Plutôt que le désespoir devant toute cette horreur
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Opinion

Plutôt que le désespoir devant toute cette horreur

Tout en regardant les tombes fraîchement creusées de Dafna Meir et de Shlomit Krigman, nous devons continuer à chercher les moyens les plus efficaces pour prévenir la perte inconcevable d’autres personnes merveilleuses

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Dafna Meir (à gauche), 38 ans, mère de six enfants, a été poignardée à mort dans sa maison d'Otniel par un terroriste palestinien le 17 janvier 2016. 
Shlomit Krigman, 23 ans, a été poignardée et blessée gravement pendant une attaque terroriste en Cisjordanie, dans l'implantation de Beit Horon le 25 janvier 2016, et est morte de ses blessures le lendemain. 
(Crédit : autorisation / Facebook)
Dafna Meir (à gauche), 38 ans, mère de six enfants, a été poignardée à mort dans sa maison d'Otniel par un terroriste palestinien le 17 janvier 2016. Shlomit Krigman, 23 ans, a été poignardée et blessée gravement pendant une attaque terroriste en Cisjordanie, dans l'implantation de Beit Horon le 25 janvier 2016, et est morte de ses blessures le lendemain. (Crédit : autorisation / Facebook)

Dafna Meir et Shlomit Krigman. Deux femmes israéliennes – l’une, une mère de six enfants à la fin de sa trentaine ; l’autre sur le point d’avoir 24 ans, commençant tout juste sa vie. Dafna, poignardée à mort par un adolescent palestinien dans sa maison de l’implantation d’Otniel le 17 janvier. Shlomit, poignardée à mort par deux Palestiniens près du supermarché de l’implantation de Beit Horon, où elle vivait avec ses grands-parents, le 25 janvier.

Dafna et Shlomit, sont maintenant enterrées côte à côte au cimetière Har Hamenuhot de Jérusalem.

Dafna et Shlomit nous sourient depuis nos écrans de télévisions, et nos sites internet, et nos journaux – nous sourient de manière incongrue, immortalisées dans des photographies d’un bonheur remarquable, à côté des images déchirantes de leurs proches à qui elles ont été mortellement arrachées.

Dafna n’a pas pu avoir une enfance facile. Adoptée à 13 ans, elle est devenue mère adoptive elle-même, élevant deux enfants adoptés aux côtés des quatre qu’elle a eus avec son mari Natan. Même depuis la familiarité superficielle qu’Israël a maintenant du monde que Dafne et Natan ont construit, c’est une famille simplement merveilleuse, chaleureuse, et altruiste, morale et généreuse.

Natan a invité un vieil ami à sa shiva, un Palestinien qui vit à coté et qui se trouve être un membre éloigné de la famille du jeune méprisable qui a assassiné sa femme. Et l’ami est venu, « avec les larmes aux yeux », a dit Natan.

Les amis de Shlomit parlent d’une jeune femme pourvue d’une curiosité intellectuelle aiguë, calme mais déterminée, une force créative, une lectrice avide. Qui sait ce qu’elle aurait réussi dans sa vie.

Cela doit cesser. Ces assassinats doivent cesser.

Le fait que plus de 100 Palestiniens aient eux-mêmes été tués dans des actes de meurtres ou de tentatives de meurtres contre des Israéliens comme Dafna Meir et Shlomit Krigman pendant les quatre derniers mois est horrifiant, consternant. Combien la haine est profonde et instinctive. Combien elle est scandaleuse.

Et donc, qu’allons-nous faire à son propos ?

J’ai écrit le 26 janvier sur la nécessité de réduire les incitations [à la violence] parmi les Palestiniens – les mensonges et les lavages de cerveaux, l’abus de la religion, la distorsion de l’histoire qui a produit encore une génération de Palestiniens sourds à la notion de légitimité juive en Terre Sainte.

Nous parlons ici d’un besoin de rééducation systématique, pour révéler à un peuple cyniquement borné par ses dirigeants politiques et spirituels qu’il y a en fait des nuances, des narratifs conflictuels en jeu entre les Israéliens et les Palestiniens ; que les deux peuples ont des droits ; qu’aucun d’entre eux n’ira ailleurs ; que nous sommes destinés à vivre plus ou moins au même endroit. Et que cette troisième intifada des couteaux ne change rien, comme la Seconde intifada et ses meurtres aux attentats suicides n’a rien changé – à part de persuader au fur et à mesure un nombre croissant d’Israéliens que l’on ne pouvait pas faire confiance aux Palestiniens s’ils venait à obtenir un état indépendant.

La triste affirmation de Netanyahu sur l’intolérance palestinienne à Israël est revendiquée attaque après attaque. Il est dur d’imaginer un moment où nous n’aurons pas à vivre par l’épée. Mais le défi sioniste n’a jamais été facile. S’il est prouvé qu’il est meurtrier pour nous de prendre notre place parmi les nations, que faisons-nous pour au moins essayer de changer cela ?

