Omer Barlev promet la capture des « terroristes en fuite » ; 4e jour de recherches
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Omer Barlev promet la capture des « terroristes en fuite » ; 4e jour de recherches

L’armée prolonge le bouclage de la Cisjordanie après des émeutes ; la violence s'étend également à Jérusalem-Est et dans les prisons ; déploiement de troupes pour les recherches

Des membres du service des opérations spéciales de la police aux frontières dans le village de Nau'ra alors qu'elles recherchent les six fugitifs palestiniens qui se sont évadés d'une prison de haute sécurité dans le nord d'Israël, le 7 septembre 2021. (Crédit : Flash90)
Des membres du service des opérations spéciales de la police aux frontières dans le village de Nau'ra alors qu'elles recherchent les six fugitifs palestiniens qui se sont évadés d'une prison de haute sécurité dans le nord d'Israël, le 7 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a promis jeudi matin la capture des six prisonniers palestiniens qui se sont évadés lundi de la prison de haute sécurité de Gilboa, et de gérer les problèmes qui ont rendu possible l’évasion.

« Nous mettrons la main sur ces terroristes en fuite, nous corrigerons les échecs qui ont conduit à ces évasions – et si nous constatons une négligence professionnelle, nous nous en occuperons également », a déclaré Barlev à la presse.

L’enquête sur l’évasion a été transférée jeudi du commandement nord de la police israélienne à l’unité des enquêtes criminelles internationales de Lahav 433, la division d’enquête spéciale de la police israélienne.

Le service pénitentiaire israélien a déclaré jeudi que les détenus de la prison de Gilboa – qui ont été transférés dans d’autres établissements après l’évasion – ne retourneront pas dans la prison de haute sécurité ni dans aucun autre établissement du nord, et seront plutôt répartis dans d’autres prisons du sud et du centre du pays.

Les autorités pénitentiaires ont également rapporté qu’elles renforceraient la sécurité dans les prisons, y compris avec des fouilles régulières des cellules, et qu’elles s’efforceraient de disperser les prisonniers du Jihad islamique entre différents établissements afin de les séparer les uns des autres.

Avec un soutien militaire d’ampleur, les forces de sécurité israéliennes ont entamé ce jeudi un quatrième jour de recherche des prisonniers dans tout le pays, dont l’évasion en début de semaine a déclenché des émeutes dans les prisons du pays, ainsi qu’en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

La police israélienne à un checkpoint temporaire dans la région de Gilboa, alors qu’elle recherche les six fugitifs palestiniens qui se sont évadés d’une prison de haute sécurité dans le nord d’Israël, le 7 septembre 2021. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

L’évasion des fugitifs, considérés comme très dangereux, est l’une des évasions de prison les plus graves de l’histoire du pays.

Les forces israéliennes ont déclaré mercredi qu’elles renforçaient les efforts de recherche, avec deux bataillons, six compagnies, deux équipes de reconnaissance, un certain nombre d’escouades de forces spéciales et d’équipes de surveillance aérienne. L’armée a également annoncé qu’elle prolongeait le bouclage de la Cisjordanie mercredi soir, face aux craintes d’une escalade de la violence dans la région.

Israël a déployé des drones, des checkpoints routiers et mené une mission à Jénine, en Cisjordanie, ville natale de la plupart des prisonniers évadés. Le Club des prisonniers palestiniens a déclaré que deux frères de Mahmud Ardah, décrits dans les médias locaux comme le cerveau de l’évasion, avaient été arrêtés.

L’armée a également placé en détention quatre autres personnes – un autre membre de la famille, le Dr. Nidal Ardah, ainsi que les deux frères d’un fugitif et le père de Munadel Infeiat, un autre évadé.

Les Palestiniens ont organisé mercredi soir des manifestations d’ampleur en Cisjordanie et à Jérusalem, dont certaines ont tourné à la violence, en solidarité avec les prisonniers évadés. Cinq des fugitifs sont membres du groupe terroriste du Jihad islamique ; le sixième est un chef terroriste notoire du Fatah.

Au total, quelque 400 Palestiniens ont affronté les troupes de Tsahal sur huit lieux en Cisjordanie, brûlant des pneus et lançant des pierres.

Dans au moins un cas, près de la place de Judée et de Samarie dans le district de Ramallah en Cisjordanie, des émeutiers auraient tiré à balles réelles contre des soldats israéliens, mais les ont manqués. Un incident similaire s’est produit au même endroit lors d’une violente manifestation en mai, au cours de laquelle deux soldats israéliens avaient été blessés.

Des troubles ont aussi été signalés près de la porte de Damas à Jérusalem, dans le quartier Issawiya de Jérusalem-Est, à Hébron, Hawara, Azzoun, près du tombeau de Rachel à Bethléem et ailleurs en Cisjordanie.

Deux Palestiniens ont été blessés par des balles en caoutchouc tirées par la police et un autre par une grenade assourdissante lors des affrontements à la porte de Damas à Jérusalem, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Dans la ville de Beita en Cisjordanie, deux Palestiniens ont été blessés par des tirs à balles réelles de l’armée, a déclaré le Croissant-Rouge.

