Procès Bensoussan : compte-rendu d’une audience « éprouvante »
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Procès Bensoussan : compte-rendu d’une audience « éprouvante »

"Comment un intellectuel peut se trouver traduit devant une juridiction pénale pour avoir rapporté une observation sociologique ?" a déclaré Noëlle Lenoir, citée comme témoin

Georges Bensoussan a été  poursuivi par le controversé CCIF pour avoir dénoncé l'antisémitisme domestique musulman (Crédit: Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons)
Georges Bensoussan a été poursuivi par le controversé CCIF pour avoir dénoncé l'antisémitisme domestique musulman (Crédit: Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons)

La journaliste de Marianne qui s’est rendue au dernier volet du procès Bensoussan le 30 mars dernier a décrit « une audience éprouvante » tenue dans « une ambiance kafkaïenne ».

Alors que la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Georges Bensoussan, poursuivi pour « discrimination, haine ou violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine (…) en l’espèce la communauté musulmane » à l’initiative du controversé CCIF, le Parquet a décidé de faire appel de ce jugement.

Premier sujet de malaises, les parties civiles : « Le CCIF et son conseil, un avocat qui restera curieusement hilare sans qu’on en sache la cause pendant l’intégralité des débats, décrit Marianne. Un certain « comité de soutien O sans papiers » (sic) dont on ne comprendra pas plus la présence que la plaidoirie confuse de son porte-voix, un Américano-Français invoquant le droit d’outre-Atlantique ».

Puis vient le témoignage de l’accusé: « Je suis essentialisé comme raciste pour une phrase sortie du contexte et cela s’appelle de la manipulation, explique-t-il notamment. Dans les réquisitions, je suis considéré à l’égal d’un Xavier Vallat, l’homme du Statut des juifs sous Vichy… On reprend l’argumentaire de l’histoire juive de la persécution pour le retourner contre un historien juif… ».

Le fait que le professeur Smaïn Laacher, sur qui s’était appuyé Georges Bensoussan, (et qui évoquait pour sa part « un antisémitisme déposé dans la langue et sur la langue ») ait retiré sa plainte, et que lui-même ne soit d’ailleurs pas poursuivi pour des propos jumeaux de ceux de Bensoussan, n’a pas retenu l’attention la cour, écrit Marianne.

Appelée dans une lourde atmosphère à la barre comme témoin, l’ancienne juge constitutionnel Noëlle Lenoir a de son côté exprimé sa « consternation de constater que dans la France du 21e siècle, un intellectuel peut se trouver traduit devant une juridiction pénale pour avoir rapporté une observation sociologique, lors d’un débat parfaitement contradictoire à la radio l’opposant à un autre intellectuel ».

Verdict dans les prochaines semaines.

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