Pour le fils de Trump, les médias vont “rallumer les chambres à gaz” pour le parti républicain
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Pour le fils de Trump, les médias vont “rallumer les chambres à gaz” pour le parti républicain

Donald Trump Jr réprimandé par des groupes juifs après avoir évoqué l’Holocauste dans une attaque sur la couverture médiatique des élections

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Donald Trump Jr. au deuxième jour de la Convention nationale républicaine, à Cleveland, le 19 juillet 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images)
Donald Trump Jr. au deuxième jour de la Convention nationale républicaine, à Cleveland, le 19 juillet 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images)

WASHINGTON – Le fils du candidat à la présidentielle Donald Trump a récemment déclaré que les médias « rallumeraient les chambres à gaz » pour son père s’il se comportait comme sa rivale démocrate Hillary Clinton, quand on lui a reproché de dénigrer l’Holocauste.

En s’adressant à Chris Stigall sur une radio de Philadelphie, le fils du candidat républicain, Donald Trump Jr, a affirmé que son père était traité différemment pas les médias que sa rivale, qui, dit-il, a eu un traitement de faveur.

Les médias, dit-il, ont protégé la candidate démocrate Hillary Clinton d’une couverture médiatique critique. Si le candidat républicain se conduisait comme elle, les médias seraient en train de « rallumer les chambres à gaz à l’instant », dit-il en évoquant la méthode employée par les nazis pour tuer les juifs durant l’Holocauste.

« Les médias ont été les premiers à rentrer dans ce jeu. Sans les médias, il n’y aurait même pas eu de compétition, mais les médias l’ont créée. Ils ont laissé passer chaque contradiction, chaque mensonge, à chaque jeu de la Convention nationale démocrate, pour virer Bernie Sanders », a-t-il dit.

Montage de photos d'archives montrant les candidats démocrates à la présidentielle américaine Bernie Sanders (g) le 31 mars 2016 et Hillary Clinton le 30 mars 2016 (Crédit : AFP / PHOTO DESK)
Montage de photos d’archives montrant les candidats démocrates à la présidentielle américaine Bernie Sanders (g) le 31 mars 2016 et Hillary Clinton le 30 mars 2016 (Crédit : AFP / PHOTO DESK)

« Si les républicains faisaient ça, les médias rallumeraient les chambres à gaz » a-t-il ajouté.

L’interview, diffusé jeudi, est la dernière en date d’une longue liste d’incidents dans lesquels la campagne de Trump est accusée d’être insensible à l’égard des minorités et de véhiculer un fort sentiment antisémite, nationaliste et de promouvoir la suprématie blanche.

Les critiques citent souvent la réticence de Trump à renier immédiatement David Duke, l’ancien dirigeant du Ku Klux Klan, son tweet d’une image d’Hillary Clinton avec une étoile à six branches à laquelle est superposée de l’argent, et la légende qui dit « La candidate la plus corrompue de l’histoire ! », et son refus à condamner de manière claire ses sympathisants qui harcèlent les journalistes juifs sur les réseaux sociaux, notamment Julia Ioffe, qui a écrit un profil critique de Melania, l’épouse de Trump.

La Ligue Anti-Diffamation a rapidement réagi au commentaire de la chambre à gaz, affirmant que le potentiel Premier enfant ne prends pas la mesure de la gravité de l’Holocauste avec ses remarques.

« Nous espérons que vous comprenez l’indélicatesse à plaisanter de l’Holocauste. Nous espérons que vous vous rétracterez, a twitté l’organisation. La banalisation de l’Holocauste et des chambres à gaz ne sera JAMAIS acceptable ».

Evan McCullin, candidat indépendant à la présidentielle, a aussi donné son avis sur Twitter, en disant que les commentaires dévoilaient le vrai visage de la campagne présidentielle de la « droite alternative ».

La campagne de Clinton n’a pas commenté, mais a partagé le tweet de McCullin.

Le Conseil National Démocratique Juif a lui aussi saisi l’occasion de fustiger la campagne de Trump pour tenter d’utiliser les atrocités de l’Holocauste pour marquer des points.

« La référence de Donald Trump Jr aux chambres à gaz est scandaleuse. ces allusions à l’Holocauste n’ont rien à faire dans une campagne présidentielle », a déclaré l’organisation.

« Pourtant, ce n’est pas surprenant que le fils du candidat républicain aie recours à un tel langage, étant donné le schéma d’antisémitisme que le père et le fils ont déjà démontré dans leurs retweets d’antisémites notoires. Le père et le fils devraient immédiatement faire des excuses pour ces propos inappropriés et insultants. »

Ces commentaires font suite à un incident, déclenché par Donald Trump Jr., au cours duquel il a provoqué une controverse en suggérant qu’il était fier d’avoir diffusé sur Twitter une image, qui a été perçue par tous comme antisémite.

Dimanche, il a parlé du meme qu’il a publié, souvent diffusé par les partisans de la « suprématie blanche ». « Apparemment, je figure parmi les déplorables », écrit-il, en référence aux commentaires controversés de la part de l’ancienne secrétaire d’État, qui a parlé des sympathisants de Trump comme d’« un panier de déplorables », la semaine précédente ».

David Duke, leader de la suprématie blanche, en Allemagne en 2002. (Crédit : Aubignosc, CC BY-SA 3.0, via WikiCommons)
David Duke, leader de la suprématie blanche, en Allemagne en 2002. (Crédit : Aubignosc, CC BY-SA 3.0, via WikiCommons)

Cette semaine également, Mike Pence, colistier de Trump, a été cloué au pilori pour avoir refusé de dire que Duke était « déplorable » dans une interview avec Wolf Blitzer sur CNN.

Lorsque Blitzer lui a demandé s’il définirait la « suprématie blanche » comme telle, il a répondu « Je ne suis pas dans le business des appellations, Wolf. Vous me connaissez mieux que ça. »

À moins de deux semaines du premier débat, les sondages nationaux de mercredi indiquent que la course entre Trump et Clinton semble serrée.

Un sondage CBS News/New York Times a montré que Clinton avait seulement deux points d’avance sur son rival républicain (46 contre 44) dans une duel chez les électeurs potentiels. Parmi les électeurs enregistrés, la candidate démocrate obtenait cinq points d’avances (46 contre 41).

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