale en 2014. La loi lui offre une plus grande indépendance éditoriale que l’IBA, l’exemptant des règles de surveillance du gouvernement qui s’appliquent à la majorité des autres stations publiques. Cette législation viendra sérieusement entraver la capacité des politiciens à intervenir tant dans le contenu que dans les nominations aux postes-clés de l’entreprise.

Au mois de juillet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu — qui est également le ministre des Communications actuel – a décidé de prolonger l’existence de l’IBA et de reporter le lancement de la nouvelle station.

Récemment, un législateur important du Likud, David Bitan, a réclamé avec force que la nouvelle législation vienne annuler l’ancienne, au motif que la fermeture de la nouvelle station et la rationalisation de l’IBA économiseront les budgets gouvernementaux à long terme.

La semaine dernière, Bitan a affirmé que son plan permettrait d’économiser 2,5 milliards de NIS – (658 millions de dollars), un chiffre tourné en ridicule par le ministère des Finances et le ministre de l’Intérieur Gilad Erdan qui avait conduit la loi originale alors qu’il avait hérité du portefeuille des Communications.

La proposition a également été qualifiée de “tour de passe-passe” par le think-tank, Israel Democracy Institute.
Les critiques du gouvernement affirment que la vraie raison du revirement de Netanyahu est sa crainte de l’indépendance politique de la station.

Une source proche du Likud et qui a conservé l’anonymat a expliqué au quotidien Israel Hayom, qui est sur la ligne de Netanyahu, samedi que le nouveau diffuseur “s’est transformé en diffuseur favorable à Noni Mozes et à la gauche », se référant au propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, régulièrement critique de Netanyahu.

La source a également prétendu que les employés de cette nouvelle entreprise étaient recrutés chez des « personnalités de gauche et les associés de Mozes.”

Mercredi, les directeurs de la station ont indiqué qu’ils seraient prêts à la diffusion en date du 1er janvier. Ils ont également fait savoir que l’entreprise a d’ores et dé jà investi 140 millions de NIS – (36 millions de dollars) sur des productions originales et sur l’établissement de studios à Jérusalem, Tel Aviv, Modiin et Beersheba.
“Derrière tous les chiffres et toutes les délibérations il y a des gens qui ont été employés et qui doivent affronter le spectre d’être renvoyés », a dit Kahlon.

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