Soufflant sur les flammes des hostilités meurtrières tout en affirmant hypocritement étouffer les manifestations, les dirigeants palestiniens n’est clairement pas sur le point de dire à son peuple la vérité dérangeante sur la légitimité juive dans la région. Ils vont chercher désespérément à nier quelque chose qui jusqu’à il y a un siècle n’a jamais fait débat chez les musulmans : les temples juifs étaient à Jérusalem, et l’histoire juive ici remonte à des millénaires.

Mais la communauté internationale, et Israël, peut potentiellement avoir un impact. Plutôt que la légitimation méprisable du terrorisme comme une réponse naturelle à l’occupation – merci pour ça, Ban Ki-Moon ; et quelle est votre explication éclairée pour le 11 septembre, pour les attentats de Londres le 7 juillet 2005, ou pour le bain de sang à Paris ? – la communauté internationale pourrait aider à financer des écoles qui éduquent à la modération, et des programmes qui rassemblent de jeunes Israéliens avec de jeunes Palestiniens, et des médias dédiés à des informations libres, et honnêtes, et complexes.

Faites-cela dans le monde entier, incidemment, et vous pourriez bien faire des progrès pour contrer partout la prochaine génération de terroristes.

Et quelles sont les responsabilités d’Israël ? Comment peut-il mieux servir ses propres intérêts, et ceux des bonnes personnes autour de lui ? Que pouvons-nous faire pour essayer d’aider à créer un climat moins effrayant et déprimant, moins dangereux ?

Sans surprise, la triste affirmation du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’intolérance palestinienne à Israël est revendiquée jour après jour, attaque après attaque. Il est dur, au milieu du désespoir et des larmes, d’imaginer un moment où la nation juive n’aura pas à vivre par l’épée.

Mais le défi sioniste n’a jamais été facile, et n’était pas non plus à propos d’un défaitisme fataliste S’il est perpétuellement dangereux pour nos vies de prendre notre place parmi les nations, que faisons-nous pour au moins essayer de changer cela ? Ce n’est pas comme si la stratégie de gestion du conflit de notre Premier ministre était un succès spectaculaire.

Aux côtés des initiatives militaires les plus pointues et des précautions sécuritaires, pour commencer, Netanyahu pourrait encourager le nombre décroissant de Palestiniens modérés en déclarant un désir et un empressement pour une accommodation.

Il pourrait déclarer un gel dans la construction des implantations dans les zones qu’Israël ne garderait pas dans un accord permanent – un gel, cela doit être souligné, qui serve le besoin primordial d’Israël de se séparer des Palestiniens afin de rester un état juif et démocratique.

Il pourrait saluer les larges appels arabes à la paix sur le principe, et proposer de se rendre partout dans la région pour discuter de la possibilité de progrès – là-encore, servant l’intérêt israélien qu’il cite si souvent en ce moment, à réchauffer les relations avec les pays qui partagent les inquiétudes d’Israël sur l’encouragement et l’enrichissement du régime extrémiste islamique à Téhéran.

De telles actions pourraient ne pas avoir de bénéfice concret immédiat, mais elles pourraient aider à faire changer au fur et à mesure le ton et l’atmosphère. Des pas de bébés.

Et un engagement israélien plus clair à la réconciliation pourrait simplement encourager certains dans la communauté internationale à lire notre réalité ici de manière plus précise, avec moins d’illusions.

Il peut y avoir de meilleures idées que celles-ci. En fait, je suis certain qu’il y en a. Ecoutons-les. Considérons-les. Mettons en place les plus intelligentes.

Ce n’est pas la première fois, cela doit être dit, que nous nous retrouvons au milieu d’une guerre perdant – perdant avec les Palestiniens. Beaucoup d’entre eux semblent vouloir nous tuer plus qu’ils ne veulent leur indépendance, beaucoup d’entre eux semblent nous haït plus qu’ils n’aiment leurs enfants.

Nous pouvons hausser les épaules et nous désespérer devant l’horreur de tout cela. Nous pouvons argumenter et critiquer et ricaner et nous insulter. Ou nous pouvons regarder les tombes fraîchement creusées de Dafna Meir et Shlomit Krigman, et continuer à chercher les moyens les plus efficaces de prévenir la perte inconcevable d’autres personnes merveilleuses.

La tombe fraîchement creusée de Shlomit Krigman, 23 ans, au cimetière Har Hamenuhot de Jérusalem, le 26 janvier 2016, peu après ses funérailles. La tombe voisine est celle de Dafna Meir. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La tombe fraîchement creusée de Shlomit Krigman, 23 ans, au cimetière Har Hamenuhot de Jérusalem, le 26 janvier 2016, peu après ses funérailles. La tombe voisine est celle de Dafna Meir. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
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