Qui sont les forces kurdes qui combattent l’État islamique ?
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Qui sont les forces kurdes qui combattent l’État islamique ?

Les Kurdes sont souvent définis comme une "armée" antijihadistes soutenue par les frappes américaines

Illustration d'un combattant kurde - 9 septembre 2014 (Crédit : AFP/JM Lopez)
Illustration d'un combattant kurde - 9 septembre 2014 (Crédit : AFP/JM Lopez)

Les forces kurdes ont remporté ces derniers jours une série de victoires face au groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, grâce à leur organisation et leur discipline dignes d’une armée, mais aussi aux frappes aériennes de la coalition internationale menée par Washington.

Qui sont les YPG ?

Les YPG (Yekineyen Parastina Gel en kurde, ou les Unités de protection du peuple) sont une milice opérant dans les zones à majorité kurde dans le nord et le nord-est de la Syrie.

Le groupe est la branche armée du PYD (Parti de l’union démocratique), le plus influent parti kurde de Syrie.

Le parti avait été fondé en 2004, à la suite de manifestations kurdes contre le gouvernement syrien, mais est devenu officiellement actif en juillet 2012, lorsque les forces du régime de Bachar al-Assad se sont retirées des régions à majorité kurde, en plein conflit syrien.

Les YPG, qui comprennent une unité de combattante connue sous le nom des YPJ, sont proches des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie, classée « organisation terroriste » par Ankara.

Où les YPG ont-elles vaincu l’EI ?

Soutenues par des frappes aériennes menées par une coalition dirigée par Washington, les YPG ont chassé en janvier l’EI de la ville kurde de Kobané, située dans la province septentrionale d’Alep et à la frontière de la Turquie après quatre mois de combats.

Depuis, elles ont grignoté progressivement le territoire de l’EI dans le nord de la province de Raqa, plus à l’est.

Le 16 juin, les YPG, appuyées par leurs alliés rebelles, ont capturé la ville de Tall Abyad, privant l’EI de cet important point de transit de combattants, armes et pétrole à partir de la Turquie frontalière.

Les forces kurdes ont ensuite capturé une base militaire aux mains de l’EI, à 55 km seulement de la ville de Raqa, capitale de facto de l’organisation extrémiste en Syrie.

Qui combat au sein des YPG ?

Selon le spécialiste en affaires kurdes Mutlu Civiroglu, de nombreux hauts commandants des YPG sont des vétérans du PKK, forts d’une expérience de combat en Syrie, en Irak et en Turquie.

« Il s’agit là d’un des atouts des YPG car leurs commandants sont des combattants très respectés et bien entraînés », affirme l’analyste.

D’après un rapport de l’International Crisis Group de 2014, les YPG paient des salaires à 25.000 ou 30.000 combattants, même si les experts affirment qu’aucune statistique n’est disponible sur les effectifs.

En outre, de nombreux Kurdes vivant dans des territoires visés par l’EI se sont portés volontaires, augmentant sensiblement les rangs des combattants.

Les YPG sont-elles bien armées ?

Selon M. Civiroglu, c’est « le point faible » des YPG, en manque d’armes lourdes et dont l’arsenal est largement constitué d’armes anciennes de fabrication russe.

A Kobané, des forces kurdes irakiennes (peshmergas) avaient été autorisées à entrer de Turquie avec des armes lourdes, mais en petites quantités.

Le commandement des YPG a appelé l’Occident maintes fois à leur fournir des armes plus modernes pour combattre l’EI, considéré comme le groupe d’insurgés le mieux armé de la région.

Comment expliquer leur succès ?

Plusieurs facteurs ont contribué au succès des YPG, notamment les frappes de la coalition internationale.

« Les frappes américaines ont été vitales. Elles ont accéléré la progression (kurde), limité le nombre de victimes et détruit l’armement sophistiqué de l’EI », affirme M. Civiroglu.

Parallèlement, des experts affirment que la coalition est aussi également dépendante des YPG sur le champ de bataille.

Wladimir van Wilgenburg, spécialiste des affaires kurdes à la Jamestown Foundation, souligne aussi que l’expérience du PKK dans le combat contre des armées conventionnelles se reflète dans la bataille des YPG contre l’EI.

« L’EI se comporte de plus en plus comme une armée, plutôt que comme un groupe d’insurgés. Les YPG, qui ont été entraînées par le PKK, peut les combattre aisément », dit-il.

« Les autres groupes rebelles, et même le gouvernement syrien, n’ont pas le même niveau d’expérience, de motivation ou de coordination. »

Concernant le financement, les YPG peuvent compter sur des dons des Kurdes de la diaspora et des taxes locales collectées dans les zones à majorité kurde en Syrie.

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