À Hawara, près de Naplouse, au moins 100 Palestiniens ont été soignés par des médecins du Croissant-Rouge, la plupart d’entre eux pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par les forces israéliennes.

Pendant les affrontements à la porte de Damas, un bus israélien de la compagnie Egged a été visé par des pierres qui auraient été lancées par des manifestants palestiniens.

Aucun blessé n’a été signalé dans l’incident.

Un bus endommagé après que des pierres ont été lancées, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 septembre 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Dans les jours qui ont suivi l’évasion, des prisonniers de plusieurs prisons israéliennes ont aussi organisé des émeutes.

La prison de Ketziot a fait face à des troubles majeurs mercredi. Les détenus ont brûlé plusieurs cellules ainsi que plusieurs autres installations.

Une cellule incendiée à la prison de Ketziot à la suite d’émeutes de prisonniers palestiniens, le 8 septembre 2021. (Autorisation)

Les responsables israéliens de la défense craignent également que les groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en particulier le Jihad islamique, ne reprennent des tirs de roquettes depuis l’enclave en signe de solidarité.

Selon le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh, qui s’est dit « heureux » de l’évasion, « chaque prisonnier a le droit de chercher un moyen pour parvenir à sa liberté ».

Mercredi soir, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré qu’Israël était « préparé à toute éventualité ». Ces propos faisaient suite à une réunion avec le ministre de la Défense, le ministre de la Sécurité intérieure, le chef d’état-major de Tsahal, le chef du Shin Bet, le commissaire de la police israélienne, le commissaire du service pénitentiaire israélien, le conseiller à la sécurité nationale et d’autres hauts responsables de la défense.

Le bouclage de la Cisjordanie, une procédure de routine pendant les fêtes israéliennes et juives, a été mise en place avant les deux jours de la fête de Rosh HaShana, démarrée lundi soir. La fermeture devait prendre fin mercredi à minuit, mais se poursuivra jusqu’à samedi soir, a déclaré l’armée.

Cette prolongation vise à faciliter les recherches et à contribuer aux efforts de l’armée pour apaiser les tensions en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Des Palestiniens se mobilisent pour soutenir six fugitifs qui se sont évadés d’une prison de haute sécurité, dans la ville cisjordanienne d’Hébron, le 8 septembre 2021. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Le bouclage ne s’appliquera pas aux marchandises, qui seront toujours autorisées à traverser les points de passage de Cisjordanie et qui reprendront à Gaza jeudi. Les Palestiniens qui travaillent dans les implantations israéliennes de Cisjordanie pourront également aller travailler normalement à partir de jeudi, a déclaré l’armée israélienne.

L’armée a ajouté que des exceptions à la fermeture seront faites dans « des cas humanitaires, médicaux et irréguliers ».

Parmi les six évadés : Zakaria Zubeidi, commandant notoire du groupe terroriste des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa du Fatah, qui était en prison alors qu’il était en cours de procès pour de nombreux crimes, dont une tentative de meurtre.

Quatre des évadés ont été condamnés à la perpétuité dans le cadre avec des attaques meurtrières contre des Israéliens et pour leur affiliation avec le groupe terroriste du Jihad islamique. Le sixième prisonnier était en détention administrative et n’avait pas été inculpé d’un crime autre que celui d’appartenir au Jihad islamique.

Zakaria Zubeidi, alors commandant local de l’aile terroriste du Fatah, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, dans une voiture décorée d’une affiche de l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat, à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 2 décembre 2004. (Crédit : AP Photo/Mohammed Ballas)

On ignore si les évadés se trouvent toujours en territoire israélien ou s’ils ont atteint la Cisjordanie ou même la Jordanie.

Les six prisonniers de sécurité palestiniens qui se sont échappés de la prison de Gilboa le lundi 6 septembre 2021. (Capture d’écran : Bureau des prisonniers)

L’évasion a provoqué un tumulte dans le système pénitentiaire israélien. Des hauts responsables de la prison ont été convoqués pour être interrogés mardi soir, a rapporté Kan. Plus tôt dans la journée, au moins 14 membres du personnel du service des prisons ont été interrogés par la police, qui soupçonne les évadés d’avoir bénéficié d’une aide.

Deux membres des services pénitentiaires sont particulièrement suspectés, alors que les six évadés auraient passé environ 15 minutes à proximité d’une tour de garde à l’extérieur des murs de la prison sans se faire remarquer. Les deux fonctionnaires seront interrogés sous caution ce jeudi, a rapporté Kan.

Les responsables de l’administration pénitentiaire et la police sont largement critiqués pour les manquements qui ont facilité l’évasion, avec une litanie de bévues qui ont permis à l’évasion de se produire en premier lieu, et une incapacité à saisir la gravité de la situation pendant plusieurs heures après qu’elle se soit produite.

Les autorités ont déclaré qu’elles n’avaient réalisé aucune avancée dans la recherche des terroristes mercredi soir.

Judah Ari Gross, Emanuel Fabian et l’AFP ont contribué à cet article.

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