Raids terrestres exceptionnels au Sud-Liban : Tsahal détruit des armes du Hezbollah
Le Corps d’Infanterie a opéré dans les zones de Jabal Blat et Labbouneh, à environ 1 km de la frontière ; un commandant du Hezbollah a été tué mardi soir lors d'une frappe de drone
Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Ces derniers jours, les troupes terrestres israéliennes ont mené plusieurs raids à l’intérieur du Liban, détruisant des dépôts d’armes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et d’autres infrastructures, a déclaré l’armée israélienne mercredi.
Cette annonce d’opérations spéciales inhabituelles dans le sud du Liban, où Israël maintient des troupes déployées à cinq points stratégiques, juste au nord de la frontière, depuis le cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah en novembre 2024, est intervenue quelques jours après qu’un émissaire américain s’est déclaré optimiste quant à la poursuite d’un plan visant à désarmer le groupe terroriste chiite libanais soutenu par la République islamique.
Selon Tsahal, des soldats de la 300ᵉ brigade régionale « Baram » ont effectué un raid dans un site situé dans la région de Jabal Blat, à environ un kilomètre de la frontière israélienne. Ils y ont découvert un complexe du Hezbollah comprenant un dépôt d’armes et des positions de tir. L’armée a déclaré que les troupes avaient démoli le site.
Lors d’une autre opération, l’armée a indiqué que des réservistes de la brigade Oded avaient découvert des armes cachées dans une zone boisée près de Labbouneh, à proximité de la frontière occidentale, notamment une rampe de lancement multiple, une mitrailleuse et des dizaines d’engins explosifs. Ces armes ont également été détruites.
Dans la même zone, les soldats ont également localisé un site souterrain utilisé par le Hezbollah pour stocker des armes. Ce site a été démoli par des soldats du Corps du Génie Militaire, a déclaré Tsahal.
En vertu de l’accord de cessez-le-feu, le Hezbollah devait se retirer au nord du fleuve Litani et démanteler toutes ses infrastructures armées dans le sud du pays. Israël devait se retirer du Liban tout en conservant le droit de frapper toute menace pesant sur sa sécurité.
L’armée israélienne menant des raids dans le sud du Liban et détruisant des infrastructures du Hezbollah, dans des vidéos diffusées le 9 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)
Les frappes aériennes israéliennes contre les violations du cessez-le-feu par le Hezbollah ont été fréquentes au cours des mois qui ont suivi, mais les opérations terrestres menées par des troupes au-delà des zones des cinq postes ont été beaucoup plus rares.
Ces raids « ciblés et précis » ont été lancés « à la suite d’informations provenant des services de renseignement et de l’identification d’armes et d’infrastructures terroristes du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban », et visaient à « empêcher le Hezbollah de se réimplanter dans la région », a déclaré l’armée dans un communiqué.
Tsahal a également annoncé qu’un commandant du Hezbollah avait été tué la nuit précédente lors d’une frappe israélienne au sud du Liban.
La frappe, survenue dans la ville de Babliyeh, au sud de Saïda, a tué Hussein Ali Muzhir, identifié par l’armée israélienne comme étant le commandant des forces armées du Hezbollah dans la région de la rivière Zahrani, sous le commandement de la division régionale Badr du groupe terroriste chiite libanais.
« Dans le cadre de ses fonctions, Hussein a mené de nombreuses attaques de roquettes contre l’État d’Israël et les troupes de Tsahal. Il a également récemment participé à des tentatives visant à restaurer les capacités d’artillerie du groupe terroriste dans le sud du Liban », a précisé Tsahal dans un communiqué.
L’armée a déclaré que ces actions constituaient « une violation flagrante des accords entre Israël et le Liban ».
אמש, הותקף וחוסל במרחב אל באבליה בדרום לבנון, חסין עלי מזהר, אחראי ניהול האש של גזרת זאהרני ביחידת בדר של ארגון הטרור חיזבאללה, אשר קידם מתווי ירי רבים לעבר ישראל וכוחות צה"ל.
בנוסף, פעל לשיקום הארטילריה של חיזבאללה בדרום לבנון. פעולותיו היוו הפרה בוטה של ההבנות בין ישראל ללבנון. pic.twitter.com/hiPgik1gny— Israeli Air Force (@IAFsite) July 9, 2025
Israël affirme avoir tué plus de 180 terroristes du Hezbollah lors de frappes visant le groupe terroriste depuis la conclusion de l’accord de cessez-le-feu, fin novembre, et accuse ce dernier de violations de l’accord de trêve.
L’accord de cessez-le-feu a mis fin à plus d’un an de tirs de roquettes, de missiles et de drones sur Israël par le Hezbollah, dont deux mois de guerre ouverte dans le sud du Liban fin 2024.
Soutenu par la République islamique, le Hezbollah a commencé à mener des attaques transfrontalières quasi quotidiennes contre le nord d’Israël le lendemain du pogrom perpétré par son allié, le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres enlevées et emmenées de force à Gaza.
Lundi, l’émissaire américain Thomas Barrack s’est dit « incroyablement satisfait » de la réponse des autorités libanaises à une demande de désarmement du Hezbollah, dans le cadre d’un processus visant à écarter la nécessité pour Israël de mener une action militaire au Liban.
« C’est réfléchi, c’est mûrement considéré. Nous sommes en train d’élaborer un plan pour aller de l’avant », a-t-il déclaré.
Cependant, dimanche, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah ne déposerait pas les armes.
Depuis le cessez-le-feu, l’État libanais s’emploie méthodiquement à démanteler les infrastructures du Hezbollah dans le sud du pays et aurait saisi la majeure partie des stocks d’armes du groupe terroriste dans cette région.
Tsahal affirme que sa présence aux cinq points proches de la frontière est nécessaire pour assurer la sécurité des communautés israéliennes.
L’AFP a contribué à cet article.







