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Projet d’attaque contre Macron en 2018 : Procès requis pour 12 personnes

Le parquet national antiterroriste souhaite que ces onze hommes et cette femme soient jugés pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle

Le président français et candidat du parti libéral français La République en Marche (LREM) à sa succession Emmanuel Macron s'adresse aux médias lors d'une visite de campagne d'une journée dans la région Grand-Est, à Mulhouse, dans l'est de la France, le 12 avril 2022. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)
Le président français et candidat du parti libéral français La République en Marche (LREM) à sa succession Emmanuel Macron s'adresse aux médias lors d'une visite de campagne d'une journée dans la région Grand-Est, à Mulhouse, dans l'est de la France, le 12 avril 2022. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel, et non aux assises, de 12 personnes membres du groupuscule les « Barjols », « acquises aux thèses de l’ultradroite » et soupçonnées d’avoir « élaboré un projet d’action violente » à l’encontre d’Emmanuel Macron en 2018. 

Le Pnat souhaite que ces onze hommes et cette femme soient jugés pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle, selon le réquisitoire définitif signé le 18 août et consulté mercredi par l’AFP.

La décision définitive d’un renvoi en procès ou non, aux assises ou en correctionnelle, revient désormais au juge d’instruction.

L’information judiciaire avait été ouverte peu après l’arrestation le 6 novembre 2018 de plusieurs sympathisants de l’extrême droite radicale. Les investigations ont ensuite mené à la mise en examen, au total, de 14 personnes pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, passible des assises. 

Au terme de près de quatre ans d’instruction, le parquet a requis l’abandon des poursuites pour deux d’entre elles et demandé que soit retenue pour les douze autres l’association de malfaiteurs terroriste délictuelle, infraction jugée devant le tribunal correctionnel.

Le tribunal correctionnel de Paris, en janvier 2011. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)

« Faiblesse » du dossier

« Le parquet semble prendre acte de la faiblesse du dossier et refait descendre à juste titre le dossier de plusieurs étages en demandant sa correctionnalisation », a réagi auprès de l’AFP l’avocat de l’un des mis en examen, Me Dylan Slama.

Le Pnat reproche aux mis en cause des réunions, des recherches d’équipements, des entrainements et des contacts établis en vue d’un « projet d’action violente » envers le chef de l’État.

Les enquêteurs s’étaient décidés à intervenir après avoir appris qu’un des administrateurs du groupe Facebook, Jean-Pierre Bouyer, un retraité isérois, s’était déplacé dans l’est de la France où Emmanuel Macron se trouvait pour son périple mémoriel sur le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Dans une conversation interceptée par les policiers, ce retraité avait évoqué l’idée de s’en prendre au chef de l’État avec un couteau en céramique, non détectable par les contrôles de sécurité. Dans le véhicule avec lequel il s’était rendu en Moselle avaient été découverts un poignard dans son étui et une bible.

Le parquet a également requis son renvoi pour acquisition et transport illégaux d’un pistolet. Initialement placé en détention provisoire, il est depuis plusieurs mois libre sous contrôle judiciaire.

Me Olivia Ronen, son avocate, a vu dans la demande de correctionnalisation un « demi-aveu » d’une accusation qui « s’inquiète de voir son dossier se déliter devant une cour d’assises ».

« L’institution judiciaire saura-t-elle (…) reconnaître que ce qui nous était présenté comme un projet d’attentat sur le président de la République n’est en fait que les prémisses du mouvement des ‘Gilets jaunes’ ? », s’est-elle interrogé auprès de l’AFP.

Groupuscule « structuré »

Dans ses réquisitions, le Pnat a jugé « incontestable » que ces militants « projetaient d’assassiner » M. Macron et que Jean-Pierre Bouyer aurait joué « le rôle de leader ». 

Selon le Pnat, les « Barjols » étaient un « groupuscule d’ultradroite » à la fois « hiérarchisé, structuré, sa clandestinité était minutieusement étudiée » et ses « membres entretenaient des liens avec d’autres groupes d’ultradroite ».

Un groupe Facebook avait été créé en 2017, puis une association déclarée en préfecture en août 2018.

Lors de réunions physiques aurait été évoquée l’idée de brûler des mosquées, assassiner des migrants, enlever des députés et fabriquer des explosifs.

Dans les mois précédents le périple en Moselle en 2018, les mis en cause, adhérant à des thèses « alliant racisme, xénophobie, antisémitisme, anti-républicanisme et néonazisme », selon le parquet, auraient participé à divers entrainements paramilitaires. 

Depuis 2017, une dizaine de procédures en lien avec l’ultradroite ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. Une menace « prise très au sérieux » et qui « monte en puissance », selon un magistrat antiterroriste parisien.

Un autre dossier d’ultradroite, celui du groupuscule baptisé OAS, aurait pu être jugé aux assises mais a été correctionnalisé.

À l’issue de ce premier procès pour terrorisme d’ultradroite tenu en France depuis 2017, le fondateur du groupe, un admirateur du néo-nazi norvégien Anders Breivik, a été condamné à Paris à neuf ans de prison.

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