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Ramadan : Des élus arabes rencontrent Abdallah II craignant des troubles sur le mont du Temple

Le chef de Hadash-Taal, Tibi et Atauna ont demandé au roi de Jordanie de garantir la liberté de culte ; le roi aurait répondu que les radicaux du gouvernement israélien cherchaient à provoquer une escalade

Le roi Abdallah II de Jordanie (à droite) s'entretenant avec le chef du parti Hadash-Taal, Ayman Odeh, et les députés Ahmad Tibi et Youssef Atauna, à Amman, le 4 mars 2024. (Crédit : Cour royale hachémite)
Le roi Abdallah II de Jordanie (à droite) s'entretenant avec le chef du parti Hadash-Taal, Ayman Odeh, et les députés Ahmad Tibi et Youssef Atauna, à Amman, le 4 mars 2024. (Crédit : Cour royale hachémite)

Trois députés arabes ont rencontré lundi le roi Abdallah II de Jordanie, craignant que le Ramadan n’amplifie les tensions à Jérusalem résultant de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

Ayman Odeh, chef de l’alliance Hadash-Taal à majorité arabe, le président de Taal Ahmad Tibi et le député Hadash Youssef Atauna se sont rendus à Amman et ont demandé au monarque jordanien de faire pression sur Israël pour qu’il garantisse la liberté de culte sur le mont du Temple pendant le Ramadan, a rapporté la Douzième chaîne.

Abdallah II aurait mis en garde les législateurs contre « les extrémistes du gouvernement israélien qui tentent d’enflammer la région par des provocations à la mosquée Al-Aqsa ».

Le ministre d’extrême-droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a cherché à imposer des restrictions radicales à la possibilité pour les Palestiniens de Cisjordanie de prier à Al-Aqsa pendant le Ramadan, en invoquant la situation en matière de sécurité. Il serait également en train de faire pression pour limiter les citoyens arabes israéliens.

D’autres responsables politiques et de la défense ont mis en garde contre le fait que de telles restrictions pourraient contribuer à attiser les tensions résultant de la guerre à Gaza – déclenchée par le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas – qui a enflammé la colère des musulmans du monde entier à l’égard d’Israël.

Tibi a déclaré au site d’information Ynet, à l’issue de la rencontre, que Abdallah II avait déclaré que le fait d’empêcher l’accès à la mosquée « pourrait conduire à une flambée [de violences] ».

Vue du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, depuis l’observatoire du mont des Oliviers, le 25 février 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Ce fut une rencontre très importante avec le roi à Amman, surtout dans l’ombre de l’agression et des crimes de guerre dans la bande de Gaza. Le roi fait des efforts pour mettre fin à la guerre », a-t-il déclaré.

La monarchie a déclaré dans un communiqué officiel que Abdallah II avait mis en garde lors de la réunion « contre la poursuite de la guerre à Gaza et l’escalade en Cisjordanie et à Jérusalem, ce qui aggravera le conflit ».

« Sa Majesté déclare que la Jordanie continuera à faire pression pour mettre fin à la guerre contre Gaza et à fournir de l’aide humanitaire, des secours et de l’aide médicale par voie terrestre et aérienne à la bande de Gaza », a ajouté le communiqué.

Le mont du Temple, situé dans la Vieille Ville de Jérusalem, est le site le plus sacré du judaïsme, car il abrite deux Temples bibliques détruits à l’Antiquité. Connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif ou Noble Sanctuaire, le complexe situé au sommet de la colline abrite la mosquée Al-Aqsa, troisième site le plus sacré de l’islam.

Israël a pris le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem à la Jordanie lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Il a toutefois permis au Waqf islamique de Jérusalem, soutenu par la Jordanie, de continuer à exercer son autorité religieuse sur le mont, mais c’est Israël qui assure la sécurité du site. En vertu du traité de paix de 1994, Israël a reconnu le « rôle spécial » d’Amman dans les lieux saints musulmans de Jérusalem.

Le site d’information Walla a rapporté dimanche que Ben Gvir et le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï s’étaient mis d’accord pour recommander certaines restrictions aux fidèles qui assistent aux prières à la mosquée Al-Aqsa. Shabtaï aurait soutenu l’idée d’autoriser l’entrée des Arabes israéliens et des Palestiniens de Cisjordanie, tout en limitant le nombre de fidèles pour des raisons de sécurité.

Walla a ajouté que Ben Gvir était favorable à la limitation du nombre de fidèles autorisés sur le mont du Temple à quelques milliers à la fois, afin de permettre à la police de réagir rapidement en cas de troubles violents.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir arrivant dans un bureau de vote, lors des élections municipales, à Tel Aviv, le 27 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Une déclaration de la police citée par Walla a indiqué que la position de celle-ci serait soumise aux dirigeants « et non aux médias ».

Les forces de police « continueront à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir l’équilibre entre la liberté de culte et la paix et la sécurité publiques », ajoute le communiqué.

En février, un fonctionnaire américain et un fonctionnaire israélien ont déclaré au Times of Israel que l’administration Biden s’inquiétait du fait que Ben Gvir, par ses politiques et ses actions, pourrait provoquer des troubles sur le mont du Temple pendant le Ramadan.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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