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NSO demande au gouvernement de lutter contre la mise de sociétés sur liste noire

Le PDG de NSO Group demande de l’aide à Naftali Bennett - un soutien essentiel pour lutter contre la décision de l'administration de Joe Biden

Un logo orne un mur sur une branche de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d'Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)
Un logo orne un mur sur une branche de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d'Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

En difficulté, la société israélienne de logiciels espions NSO Group aurait contacté directement le Premier ministre Naftali Bennett. Dans une lettre, le PDG de l’entreprise lui aurait demander de le soutenir face à la récente décision de l’administration Biden de placer la société sur liste noire en raison de son implication présumée dans des activités malveillantes dans le monde entier.

Selon le site d’information Walla, Shalev Hulio affirme notamment dans sa lettre que la société est visée pour des raisons politiques dans une campagne menée par des organisations anti-israéliennes.

La lettre a aussi été envoyée au ministre de la Défense Benny Gantz, au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et au ministre des Finances Avigdor Liberman.

Shalev Hulio assure que l’inscription sur liste noire causera un préjudice financier important à son organisation et portera atteinte à sa réputation, chose qui pourrait entraîner le licenciement de centaines de salariés.

L’intervention du gouvernement israélien « serait une condition essentielle » pour renverser la décision des États-Unis, écrit Shalev Hulio.

Plus tôt cette semaine, le New York Times a rapporté que le gouvernement israélien avait déjà commencé à faire pression au nom de NSO Group pour que l’entreprise soit retirée de la liste noire du ministère américain du Commerce.

Mais jeudi, Walla informait que cette information était fausse et qu’aucune décision de ce type n’avait été prise.

Shalev Hulio, PDG de NSO Group, échange avec le journal Calcalist, le 20 avril 2020. (Capture d’écran YouTube)

En outre, le site israélien a déclaré que de hauts responsables israéliens s’étaient réunis la semaine dernière pour réfléchir à la question et avaient décidé de ne pas aider NSO Group pour le moment.

Néanmoins, les responsables du ministère des Affaires étrangères auraient contacté leurs homologues du département d’État américain pour exprimer leur déception quant à la manière dont la décision d’inscrire NSO Group sur la liste noire avait été prise. Selon Walla, Jérusalem n’a été informée de la décision qu’une heure à l’avance.

Le mois dernier, le département d’État avait affirmé qu’il n’avait pas reçu de notification préalable de la décision d’Israël de mettre sur liste noire six organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme – ce que Jérusalem a réfuté.

« Les Américains savent comment se plaindre que nous ne les informons pas, même lorsque nous les informons. Mais dans ce cas, ce sont eux qui n’ont pas mis à jour », a déclaré un haut fonctionnaire israélien au site d’information.

La semaine dernière, les États-Unis ont justifié leur décision en affirmant que NSO Group fournissait « des logiciels espions à des gouvernements étrangers qui ont utilisé ces outils pour cibler de manière malveillante des responsables gouvernementaux, des journalistes, des hommes d’affaires, des militants, des universitaires et des employés d’ambassades ».

La société israélienne a fait face à un torrent de critiques internationales sur les allégations selon lesquelles elle aidait les gouvernements à espionner les dissidents et les défenseurs des droits. NSO a insisté sur le fait que son produit n’était destiné qu’à aider les pays à lutter contre la criminalité et le terrorisme.

Le logiciel d’espionnage phare de la société, Pegasus, est considéré comme l’un des outils de cybersurveillance les plus puissants du marché. Il permet aux opérateurs de prendre le contrôle total du téléphone d’une cible, de télécharger toutes les données de l’appareil ou d’activer sa caméra ou son microphone à l’insu de l’utilisateur.

Dans les anciennes versions du système, le propriétaire du téléphone devait, à son insu, télécharger un fichier ou cliquer sur un lien pour donner aux opérateurs l’accès à l’appareil, mais les nouvelles itérations ont supprimé cette exigence, donnant le contrôle du téléphone sans que l’utilisateur ait besoin de faire quoi que ce soit.

L’utilisation présumée de la technologie de NSO Group par le Maroc contre le président français Emmanuel Macron a déclenché une querelle diplomatique entre Jérusalem et Paris, que les deux pays ont accepté de mettre derrière eux la semaine dernière, à la suite d’une rencontre entre Emmanuel Macron et le Premier ministre Naftali Bennett.

Dernier épisode en date d’une série d’accusations contre NSO Group : des enquêtes indépendantes publiées lundi par l’Université de Toronto et Amnesty International ont révélé que des téléphones portables appartenant à au moins six militants pour les droits des Palestiniens avaient été piratés grâce à Pegasus.

Le rapport ne précise pas qui est à l’origine du piratage présumé, mais la licence d’exportation de NSO Group interdit à l’entreprise de permettre à des clients étrangers de pirater des téléphones israéliens – ce qui indique que le piratage a été effectué par Israël, dans ce qui serait le premier cas documenté d’utilisation de la technologie contre des téléphones desservis par des opérateurs israéliens.

Plus tôt dans la journée de jeudi, l’Associated Press a rapporté que le successeur désigné de Shalev Hulio, Isaac Benbenisti, avait décidé de démissionner de la société plutôt que d’occuper le poste de direction.

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