Paris propose une présence internationale au mont du Temple, Israël refuse
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Paris propose une présence internationale au mont du Temple, Israël refuse

Netanyahu critique sévèrement la proposition "absurde" ; Levin a affirmé que Jérusalem avait obtenu le soutien de Washington pour contrer la proposition

Vue sur le mont du Temple, le 12 décembre 2013 (Crédit : Flash90)
Vue sur le mont du Temple, le 12 décembre 2013 (Crédit : Flash90)

Israël s’indignait dimanche d’une idée française de présence internationale sur l’ultra-sensible mont du Temple à Jérusalem, accusant Paris de « récompenser le terrorisme ».

« En reprenant à son compte les fausses accusations lancées par les dirigeants palestiniens sur le changement du statu quo sur le mont du Temple, le texte proposé par la France récompense le terrorisme que les Palestiniens ont initié », a affirmé dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères.

La France a annoncé son intention de proposer au Conseil de sécurité des Nations unies une déclaration prévoyant une présence internationale sur le site qui cristallise les tensions actuelles entre Palestiniens et Israéliens.

Le site sacré est régi par des règles (dites le « statu quo ») qui autorisent les juifs à s’y rendre à certaines heures mais leur interdit d’y prier.

Les musulmans peuvent y prier à toute heure mais sont régulièrement soumis aux restrictions de la part des Israéliens qui en contrôlent l’accès, quand des heurts se sont produits, par exemple.

Les Palestiniens accusent Israël de vouloir modifier le statu quo, ce dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est toujours défendu.

Le ministère israélien des Affaires étrangères accuse la France de rester silencieuse « sur les causes réelles de la vague d’attaques au couteau perpétrées par des Palestiniens, à savoir les incitations à la violence contre Israël et son peuple ».

Le ministre du Tourisme, Yariv Levin, membre du Likud, a affirmé à la radio publique qu’Israël « a obtenu le soutien des Américains pour bloquer l’initiative française. Nous n’accepterons pas une remise en cause de la souveraineté d’Israël sur Jérusalem réunifiée ».

Des proches du Premier ministre israélien cités par les médias ont indiqué que l’incendie vendredi par des Palestiniens du tombeau de Joseph, un lieu révéré par les juifs à Naplouse en Cisjordanie, « illustre ce qui pourrait arriver dans les lieux saints lorsqu’ils ne sont pas contrôlés par Israël ».

Yariv Levin devant la résidence du Premier ministre s'adresse à une foule de manifestants de droite, le 5 octobre 2015 (Crédit : capture d'écran)
Yariv Levin devant la résidence du Premier ministre s’adresse à une foule de manifestants de droite, le 5 octobre 2015 (Crédit : capture d’écran)

Samedi dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fustigé la proposition de la France de déployer des observateurs internationaux sur le mont du Temple de Jérusalem en réponse à l’actuel cycle de violence, proposition qu’il a qualifiée d’idée foncièrement absurde.

Selon le journal français Le Figaro, la France a déposé vendredi soir dernier un projet de texte relatif à ce sujet au Conseil de sécurité des Nations unies.

« Les individus qui ont apporté des engins explosifs et ont lancé des bombes étaient des Palestiniens, ceux sont eux qui ont transformé le mont du Temple en esplanade de la terreur », a expliqué Netanyahu. « Israël maintient le statu quo [sur le site] et s’engage à ce qu’il perdure ».

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a également critiqué cette proposition et a affirmé, samedi soir dernier, qu’une telle initiative ne ferait que récompenser le terrorisme palestinien.

« La proposition de la France de déployer des observateurs internationaux sur le mont du Temple est partiale et biaisée », a déclaré Erdan, faisant ainsi écho aux commentaires de Netanyahu. « Nous travaillons actuellement avec les Etats-Unis pour contrecarrer ce dispositif ».

« Si l’on s’en tient aux faits, ceux qui ont transformé le mont du Temple en esplanade de la terreur sont les Palestiniens. Ce sont eux qui tentent de mettre à mal le statu quo et empêchent les Juifs de se rendre sur place. Ce sont eux qui provoquent l’incitation et qui mentent à propos des événements sur le mont du Temple », affirme-t-il.

« Israël s’est engagé à maintenir le statu quo et continuera dans cette direction. Ceux qui souhaitent installer des observateurs internationaux ne font qu’apporter de l’eau au moulin de la violence palestinienne et saper la souveraineté israélienne ».

La ministre adjointe aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
La ministre adjointe aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La ministre-adjointe aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a pour sa part déclaré en réponse à cette proposition que « toute implication internationale sur le mont du Temple entrave la souveraineté israélienne ».

