Oren : Si Obama tend la main à l’islam, c’est parce que deux figures paternelles musulmanes l’ont abandonné
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Oren : Si Obama tend la main à l’islam, c’est parce que deux figures paternelles musulmanes l’ont abandonné

Dans son 3e édito de la semaine, l’ancien ambassadeur et député affirme que l’Histoire pourrait juger la politique du président sur l'islam comme naïve et détachée de la réalité

Dans un éditorial publié ce vendredi, Michael Oren, député étiqueté Kulanu à la Knesset et ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, hasarde que l’insistance montrée par le président Barack Obama pour tendre la main au monde musulman peut provenir du fait qu’il a été abandonné par deux figures paternelles musulmanes et chercherait donc à être accepté par leurs coreligionnaires.

Dans l’article, publié dans les pages de Foreign Policy Magazine, Oren avance également que l’approche d’Obama sur les questions du Moyen-Orient pourrait passer à la postérité comme étant naïve et de faible efficacité.

Il s’agit du troisième édito publié dans un grand média américain dans lequel Oren critique Obama et ce en moins d’une semaine.

L’ancien ambassadeur a publié « Comment Obama a abandonné Israël » dans le Wall Street Journal, suivi de « Pourquoi Obama se trompe à propos d’un Iran « rationnel » sur les armes nucléaires » dans le Los Angeles Times.

Il a également donné une longue interview au Times of Israel cette semaine où il a répété les accusations que l’on trouve dans son nouveau livre « Ally ».

L’administration Obama a répondu amèrement aux critiques passées d’Oren à l’égard du président, les qualifiant d’« absolument fausses ».

Son homologue, l’ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a déclaré qu’Oren était motivé par le désir de vendre des livres.

Mais tandis que Moshe Kahlon, le chef du parti Koulanou auquel appartient Oren, s’est excusé mercredi et que le parti a pris ses distances par rapport à l’édito du Wall Street Journal, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait rejeté une demande des États-Unis à faire de même.

Les Rêves de mon père par Barack Obama
Les Rêves de mon père par Barack Obama

Dans l’article de Foreign Policy de vendredi, Oren écrit que « l’attitude d’Obama envers l’islam provient clairement de ses interactions personnelles avec les musulmans. Celles-ci ont été décrites en détail dans ses mémoires naïves « Les Rêves de mon père » publiées 13 ans avant qu’il ne remporte la présidentielle. Obama a écrit avec passion à propos des villages kenyans où, après de nombreuses années d’errance, il a trouvé le foyer le plus chaleureux et à propos de son enfance en Indonésie. Je peux imaginer comment un enfant élevé par une mère chrétienne peut se voir comme un pont naturel entre ses deux maris musulmans. Je pourrais aussi avancer que l’abandon de l’enfant par ces hommes pourrait le conduire, plusieurs années plus tard, à demander être accepté par leurs coreligionnaires ».

Oren détaille une hypothèse similaire dans son nouveau livre, reconnaissant qu’il le fait « au risque de faire de la psychanalyse de comptoir ».

Dans « Ally », Oren dit aussi il a parcouru, en vain, « Les Rêves de mon père » « pour y trouver des traces de considération, ou même de respect, pour le pays que son auteur serait un jour amené à diriger ».

Mais à la place, Oren aurait décelé autre chose : « Le livre critique les Américains pour leur capitalisme et la consommation de la culture, pour la destruction de leur environnement et pour le maintien de structures de pouvoir archaïques ».

Il affirme aussi qu’Obama a accusé les Américains voyageant à l’étranger d’être dans « l’ignorance et l’arrogance ». Soit les mêmes qualificatifs auxquels le président l’a associé lui-même, comme le note sèchement Oren.

Dans l’article publié dans les colonnes du Foreign Policy, Oren poursuit en disant que « les historiens considéreront probablement rétrospectivement la politique d’Obama envers l’islam avec un mélange de curiosité et d’incrédulité. Alors que certains peuvent reconnaître au président ses bonnes intentions, d’autres pourraient lui reprocher d’être naïf et détaché d’une réalité complexe et de plus en plus meurtrière ».

Ally, par Michael Oren
Ally, par Michael Oren

Notant que la compréhension de la personnalité d’Obama était cruciale pour son rôle d’ambassadeur, un poste qu’il a occupé de 2009 à 2013, Oren affirme également qu’il s’est plongé lui-même dans une étude « Obama de A à Z » et « consacré des mois à l’étude du nouveau président, en s’abreuvant de ses discours , interviews, communiqués de presse et souvenirs, et en rencontrant plusieurs de ses amis et supporters ».

Il dit que pendant son mandat de quatre ans comme ambassadeur, il a rarement été surpris par l’approche de la présidence, en particulier sur les dossiers du Moyen-Orient ou du monde musulman.

Oren affirme que c’est cette approche-là qui a conduit Obama à « boycotter » un grand rassemblement à Paris en présence de dizaines de dirigeants du monde entier à la suite des attaques terroristes djihadistes dévastatrices en janvier dernier au siège de Charlie Hebdo, et à une épicerie casher au cours de laquelle quatre hommes juifs ont été tués.

« Le président ne pouvait pas participer à une manifestation contre les musulmans radicaux puisqu’il voit leurs motivations comme une distorsion de l’islam, et non son interprétation radicale », écrit Oren dans Foreign Policy.

Quelques mois après les attaques terroristes, Obama a été vivement critiqué pour un certain nombre de déclarations dans les médias américains dans lesquelles il semblait rejeter le caractère antisémite de l’attaque de l’épicerie casher, condamnant alors les « fanatiques vicieux qui … tirent au hasard sur quelques innocents dans une épicerie ».

Oren dit que ces commentaires étaient une extension de la pensée d’Obama sur l’islam et le Moyen-Orient.

« Puisqu’il n’y a pas de terroristes stimulés par l’islam, il ne peuvent pas avoir délibérément choisi une boutique juive avec des victimes juives prédestinées, mais seulement une épicerie et des gens présents par hasard, » accuse Oren.

Oren, un historien américain auteur de nombreux livres à succès, écrit des éditos qui coïncident avec la publication de « Ally ».

Oren également donné une interview au Times of Israel cette semaine dans laquelle il a parlé en détail de son prochain livre. Il a dit « Ally » est
« un cri du coeur … pour une alliance qui devrait être en bien meilleur état qu’elle ne l’est ».

Il a également affirmé qu’il voulait voir le livre publié dès que possible parce que « nous sommes désormais à un moment crucial avec la question iranienne, et il est très important de remettre certaines pendules à l’heure alors que nous entrons dans ce qui pourrait être une période fatidique pour l’Etat d’Israël. »

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