Pour recevoir l’aide américaine, l’UNRWA devra modifier sa définition du réfugié
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Pour recevoir l’aide américaine, l’UNRWA devra modifier sa définition du réfugié

Un sénateur républicain affirme que le modèle actuel appliqué par l’agence des Nations unies aux réfugiés palestiniens est "intenable pour les contribuables américains"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Un jeune Palestinien transporte un colis alimentaire de l'UNRWA à Gaza City, le 15 janvier 2018. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)
Un jeune Palestinien transporte un colis alimentaire de l'UNRWA à Gaza City, le 15 janvier 2018. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

WASHINGTON — Jeudi, un sénateur républicain a présenté un projet de loi qui imposerait à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) de changer sa définition de ce qu’est un réfugié palestinien afin de pouvoir recevoir l’aide américaine à l’avenir.

Cherchant à faire pression sur la communauté internationale pour qu’elle définisse le statut des réfugiés palestiniens selon les mêmes critères que les autres populations de réfugiés, le sénateur James Lankford de l’Oklahoma a présenté une loi qui imposerait à l’UNRWA – l’agence des Nations unies responsable des Palestiniens – de définir comme réfugiés uniquement ceux qui ont été déplacées entre 1947 et 1949 et non pas leurs millions des descendants, dont beaucoup sont nés dans d’autres pays et/ou sont citoyens de ces autres nations.

Le statut des réfugiés palestiniens diffère d’un pays d’accueil à l’autre. Seule la Jordanie accorde à la plupart des réfugiés des droits de citoyenneté complets. Le Liban leur refuse nombreux des droits de base, tandis que la Syrie leur donne la plupart des droits à part celui de voter. Les réfugiés en Irak et en Egypte ont des droits limités.

Les réfugiés reconnus par l’UNRWA reçoivent des avantages à vie de la part de l’agence.

Le sénateur James Lankford (Autorisation)

Tout en rappelant que « l’assistance américaine aux Palestiniens est un élément important de l’engagement de notre nation au Moyen-Orient », Lankford a ajouté que les Etats-Unis « financent actuellement une organisation qui s’est arrangée pour faire passer une population de réfugiés de plusieurs centaines de milliers de personnes il y a 70 ans à plus de 5 millions aujourd’hui ».

L’UNRWA affirme qu’il y a plus de 5 millions de réfugiés palestiniens reconnus, quand ils étaient environ 750 000 après la guerre de 1948, dont on estime que seulement des dizaines de milliers sont encore en vie actuellement. Contrairement à toutes les autres populations de réfugiés, qui diminuent chaque année, la population des réfugiés palestiniens augmente de manière exponentielle.

« Ce n’est pas tenable – pour les contribuables américains, à qui l’on demande de financer les allocations attribuées à ces individus, pour les Palestiniens eux-mêmes, ou pour les Israéliens », a ajouté Lankford.

Le législateur d’Oklahoma a également souligné que cet arrangement nourrissait la demande palestinienne pour un « droit du retour » total.

Le « droit du retour » est une des questions clefs du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens affirment que les cinq millions de personnes que les Nations unies reconnaissent comme des réfugiés ont le droit de revenir dans leur foyer en Israël. De son côté, l’Etat juif rejette cette demande, expliquant qu’il s’agit d’une tentative des Palestiniens de détruire Israël par la force du poids démographique.

La population d’Israël se compose de presque neuf millions de personnes, dont trois quarts sont Juifs. Un afflux de millions des Palestiniens signifierait qu’Israël ne serait plus un état à majorité juive.

« La méthodologie de l’UNRWA alimente les tensions régionales encore plus à chaque nouvelle génération puisqu’elle contribue à augmenter, plutôt qu’à réduire, le nombre de réfugiés dans la région… ces personnes, qui sont considérées comme des ‘réfugiés palestiniens’ par l’UNRWA, auront, à tort, l’impression d’avoir reçu l’approbation de la communauté internationale pour un droit du retour en Israël », a déclaré Lankford dans un communiqué annonçant le projet de loi.

Son projet de loi intervient une semaine après que l’administration Trump a annoncé sa décision de couper tous les financements à l’UNRWA, alors que le Département d’Etat a déclaré qu’il « ne financerait plus cette organisation irrémédiablement biaisée », mais qu’il chercherait d’autres moyens pour aider les Palestiniens.

Les Etats-Unis fournissent près de 30 % du budget total de l’UNRWA, qui s’occupe des soins de santé, de l’éducation et de services sociaux accordés aux Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban.

En 2016, les Etats-Unis ont donné 355 millions de dollars à l’agence et ils devaient faire une contribution similaire cette année. Pourtant, en janvier, la Maison Blanche a versé seulement 60 millions de dollars et a bloqué 65 millions de dollars supplémentaires qu’elle aurait dû fournir.

Cette coupe dans l’aide à l’agence est très controversée. Alors qu’Israël a salué cette décision, des groupes juifs libéraux aux Etats-Unis l’ont qualifiée de cruelle – et de ne pas être dans les intérêts sécuritaires d’Israël.

« Il n’y a pas d’autre organisation qui puisse remplacer de l’UNRWA du jour au lendemain et assumer toutes ses responsabilités. Superviser la disparition de l’UNRWA sans avoir de plan de secours en place est totalement irresponsable », a déclaré le Forum Politique Israël, un groupe de lobby qui soutient une solution à deux états.

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