Racisme et antisémitisme: extension du dispositif de pré-plaintes en ligne
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Racisme et antisémitisme: extension du dispositif de pré-plaintes en ligne

L'optique est de "poursuivre plus efficacement les auteurs d'infractions antisémites", selon Gérard Collomb ; l'un des "défis est de libérer la parole des victimes"

Gérard Collomb, ministre français de l'Intérieur, devant l'Elysée, le 2 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Gérard Collomb, ministre français de l'Intérieur, devant l'Elysée, le 2 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé jeudi soir l’extension aux actes racistes et antisémites du dispositif de pré-plaintes en ligne ouvert jusque-là aux atteintes aux biens, dans un discours devant le Crif à Marseille.

Annonçant plusieurs réformes « pour mieux combattre l’antisémitisme », le ministre a annoncé l’extension de ce dispositif « aux infractions à caractère discriminatoire », « car si nous avons recensé 311 actes antisémites en 2017, ils sont sans doute en réalité beaucoup plus nombreux ».

« Un de nos défis est donc de libérer la parole des victimes », a expliqué le ministre, dans son discours devant le conseil représentatif des institutions juives de Marseille-Provence.

« Le gouvernement a décidé d’ouvrir ce dispositif, qui sera opérationnel dès ce soir », a précisé M. Collomb : « Cela permettra de commencer l’enquête et ce n’est qu’ensuite que la personne se verra proposer un rendez-vous avec un agent formé, pour valider sa plainte ».

Toujours dans l’optique de « poursuivre plus efficacement encore les auteurs d’infractions antisémites », le ministre de l’Intérieur a également annoncé que Marseille sera « la première ville où sera mis en place un réseau d’enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés à la lutte contre la haine et toutes les formes d’antisémitisme ».

« L’objectif est d’aider les forces de l’ordre et les magistrats à mieux identifier et mieux faire ressortir (…) les éléments factuels de nature à objectiver la circonstance aggravante de racisme ou d’antisémitisme », a précisé M. Collomb, après avoir rappelé les meurtres récents de Sarah Halimi, en avril 2017, ou de Mireille Knoll, en mars 2018, toutes deux tuées « parce qu’elles étaient juives ».

Cette expérimentation aura vocation, si elle est positive, à s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire national, a précisé un communiqué du ministère.

Lors de cette visite devant la communauté juive de Marseille-Provence, en conclusion d’une journée lors de laquelle il était notamment venu développer le concept de police de sécurité au quotidien, le ministre a dénoncé « les vents mauvais qui soufflent aujourd’hui sur l’Europe comme sur la France ».

« Vent mauvais de l’antisémitisme ordinaire mais aussi vent mauvais porté par les discours haineux de l’islamisme radical », a insisté M. Collomb, en dénonçant « les paroles de l’imam de la grande mosquée d’Empalot à Toulouse ».

En décembre 2017, l’imam de Toulouse Mohamed Tataï aurait tenu des propos « susceptibles de constituer une incitation à la haine », selon l’enquête ouverte par le parquet de Toulouse. Dans un prêche en arabe, filmé, il aurait cité un hadith appelant les musulmans à combattre les juifs.

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