Plus aucune femme aux élections municipales de Tel Aviv et de Jérusalem
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Plus aucune femme aux élections municipales de Tel Aviv et de Jérusalem

Rachel Azaria soutiendra finalement Zeev Elkin ; Zippi Brand Frank a rejoint Asaf Zamir à Tel Aviv, des questions importantes liées aux femmes pourraient se trouver laissés de côté

Rachel Azaria, députée de Koulanou. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Rachel Azaria, députée de Koulanou. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Après que la députée du parti Koulanou Rachel Azaria a abandonné la course au siège de maire de la municipalité de Jérusalem, la semaine dernière, et que Zippi Brand Frank a rejoint Asaf Zamir qui va tenter de remplacer Ron Huldaï, maire de longue date de Tel Aviv, il n’y a dorénavant plus une seule femme en lice dans le scrutin municipal des deux plus importantes villes d’Israël.

Ces retraits indiquent également que des problèmes importants pour les femmes, au sein des deux municipalités, pourraient passer à l’arrière-plan. La campagne d’Azaria avait connu des difficultés après que sa faction a accumulé les dettes pour financer une plainte qui avait eu pour objectif de contraindre la compagnie de transport Egged, qui exploite la majorité des lignes de bus à Jérusalem, à poser des affiches de publicités sur les côtés de ses véhicules avec des visages de femmes – même si ces derniers sont régulièrement vandalisés par les ultra-orthodoxes.

A Tel Aviv, Brand Frank avait programmé de mettre en place, avec son parti, une plate-forme centrée autour des parents et des enfants. Elle nourrit dorénavant l’espoir d’obtenir le portefeuille de l’éducation, après être passée numéro deux sur la liste de son ancien rival Asaf Zamir.

Azaria, dernière femme en lice pour la mairie de Jérusalem, s’est retirée de la course mercredi en annonçant qu’elle se rangeait derrière la candidature du ministre de la Protection environnementale Zeev Elkin, issu du Likud.

« J’ai été fière de cette opportunité historique d’être candidate à la mairie [de Jérusalem] et de briser ainsi le plafond de verre. Je retire ma candidature parce que j’estime qu’une telle démarche relève de ma responsabilité à l’égard de Jérusalem », a-t-elle déclaré mercredi soir lors d’une conférence de presse dans la capitale.

« Elkin est le seul candidat sioniste susceptible de gagner », a ajouté Azaria.

Selon un communiqué du mouvement Yerushalayim Tatzliah (« Jérusalem réussira ») d’Elkin, Azaria restera à la Knesset et ne servira pas au conseil municipal mais deux membres de sa faction Yerushalayim seront placés à la quatrième et à la sixième place de la liste d’Elkin.

Dimanche, la branche de Jérusalem du parti du Likud du Premier ministre Netanyahu a demandé à ce dernier de retirer son soutien à Elkin, lui disant qu’Elkin a présenté une liste « d’extrémistes de gauche » pour le conseil municipal qui pourraient « placer le Likud dans une situation dangereuse avec ses partenaires ».

Le ministre du Likud Zeev Elkin (G) et Moshe Lion au Parlement israélien le 26 mars 2015 (Yonatan Sindel/FLASH90).

La fusion de ces deux listes vient renforcer la candidature d’Elkin contre celle de Moshe Lion, membre du conseil municipal, lui-même appuyé par les partis Shas et Yisrael Beytenu, et contre celle du laïc Ofer Berkovitch. La branche de Jérusalem du Likud a pour sa part apporté son soutien à Lion face à Elkin.

La population ultra-orthodoxe non-sioniste de Jérusalem constitue plus d’un tiers des électeurs juifs de la capitale et elle a représenté un potentiel de vote décisif dans les scrutins municipaux, ces dernières années. La population arabe, pour sa part, boycotte traditionnellement la course à la mairie.

Selon le site Ynet, Azaria aurait offert son soutien à Berkovitch au début du mois lors d’une rencontre avec les partisans de la faction Hitorerut (« Eveil »). Ils auraient refusé sa demande de couvrir les dettes de campagne engagés par la candidate.

Sa campagne avait accumulé des dettes en partie après le financement d’une plainte qui avait eu pour objectif de forcer la compagnie de bus Egged à placer des publicités avec des visages féminins sur ses véhicules.

Ofer Berkovitch, député-maire et chef de la faction de l’éveil (« Hitorerut »), photographié le 18 juillet 2013 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Tandis que les factions de Berkovitch et d’Azaria sont considérées comme idéologiquement proches et qu’ils sont tous les deux soutenus par la population laïque et pluraliste de Jérusalem, les deux personnalités ne s’entendent guère.

