Nucléaire: Bolton et Netanyahu fustigent un accord « horrible » et « désastreux »
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Nucléaire: Bolton et Netanyahu fustigent un accord « horrible » et « désastreux »

Le Premier ministre israélien a affirmé que la gratitude israélienne pour la sortie l'accord est partagée par "pratiquement tout le monde dans la région"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton (Capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton (Capture d'écran)

Le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump a fustigé lundi un accord sur le nucléaire « horrible » durant un entretien avec le ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem. Le haut-responsable américain et le Premier ministre israélien ont appelé à un renforcement de la pression mondiale sur Téhéran pour réduire les activités militaires de la république islamique.

John Bolton est arrivé dimanche en Israël pour une visite de trois jours afin de parler notamment de l’Iran, de ses activités nucléaires et de sa présence chez le voisin syrien d’Israël.

En amont d’une journée de discussions entre les responsables israéliens et américains de la sécurité, John Bolton a déclaré à Netanyahu que les Etats-Unis considèrent qu’il est de la « plus haute importance » d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires et que c’est pour cette raison que Trump s’est retiré de l’accord qui avait été négocié par l’administration d’Obama et qu’il a décidé de réimposer de fortes sanctions.

« Il est de la plus haute importance pour les Etats-Unis que l’Iran n’obtienne jamais d’armes nucléaires opérationnelles », a dit Bolton devant la presse aux côtés de Netanyahu.

« Nous travaillons avec nos amis européens pour les convaincre de la nécessité de prendre des mesures plus fortes contre les armes nucléaires iraniennes et le programme de missiles balistiques », a ajouté Bolton, un critique fervent du pacte passé avec la république islamique et partisan de sanctions plus fortes pour que Téhéran renonce à soutenir les groupes terroristes au Moyen-Orient.

Ancien ambassadeur aux Nations unies lors de la présidence de George W. Bush, John Bolton est un soutien sans faille d’Israël.

« Nous travaillons avec nos amis européens pour les convaincre de la nécessité de prendre des mesures plus fortes contre les armes nucléaires iraniennes et le programme de missiles balistiques », a-t-il poursuivi.

Netanyahu a convenu que l’accord était « désastreux », qualifiant « d’historique » la décision de Trump de s’en retirer. Il a répété des propos souvent tenus : « Le pacte sur le nucléaire n’a pas bloqué l’avancée de l’Iran vers la bombe, il a pavé l’avancée de l’Iran vers un arsenal nucléaire entier ».

« En supprimant les sanctions, l’accord a permis à l’Iran d’engranger des milliards et des milliards dans ses coffres qui n’ont servi qu’à financer la machine de guerre iranienne en Syrie, au Liban, au Yémen et ailleurs », a continué Netanyahu.

Le Premier ministre a statué que la gratitude israélienne pour la décision de Trump de quitter l’accord est partagée par « pratiquement tout le monde dans la région », en particulier dans les capitales arabes.

« Je pense vraiment que tous les pays qui ont à coeur la paix et la sécurité au Moyen-Orient doivent suivre la voie de l’Amérique et accroître la pression sur l’Iran », a-t-il dit.

« Plus la pression sur l’Iran est forte, plus grandes sont les chances que le régime (iranien) mette fin à ses actes d’agression. Et tout le monde devrait se joindre à cet effort », a-t-il ajouté.

L’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances visait à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales.

Selon le dernier rapport de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, Téhéran a tenu ses engagements.

Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’un rassemblement au Total Sports Park à Washington, Michigan, le 28 avril 2018. (AFP Photo / Mandel Ngan)

« Il est important que la population iranienne comprenne que ce n’est pas elle que nous combattons. Nous combattons le régime qui les réprime avec brutalité, qui arrête des femmes parce qu’elles dévoilent leurs cheveux, qui pend les homosexuels sur les places publiques, qui défie les aspirations à la liberté de millions et de millions d’Iraniens », a expliqué Netanyahu.

Bolton, un faucon, a été considéré comme un acteur essentiel dans la décision du retrait américain de l’accord sur le nucléaire.

Israël et la Maison Blanche partagent les mêmes préoccupations concernant l’Iran et son implication en Syrie, où Téhéran soutient le président Bachar al-Assad, également allié de la Russie.

Netanyahu n’a cessé d’exiger ces derniers mois que l’Iran se retire totalement de Syrie.

Netanyahu a par ailleurs salué Bolton qui a « consacré trois jours de rencontres et de discussions lors de votre visite en Israël. Ce n’est pas une mince affaire ».

« Votre séjour ici nous offre l’opportunité de renforcer encore notre relation et de rapprocher plus étroitement nos politiques sur l’Iran, sur la Syrie, sur Gaza, et sur les nombreux défis que doivent relever nos deux pays dans la région ».

Les deux hommes ont affirmé que les liens entre les deux nations n’avaient jamais été meilleurs. Bolton a noté avec application son « privilège et l’honneur de se trouver ici à Jérusalem, dans la capitale israélienne ».

Netanyahu a aussi remercié l’administration Trump pour son engagement en faveur de la sécurité de l’Etat juif. « Israël n’a pas de meilleur ami et allié que les Etats-Unis. Et je pense que les Etats-Unis n’ont pas de meilleur ami et allié qu’Israël », a-t-il dit.

Lors de sa tournée, Bolton doit aussi se rendre en Ukraine et à Genève, où il rencontrera le secrétaire général du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev jeudi.

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