« Les fausses accusations répandues par les Palestiniens sur le mont du Temple sont la cause de la terrible vague de violence qui sévit actuellement », a-t-elle ajouté, pressant la communauté internationale de mettre fin à « la fausse incitation et à la violence brutale et de ne pas croire au narratif qui encourage le terrorisme ».

Les violences ont débuté le mois dernier et ont, au cours de ces dernières semaines, dégénéré en une vague d’attaques terroristes quasiment quotidiennes contre des civils israéliens et les forces de sécurité. Ce mois-ci, sept Israéliens ont été tués et de nombreux autres ont été blessés au cours de 31 attaques au couteau perpétrées par des Palestiniens.

Les Palestiniens affirment qu’Israël cherche à changer le statu quo au mont du Temple – site sacré aussi bien pour les Juifs que pour les Musulmans – accusation qu’Israël dément fermement. Les Juifs peuvent se rendre au mont qui abrite la mosquée Al-Aqsa mais ne peuvent pas y prier.

Le Figaro a rapporté que le conseil de 15 membres devait se prononcer sur ce dispositif qui, s’il était adopté, pourrait faire l’objet d’une déclaration endossée par le président des Nations unies, poste actuellement occupé par l’Espagne.

« Il s’agit de mettre en place des observateurs indépendants capables de recenser d’éventuelles violations du statu quo [sur le mont du Temple] », précise une source citée par le journal.

L’ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre, aurait fait circuler un projet de texte appelant au calme mais il n’était nulle part question de faire appel à des observateurs internationaux dans les précédents rapports des medias sur la question.

Capture d’écran François Delattre (Crédit : YouTube)
Capture d’écran François Delattre (Crédit : YouTube)

Cette proposition n’est pas une résolution et ne saurait être obligatoire.

Le conseil s’est réuni vendredi au cours d’une session d’urgence pour discuter de la poursuite des violences à Jérusalem et en Cisjordanie et des tensions autour du mont du Temple.

Au cours de cette réunion, Israël a refusé les appels des Palestiniens pour qu’une force internationale soit déployée à Jérusalem Est pour encourager un retour au calme autour du mont du Temple et de la Mosquée al-Aqsa, point de départ des violences.

« Je vais être très clair : Israël ne tolèrera aucune présence internationale sur le mont du Temple. Une telle présence changerait le statu quo », a déclaré David Roet, vice-ambassadeur israélien, au Conseil de sécurité des Nations unies.

La Jordanie, également membre du conseil, a exigé que ces pourparlers urgents aient lieu, suite à une réunion d’ambassadeurs arabes qui avaient exprimé jeudi dernier leur inquiétude face à la dégradation de la situation.

Palestinian UN observer Riyad Mansour (photo credit: United Nations Media Center)
Riyad Mansour (Crédit: United Nations Media Center)

L’envoyé palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour, a demandé au Conseil de sécurité de fournir une protection internationale au lieu saint. Mais Roet a affirmé qu’Israël respectait toutes les religions pratiquées dans la ville. Il a également ajouté que les Palestiniens refusaient de reconnaître les droits des Juifs dans les lieux saints de la capitale.

Vendredi, des Palestiniens ont incendié un lieu saint juif dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, jour où ils ont organisé un « vendredi de révolution » contre Israël et un homme, déguisé en photographe, a poignardé un soldat israélien à Hébron avant d’être abattu.

Avant cette réunion, le nouvel ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, a affirmé que le conseil n’avait pas besoin d’une autre discussion générale autour de la situation mais plutôt d’une réunion consacrée à « l’incitation sauvage » à laquelle se livre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui, selon lui, encourageait une vague d’attaques terroristes contre les Israéliens.

Un tableau anatomique publié sur Facebook montrant les parties du corps à atteindre en poignardant la victime (Photo: Autorisation MEMRI)
Un tableau anatomique publié sur Facebook montrant les parties du corps à atteindre en poignardant la victime (Photo: Autorisation MEMRI)

« Les Israéliens se font poignarder, bombarder, ils sont poursuivis et lapidés et, malgré cela, le conseil reste silencieux », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a présenté une affiche palestinienne qui décrit le moyen le plus efficace de poignarder des Juifs et a affirmé que le pouvoir palestinien a « mis en place un incubateur qui élève les enfants comme des terroristes ».

« Au lieu de les éduquer et de les sensibiliser à la paix et à la tolérance, le pouvoir palestinien leur lave le cerveau et leur inculque l’incitation et la haine », a-t-il indiqué.

L’AFP a contribué à cet article.

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