Cisjordanie : Des proches des prisonniers fugitifs auraient été arrêtés
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Cisjordanie : Des proches des prisonniers fugitifs auraient été arrêtés

Il y aurait eu des heurts entre les soldats israéliens et les Palestiniens aux environs de Jénine, dont sont originaires les six fuyards en cavale depuis plus de 48 heures

Des soldats israéliens montent la garde à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 6 septembre 2021. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Des soldats israéliens montent la garde à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 6 septembre 2021. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Les forces israéliennes ont arrêté en Cisjordanie lors de raids plusieurs membres des familles des détenus qui se sont échappés de la prison de Gilboa, ont annoncé mercredi matin les médias palestiniens alors qu’une chasse à l’homme importante est actuellement en cours pour retrouver les fugitifs.

Des proches de Mahmoud et de Mohammed Al-Arida auraient notamment été arrêtés dans la ville d’Arraba, à proximité de Jénine.

Les deux frères sont membres du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien. Ils purgeaient des peines de prison à vie quand ils se sont échappés avec quatre autres détenus de la prison de haute-sécurité de Gilboa, lundi – une évasion considérée comme l’une des plus graves de toute l’histoire du pays.

Des vidéos parues sur les réseaux sociaux montrent un convoi de véhicules militaires blindés traverser Arraba où des heurts opposant Palestiniens et soldats israéliens ont été rapportés.

Selon les médias palestiniens, les soldats auraient aussi arrêté le père de Munadil Nafayat dans la ville voisine de Yaabad. Il aurait été libéré quelques heures plus tard.

Nafayat, membre du Jihad islamique, avait été placé derrière les barreaux dans le cadre d’une détention administrative – qui permet d’emprisonner des suspects sans mise en examen préalable pour des raisons sécuritaires. Il est le seul fugitif à ne pas avoir été condamné pour un crime.

Mercredi également, la presse israélienne a indiqué que le service israélien des prisons avait renoncé à transférer des détenus appartenant au Jihad islamique palestinien actuellement incarcérés à la prison d’Ofer, en Cisjordanie, vers d’autres structures suite à des menaces d’émeutes.

« Ils ont peur d’eux, tout simplement », aurait déclaré un responsable du service des prisons, des propos repris par le quotidien Haaretz.

Le service des prisons a indiqué en réponse qu’il continuait à disperser, comme cela lui a été ordonné, les membres du Jihad islamique en les transférant dans des centres de détention variés, ajoutant qu’un nombre non précisé de prisonniers ayant fait part de leur opposition à ce transfert subiraient des sanctions disciplinaires.

Citant une source palestinienne, le journal a noté qu’un gardien de la prison de Gilboa avait été agressé pendant la nuit, aspergé d’eau bouillante par des détenus affiliés au Hamas. Le service des prisons a affirmé que le calme était revenu et que le gardien n’avait pas été blessé.

Les personnels de sécurité israéliens aux abords de la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

Mardi, le Jihad islamique a envoyé des hommes armés à Jénine avant les raids israéliens qui étaient attendus dans le cadre des recherches des six fuyards, qui sont considérés comme très dangereux.

En plus des frères Al-Arida et de Nafayat, deux autres fugitifs appartiennent aussi au Jihad islamique. Le groupe terroriste a menacé Israël depuis l’évasion, affirmant que des opérations à Jénine ou des représailles contre les membres de l’organisation actuellement derrière les barreaux en Israël auraient des conséquences.

« Si l’armée israélienne entre à Jénine, elle devra affronter le feu de nos nombreuses armes et explosifs », a affirmé le groupe, mardi, lors d’une conférence de presse organisée précisément à Jénine.

Zakaria Zubeidi, célèbre commandant de la Brigade des martyrs d’Al-Aqsa, l’aile militaire du Fatah, qui se trouvait en prison pendant son procès en cours, un procès où il est accusé d’une vingtaine de crimes – notamment de tentative de meurtre – fait aussi partie des fugitifs.

Selon la Douzième chaîne, le Fatah a envoyé certains de ses membres à Jénine avant les incursions attendues des Israéliens dans la localité.

De nombreux Palestiniens considèrent le camp de réfugiés de Jénine comme un refuge probable pour certains des six fuyards, voire pour tous. Tous sont originaires du secteur de Jénine, qui est largement devenu une zone interdite à l’armée israélienne et aux forces de sécurité palestiniennes.

Des jeunes Palestiniens avec une affiche du groupe du Jihad islamique qui dit en arabe : « La deuxième grande évasion des prisons de l’ennemi sioniste » pendant les réjouissances saluant l’évasion de six prisonniers d’une prison israélienne, dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 6 septembre 2021. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

La Treizième chaîne a annoncé que la police était parvenue à retracer le parcours emprunté par les six hommes après leur évasion de la prison et qu’elle n’avait trouvé aucun élément permettant de penser qu’ils avaient franchi les frontières d’Israël, mardi soir, ce qui indique qu’ils se trouveraient encore au sein de l’État juif ou en Cisjordanie.

Les militaires pensent que les fugitifs se sont séparés pour mieux prévenir toute capture et qu’ils pourraient être armés, a poursuivi la chaîne.

L’armée a renforcé ses déploiements sur la frontière avec Gaza, craignant que certains des évadés ne tentent de pénétrer au sein de l’enclave palestinienne. Elle a aussi envoyé des renforts sur la frontière avec la Jordanie, les autorités s’inquiétant de ce que les fugitifs puissent chercher à s’y réfugier.

L’évasion de lundi a entraîné l’émoi au sein du système israélien des prisons. D’éminents responsables de la prison ont été convoqués en vue d’un interrogatoire mardi soir, a fait savoir la chaîne publique Kan. Dans la matinée, au moins 14 employés du service avaient été interrogés par la police, cette dernière soupçonnant que les prisonniers en cavale ont pu bénéficier d’une aide dans leur fuite.

Les responsables des prisons et la police sont vivement critiqués pour des défaillances qui auraient facilité cette évasion – avec des erreurs commises qui ont permis à cette échappée belle de se produire initialement, et une incapacité manifeste à comprendre la gravité de ce qui était en train de se passer, ce qui a fait perdre plusieurs précieuses heures.

Les autorités ont annoncé qu’elle n’avaient pas progressé, mardi soir, dans leur recherche des fuyards.

La police des frontières israélienne dans le village de Naura à la recherche de six fugitifs palestiniens qui se sont échappés d’une prison de haute-sécurité dans le nord d’Israël, le 7 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

La police est aussi entrée dans les villages arabes de Naura et de Tamra, au sud-est d’Afula, et elle a perquisitionné les mosquées. De nombreux postes de contrôle ont été installés dans cette zone.

Les médias ont indiqué que les trois suspects auraient été arrêtés à Naura. Ils auraient aidé les six prisonniers à s’évader de la prison ou à quitter le secteur après leur fuite.

Les fugitifs ont parcouru en hâte environ trois kilomètres après être sortis d’un trou, sous les murs de la prison, ont précisé les responsables de la police. Ensuite, certains d’entre eux seraient montés à bord d’un véhicule qui les attendait, selon la Douzième chaîne.

Les six individus se sont évadés par le biais d’un tunnel, dans le système d’écoulement de leur cellule. Les officiels expliquent qu’une défaillance de la structure leur a permis de ne pas avoir à creuser le sol pour se créer un passage jusqu’à la sortie.

Les responsables de la sécurité s’inquiètent de ce que les six individus ne commettent un attentat terroriste contre des civils israéliens. D’éminentes personnalités ont, de leur côté, estimé que cela était peu probable.

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