Le retrait d’Azaria n’est pas une surprise. Elle restait largement à la traîne derrière les trois favoris, Elkin, Berkovitch et Lion, depuis qu’elle avait annoncé sa candidature au mois de juin.

Azaria est la troisième candidate à s’être retirée après Yossi Havilio, un laïc qui a par ailleurs annoncé soutenir dorénavant Berkovitch, et le militant palestinien Aziz Abu Sarah, qui a déclaré qu’il renonçait à se présenter au début du mois.

Et pourtant, les candidats en lice restent nombreux. Même après le retrait de Havilio, d’Abu Sarah et d’Azaria, les postulants incluent encore les trois favoris mais aussi Avi Salman, peu connu, le candidat haredi Yossi Deitch, et l’adjoint au maire d’extrême-droite Aryeh King.

Le premier tour des élections locales est prévu le 30 octobre. Si aucun candidat ne réunit plus de 40 % des votes, un second tour aura alors lieu à la mi-novembre pour départager les deux favoris.

Tel Aviv

Pendant ce temps, à Tel Aviv, un mois avant les élections municipales, les deux principaux candidats pour le scrutin sont Ron Huldaï, à la tête de la liste Tel Aviv 1 et maire depuis 19 années consécutives, et Zamir, son ancien protégé devenu son adversaire, qui dirige le parti Rov Hair (« Majorité de la ville »). Zamir, 38 ans, a été l’adjoint de Huldaï depuis 10 ans avant de s’éloigner de son mentor et de se présenter en indépendant.

La candidate au conseil de Tel Aviv Zippi Brand Frank (Autorisation/www.zippi-brand.co.il)

La principale candidate Tzipi Brand Frank, productrice de documentaires lauréate qui s’est tournée il y a quelques années vers la politique, âgée de 48 ans, avait l’intention de se présenter à la mairie et de faire avancer le projet d’une plate-forme centrée sur les parents et les enfants avec son parti.

Elle a finalement décidé de se retirer de la course après avoir été convaincue par Zamir que son agenda serait mieux servi si lui-même remportait les élections. Brand figure dorénavant à la deuxième place de la liste de Zamir.

Jusqu’à récemment, Brand ne s’était pas privée d’attaquer Zamir, en particulier en ce qui concerne le système d’éducation municipal.

Selon le quotidien Haaretz , Zamir a offert à Brand de choisir le portefeuille qu’elle désirerait s’il devait gagner les élections. Si Zamir s’incline mais qu’il rejoint la coalition au pouvoir dans la ville, Brand remportera le deuxième portefeuille le plus important détenu par la faction, a fait savoir l’article.

« J’ai pris sur moi de promouvoir un changement réel au sein du système politique municipal et j’ai été convaincue qu’avec Zamir, nous serons en mesure de faire avancer toutes les questions pour lesquelles je me suis battue seule au nom des résidents de Tel Aviv », a confié Brand à Haaretz.

« Nous sommes maintenant en mesure de concrétiser toutes les questions dont nous avons débattu, avec une plus grande force et un soutien plus important – avec, en premier lieu, une révolution au sein de l’éducation, [la construction à] Kikar Atarim, la préservation de la ligne côtière, une véritable planification urbaine qui prenne en compte les habitants, la place des résidents vis-à-vis des instances légales municipales, etc. »

Parmi les autres candidats à Tel Aviv, l’ancienne personnalité de la télévision Assaf Harel issu de la faction Anachnu Hair (« Nous sommes la ville ») et Natan Elnatan, du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas. Amir Badran, du parti juif-arabe Hadash d’extrême-gauche, a récemment rejoint Harel et il servira de numéro deux sur la liste Anachnu Hair.

Une autre femme, Meital Lehavi, à la tête de la branche de Tel Aviv de la formation de gauche du Meretz, et l’indépendant Yair Tzabari ont renoncé à se présenter ces derniers jours.

« J’ai réfléchi jusqu’à la dernière minute pour savoir si je devais me présenter au conseil municipal ou s’il fallait se débrouiller avec un soutien extérieur et j’en suis venue à la conclusion qu’aucun d’entre nous n’a le droit de rester à ne rien faire en des moments aussi importants pour la ville et pour l’Etat », a dit Levahi après avoir annoncé qu’elle ne se présenterait pas à la mairie.

« C’est le temps du changement et c’est notre mission de le mener », a-t-elle ajouté, selon Haaretz.

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