Pence à l’AIPAC : Trump envisage toujours de déplacer l’ambassade à Jérusalem
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Pence à l’AIPAC : Trump envisage toujours de déplacer l’ambassade à Jérusalem

Dans un discours passionné, le vice-président a célébré le nouvel envoyé en Israël, Friedman, et juré que l’administration confronterait l’Iran et chercherait un accord de paix israélo-palestinien

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président américain Mike Pence pendant la conférence politique annuelle de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 26 mars 2017. (Crédit : capture d'écran)
Le vice-président américain Mike Pence pendant la conférence politique annuelle de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 26 mars 2017. (Crédit : capture d'écran)

WASHINGTON – Le vice-président américain Mike Pence a donné un discours passionné dimanche soir pendant la conférence politique annuelle de l’AIPAC, jurant au nom de la nouvelle administration de mettre en place un agenda politique pro-Israël sans complaisance, qui comprend, a-t-il déclaré, la possibilité de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

« Le président des Etats-Unis envisage sérieusement de déplacer l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv », a déclaré Pence devant près de 18 000 personnes présentes au centre Verizon de la capitale américaine, qui ont accueilli chaleureusement son discours.

Le président américain Donald Trump avait promis pour la première fois de mettre en œuvre le déménagement de l’ambassade devant la même conférence politique de l’AIPAC l’année dernière, alors qu’il n’était que candidat, et il a signalé à plusieurs reprises son intention de tenir cette promesse électorale pendant la période de transition entre son élection et son investiture.

Mais depuis qu’il a pris le pouvoir et la responsabilité de mener la politique étrangère de la nation, il a fléchi sur ce projet. Pour l’instant, l’ambassade américaine reste à Tel Aviv. Trump a signalé que c’était quelque chose qu’il finirait par faire, mais aussi que c’était peu probable dans un futur proche.

Le vice-président a également abordé trois grands thèmes de la politique étrangère de l’administration : renforcer la relation israélo-américaine, empêcher Téhéran d’obtenir un arsenal nucléaire, et tenter de conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

« Le président Trump a précisé que l’engagement des Etats-Unis envers la défense d’Israël était non négociable, a-t-il déclaré. Pas maintenant, ni jamais. »

Le commandant en chef, a déclaré Pence, est « intéressé à trouver une résolution juste et équitable au conflit israélo-palestinien. »

Il a cité la dernière série de discussions entre le représentant spécial de Trump pour les négociations internationales, Jason Greenblatt, et une délégation israélienne, pendant lesquelles Greenblatt a tenté de conclure un accord sur les implantations et de créer les conditions pour commencer les pourparlers de paix.

Le vice-président n’a cependant pas cité la solution à deux états comme résolution recherchée par l’administration. Le président lui-même n’a pas soutenu explicitement cette politique, même s’il ne l’a pas non plus exclue.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)

Pendant une conférence de presse commune avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu en février, Trump n’a pas imité son prédécesseur en insistant sur une solution à deux états. « Je regarde [la solution à] deux états et un état, et j’aime celle que les deux parties aiment », avait-il déclaré.

Les récentes rencontres de Greenblatt avec des responsables israéliens et palestiniens, notamment avec Netanyahu et avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avaient pour objectif d’envoyer un message, que Trump « est engagé à la création d’une paix durable au Moyen Orient », a déclaré Pence à l’AIPAC.

Pence a cherché à garantir au public qu’aucun plan de paix mis en avant par l’administration ne mettra Israël en danger. « Le président Trump ne fera jamais de compromis sur la sécurité de l’Etat juif », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Cet engagement comprend une politique de confrontation du régime iranien. « L’Amérique restera forte face au premier état sponsor du terrorisme, a déclaré Pence. Cette administration a mis l’Iran en garde. L’Amérique ne tolèrera plus les tentatives de l’Iran de déstabiliser la région et de mettre en danger la sécurité d’Israël. »

« Sous le président Trump, a-t-il ajouté, l’Amérique ne permettra pas à l’Iran de développer une arme nucléaire. »

Pence a également touché une corde sensible de ce public de fervents défenseurs d’Israël. « Sous le président Trump, les Etats-Unis ne permettront pas aux Nations unies d’être utilisées comme un forum pour des invectives contre Israël », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)
Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

Son discours survient trois mois à peine après que l’administration Obama a permis le passage, en n’apposant pas son veto, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui affirme que les implantations israéliennes sont illégales et sont un obstacle à la paix.

