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Le chef du Shin Bet s’exprime sur l’instabilité politique, le terrorisme, l’AP et l’Iran

Ronen Bar affirme que l'Iran est le "principal problème" du Moyen-Orient et qu'il est responsable de la hausse de la violence en Cisjordanie et dans toute la région

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le nouveau chef du Shin Bet, Ronen Bar, le 11 octobre 2021 (Crédit : Shin Bet)
Le nouveau chef du Shin Bet, Ronen Bar, le 11 octobre 2021 (Crédit : Shin Bet)

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, a déclaré dimanche que son agence de sécurité avait déjoué plus de 300 attaques terroristes « importantes » depuis le début de l’année, alors que l’armée israélienne a largement intensifié ses opérations en Cisjordanie sous sa direction.

« Nous avons déjoué 312 attaques terroristes importantes, des attaques à l’arme blanche, des fusillades, des attentats suicides, et nous avons procédé à 2 110 arrestations » depuis le début de l’année, a déclaré Bar lors d’une conférence à l’université Reichman de Herzliya.

Bar a également évoqué l’augmentation massive des attaques par balles contre les troupes et les civils en Cisjordanie – 130 cette année jusqu’à présent, contre 98 en 2021, et 19 en 2020.

Bar a déclaré qu’Israël devait renforcer son activité en Cisjordanie pour déjouer de nouvelles attaques et a expliqué que les troupes qui y opèrent constituent « une couverture protectrice » pour les citoyens israéliens.

Le chef du Shin Bet Ronen Bar lors de la conférence annuelle de l’Institut de politique antiterroriste (ICT) à l’Université Reichman de Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Mais il a ajouté que ces opérations ont un coût pour les Palestiniens : des personnes innocentes sont blessées et le statut de l’Autorité palestinienne (AP) continue de décliner au sein de la population locale.

Pour apaiser les tensions, Bar a déclaré que les services de sécurité de l’AP devaient être renforcés. « La population palestinienne le souhaite également, mais les torts sont partagés », a-t-il déclaré.

Des membres du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique participent aux funérailles de Taher Zakarneh, 19 ans, tué lors d’affrontements avec les forces israéliennes, dans la ville cisjordanienne de Qabatiya, près de Jénine, le 5 septembre 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

La semaine dernière, le chef d’état-major de l’armée israélienne Aviv Kohavi, avait critiqué l’AP pour son impuissance à gouverner les zones du nord de la Cisjordanie, où les troupes ont été la cible de tirs répétés lors de raids nocturnes.

Tsahal a intensifié ses raids en Cisjordanie après une série d’attaques meurtrières qui ont tué 19 personnes entre la mi-mars et le début du mois de mai.

La discorde interne encourage le terrorisme

Bar a également noté que l’instabilité politique d’Israël ces dernières années et l’augmentation de la discorde interne ont encouragé les groupes et les individus terroristes à commettre des attentats.

« D’après les renseignements que nous avons consultés, les enquêtes sur les attaquants que nous avons menées, et aussi d’après de nombreuses années de familiarité avec nos adversaires, où qu’ils soient, nous pouvons dire aujourd’hui sans l’ombre d’un doute que l’instabilité politique, la division interne croissante… sont un encouragement à l’axe du mal, aux organisations terroristes et aux attaquants agissant seul », a déclaré Bar.

Il a ajouté que le « profond clivage qui se développe au sein de la société israélienne » est le défi « le plus complexe » auquel elle est confrontée.

L’Iran est le « problème sous-jacent » du Moyen-Orient

S’agissant de l’Iran, Bar a déclaré que la République islamique était un « problème sous-jacent » au Moyen-Orient.

« L’influence de l’Iran est évidente dans l’arène de la terreur où qu’elle se trouve, dans les pays [entourant Israël], dans l’arène palestinienne, en Israël et dans le cyberespace », a-t-il déclaré.

« L’Iran est à l’origine de la plupart des phénomènes [terroristes] dans la région et joue également un rôle important dans l’instabilité que nous connaissons dans l’arène palestinienne », a ajouté Bar, faisant référence à l’escalade de la violence en Cisjordanie et à la récente série de combats dans la bande de Gaza.

« L’Iran n’est pas seulement un problème nucléaire, c’est le problème sous-jacent du Moyen-Orient », a-t-il ajouté, faisant allusion au financement et au soutien idéologique que l’Iran apporte actuellement aux groupes terroristes palestiniens.

S’exprimant plus tôt lors de la même conférence, l’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, a déclaré qu’il pensait que les tensions en Cisjordanie constituaient une menace aussi importante pour Israël que l’Iran et ses mandataires terroristes.

L’ambassadeur américain en Israël Tom Nides lors de la conférence annuelle de l’Institut de politique antiterroriste (ICT) à l’Université Reichman de Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Il est évident que l’Iran et ses supplétifs constituent une [menace] fondamentale, et [le président américain Joe] Biden a déclaré que nous ne laisserons pas l’Iran obtenir une arme nucléaire sans réagir », a-t-il déclaré.

« Mais ce qui se passe en Cisjordanie est tout aussi important. J’essaie de garder vivante la vision de la solution à deux États. Je crois fondamentalement que pour qu’Israël reste un État démocratique, nous avons besoin d’une solution à deux États. Je veux changer la situation sur le terrain pour rendre cela possible, pour maintenir cette vision vivante », selon Nides.

« Il est important pour nous de ne pas perdre de vue ce qui pourrait se passer si la situation palestinienne venait à s’aggraver, notamment en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

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