Israël en guerre - Jour 288

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Près de Gaza, la fierté mais aussi l’appréhension des jeunes soldats israéliens

À entendre le mot soldat, on oublie qu'ils ont entre 18 et 21 ans, et que certains semblent tout juste sortis de l'adolescence

Des soldats israéliens sur la plage de Zikim, près de la frontière avec Gaza, après qu'elle a été fermée aux visiteurs, le 24 avril 2021. (Crédit : Flash90)
Des soldats israéliens sur la plage de Zikim, près de la frontière avec Gaza, après qu'elle a été fermée aux visiteurs, le 24 avril 2021. (Crédit : Flash90)

Tout près de la bande de Gaza, des soldats israéliens affichent leur « fierté » de servir leur pays dans la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, mais ne cachent pas leur peur à l’idée d’aller se battre dans « cet endroit terrible ».

Ces soldats, entre 18 et 21 ans, semblent pour certains tout juste sortis de l’adolescence.

L’AFP les a rencontrés en marge d’un reportage près de la bande de Gaza. Ils font leur service militaire obligatoire, qui dure en Israël trois ans pour les hommes et deux ans pour les femmes.

Ils sont depuis peu stationnés en ligne arrière des combats, dans les kibboutz le long de la bande de Gaza, évacués par leurs habitants après l’attaque sanglante des terroristes du Hamas le 7 octobre.

« Oui, j’ai un peu peur d’y aller. On ne sait pas si on va en revenir vivants », lâche un soldat de 20 ans, dont la censure militaire interdit de publier le nom.

Il imagine un possible ordre de déploiement dans Gaza, malgré le fait qu’il ait commencé son service militaire il y a seulement six mois.

Des soldats israéliens rassemblés près de la frontière avec Gaza juste avant une incursion dans l’enclave dirigée par le Hamas, le 31 octobre 2023. (Crédit : Gil COHEN-MAGEN / AFP)

« Nous ferons ce que nous avons à faire, mais c’est un endroit terrible où aller », poursuit-il, son arme en bandoulière.

D’autres soldats l’écoutent attentivement, depuis le haut d’une guérite montée à la va-vite, devant l’entrée d’un kibboutz. Ils s’encouragent en quelques mots.

« On veut y aller avec une énergie positive. (…) Je suis tellement en colère, quand je vois ce que le Hamas a fait », poursuit le blond à la barbe éparse, qui vient du Goush Etzion.

La bande de Gaza n’est qu’à deux kilomètres. Le bruit de la guerre est incessant. Bombardements et canon secs d’artillerie en permanence. Dans le ciel, une roquette tirée par les groupes terroristes palestiniens est interceptée par le Dôme de fer.

Une position le long de la frontière avec la bande de Gaza dans le sud d’Israël montrant une salve de roquettes tirées depuis l’intérieur de la bande de Gaza en direction d’Israël au cours des combats entre les soldats israéliens et le groupe terroriste du Hamas, le 31 octobre 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Depuis le début de l’opération terrestre, le 27 octobre, trente soldats israéliens ont été tués dans ce territoire palestinien, selon l’armée. La branche armée du Hamas a averti Israël que ses militaires en sortiraient « dans des sacs noirs ».

Devant un autre kibboutz transformé en base militaire, une jeune soldate de 21 ans explique avoir menti à sa mère : « Je lui ai dit que j’étais dans le centre du pays, et non près de Gaza. Je ne veux pas qu’elle s’inquiète ».

« Je suis très fier d’être un soldat », dit un autre, âgé de 19 ans. Lui a commencé son service il y a 8 mois. « Qui pouvait savoir alors où on en serait aujourd’hui ? », ajoute-t-il.

Toute sa famille, ses grands-parents, ses parents, son oncle, ses sœurs et même le chien, est venue de Tel-Aviv pour l’embrasser devant le kibboutz. Ils ont les bras chargés de nouveaux habits et de nourriture.

Un soldat israélien dans son char près de la frontière entre Israël et Gaza, le 19 octobre 2023. (Crédit : AP Photo / Francisco Seco)

« On ne l’avait pas vu depuis cinq semaines et je ne sais pas quand nous le reverrons », raconte sa mère.

« Je suis fière de lui, mais j’ai peur. (…) Je serais moins inquiète s’il n’était pas ici (près de Gaza, NDLR). (…) J’espère qu’il n’ira pas à Gaza. En même temps, chaque endroit dans ce pays est désormais dangereux ».

« Et s’il ne le faisait pas, qui le ferait ? », interroge cette mère. « Si l’armée n’existait pas, Israël n’existerait pas », poursuit-elle.

Au bout d’une heure, la famille doit partir. La mère serre son fils dans ses bras. « Je n’arrête pas de pleurer », dit-elle une fois que le soldat s’est éloigné.

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