L’ancien gouverneur de l’Indiana a suggéré que l’ambassadrice choisie par Trump pour représenter les Etats-Unis auprès de l’institution mondiale, Nikki Haley, représentait un changement de la politique américaine.

« Regardez simplement les actions prises par le président Trump depuis qu’il a pris le pouvoir, comme la nomination de la gouverneure Nikki Haley pour être ambassadrice aux Nations unies », a-t-il déclaré devant le public enthousiaste.

Haley, qui doit s’adresser lundi à la conférence, a récemment mené le boycott américain du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies en raison de ce que l’administration appelle son parti-pris anti-Israël.

Pence a également rendu hommage à David Friedman, ami de longue date de Trump et avocat spécialiste des faillites, qui a été confirmé la semaine dernière au poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Israël par le Sénat américain.

David Friedman lors d'une audience avec la commission sénatoriale des Affaires étrangères à Washington, D.C., le 16 février 2017. (Crédit : Zach Gibson/AFP)
David Friedman lors d’une audience avec la commission sénatoriale des Affaires étrangères à Washington, D.C., le 16 février 2017. (Crédit : Zach Gibson/AFP)

« David est un défenseur imperturbable d’une forte relation israélo-américaine », a-t-il déclaré. Le natif de Long Island, âgé de 57 ans, était présent à la conférence et a été longuement ovationné. « Je dois vous le dire, je ne peux pas attendre, a poursuivi Pence. Cette semaine, ce sera à mon honneur de faire prêter le serment d’ambassadeur à David Friedman. »

Malgré le statut de Trump, qui est un personnage clivant pour la communauté juive américaine – seuls 25 % des électeurs juifs ont voté pour lui en 2016 – Pence a remercié les partisans de l’AIPAC de l’avoir aidé à remporter l’élection en novembre dernier.

« Je suis ici pour exprimer ma gratitude à tous ceux d’entre vous qui ont aidé à élire un homme, dont je sais qu’il rendra sa grandeur à l’Amérique », a-t-il déclaré en reprenant le slogan de campagne de Trump.

Pence a ensuite cité la déclaration de Trump devant le Congrès le mois dernier, qui condamne les vagues d’attaques antisémites qui ont terrorisé les communautés juives de tout le pays, notamment par des menaces à la bombe, des profanations de cimetières et d’autres crimes racistes.

L'adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d'avoir fait des dizaines d'alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu'il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L’adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d’avoir fait des dizaines d’alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu’il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La semaine dernière, la police israélienne a arrêté, après une enquête commune avec le FBI, un adolescent israélo-américain d’Ashkelon, une ville du sud d’Israël. Il est considéré comme le suspect principal des menaces à la bombe contre des institutions juives des Etats-Unis, du Canada et d’ailleurs. L’arrestation d’un suspect juif a déconcerté les critiques qui liaient les fausses menaces à la bombe à la l’élection de Trump.

Beaucoup dans la communauté juive américaine ont exprimé leur frustration qu’il ait fallu à Trump si longtemps pour dénoncer spécifiquement l’antisémitisme. Depuis janvier, quelques 150 menaces à la bombe ont été proférées contre des centres communautaires, des écoles juives et des musées dans tous les Etats-Unis.

« Je n’ai jamais été plus fier que pendant le premier discours devant une session conjointe du Congrès, quand il s’est arrêté pour condamner les menaces et les actes de vandalisme contre les centres communautaires juifs dans tous les Etats-Unis », a déclaré Pence dimanche.

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