Peine de prison écourtée pour des conjoints violents, des délinquants sexuels
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Peine de prison écourtée pour des conjoints violents, des délinquants sexuels

Ces condamnés ont bénéficié d'une libération anticipée en raison de la surpopulation carcérale ; des groupes de défense fulminent : "C'est une gifle en plein visage"

Les prisonniers quittent la prison de Maasiyahu à Ramle le 20 décembre 2018, après que l'État a libéré 970 prisonniers des prisons dans le cadre d'une décision de la Haute Cour de justice. (Avi Dishi / Flash90)
Les prisonniers quittent la prison de Maasiyahu à Ramle le 20 décembre 2018, après que l'État a libéré 970 prisonniers des prisons dans le cadre d'une décision de la Haute Cour de justice. (Avi Dishi / Flash90)

Près d’un millier de détenus ont été libérés prématurément jeudi en raison de la surpopulation carcérale, notamment des auteurs de violences domestiques et des délinquants sexuels condamnés.

La libération anticipée de 970 condamnés de 29 prisons d’Israël découle d’une décision de la Haute Cour de justice de l’année dernière ordonnant à l’État de fournir plus d’espace vital aux prisonniers.

Parmi les personnes libérées se trouvaient 247 prisonniers purgeant une peine de prison pour violences domestiques et 49 condamnés pour crimes sexuels, selon un article du quotidien Haaretz

La décision d’inclure ces prisonniers parmi ceux libérés jeudi a été condamnée par des groupes de défense des droits des femmes et des enfants.

Les prisonniers quittent la prison Maasiyahu à Ramle le 20 décembre 2018, après que l’État a libéré 970 prisonniers des prisons israéliennes dans le cadre d’une décision de la Haute Cour de justice. (Avi Dishi / Flash90)

« La décision peut avoir des conséquences profondes pour les mineurs », a annoncé le Conseil national israélien pour l’enfant, cité par le site d’information Ynet dans une lettre adressée au chef de l’administration pénitentiaire israélienne concernant la libération prévue des prisonniers reconnus coupables d’abus sexuels sur des mineurs.

La lettre disait qu’il semblait que des ordonnances rendant obligatoire la surveillance des délinquants sexuels n’avaient pas encore été émises, « même si certains de ces délinquants sont considérés comme dangereux ».

Le groupe des femmes d’Israël a qualifié les libérations anticipées de « choquantes et scandaleuses ».

« La libération de centaines d’hommes qui n’ont pas de plan de traitement spécialisé et complet placera beaucoup plus de femmes dans une situation dangereuse, y compris inquiétante pour leur vie « , a dit le groupe à Ynet.

« C’est une gifle en plein visage, » ajoute-t-il.

Des milliers de personnes se rassemblent sur la place Rabin à Tel-Aviv dans le cadre d’une grève nationale pour protester contre la violence à l’égard des femmes, le 4 décembre 2018 (Miriam Alster / Flash90).

La libération anticipée des prisonniers reconnus coupables de violences domestiques et sexuelles fait suite à des manifestations contre la violence qui a coûté la vie à 25 femmes dans le pays depuis le début de l’année.

Les organisateurs ont appelé les femmes de tout le pays à poursuivre leurs protestations en faisant grève tous les jours à 10 heures pendant 25 minutes jusqu’à ce que le gouvernement approuve un budget bloqué de 250 millions de NIS (66 millions de dollars) pour une campagne contre la violence faite aux femmes.

Plus tôt ce mois-ci, des milliers de femmes ont fait grève et des dizaines de milliers d’entre elles se sont rassemblées dans tout le pays pour protester contre les femmes tuées par leur partenaire, un membre de leur famille ou quelqu’un qu’elles connaissaient, et selon elles, les autorités n’ont pas réussi à enrayer une augmentation marquée de la violence faite aux femmes.

Les manifestations ont eu lieu après que les corps de deux adolescentes, tuées dans des incidents distincts, ont été retrouvés le 26 novembre.

Il y a eu plusieurs manifestations contre l’inaction du gouvernement depuis les meurtres, et des militants ont également coloré les eaux de plusieurs fontaines publiques rouge sang, dont une fontaine située devant de la résidence du Premier ministre.

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