Rassemblement à Beit Shemesh en soutien au soldat de Hébron
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Rassemblement à Beit Shemesh en soutien au soldat de Hébron

100 manifestants demandent la libération d’un “héros d’Israël”, qui a tué un assaillant palestinien désarmé ; des députés critiquent la ville pour avoir soutenu l’évènement

Des résidents de Beit Shemesh pendant un rassemblement de solidarité avec le soldat accusé de meurtre pour avoir tiré sur un assaillant palestinien désarmé à Hébron la semaine précédente, le 28 mars 2016. (Crédit : Yaacov Lederman/Flash90)
Des résidents de Beit Shemesh pendant un rassemblement de solidarité avec le soldat accusé de meurtre pour avoir tiré sur un assaillant palestinien désarmé à Hébron la semaine précédente, le 28 mars 2016. (Crédit : Yaacov Lederman/Flash90)

Les partisans du soldat israélien accusé de meurtre pour avoir tiré sur un attaquant palestinien désarmé à Hébron la semaine dernière se sont rassemblés lundi à Beit Shemesh, dans le centre du pays, appelant à sa libération.

Environ 100 personnes ont assisté à la manifestation au carrefour de la route 38, « demandant la libération d’un héros d’Israël », a annoncé le site d’informations Walla.

Des drapeaux israéliens et des panneaux, sur lesquels était écrit « Chère famille, Beit Shemesh est avec vous », et « Bravo à Tsahal et [à ses] soldats », ont été vus pendant le rassemblement de lundi soir.

Les tracts faisant la promotion de cet évènement, qui appelaient le soldat un « héros national », ont été publiés sur le site de la municipalité avant la manifestation.

Malgré un ordre de silence imposé sur ses informations personnelles, le tract comprenait le nom complet du soldat et sa photo.

Le maire de Beit Shemesh, Moshe Abutbul, a confirmé au site internet que la manifestation avait été organisée par des élus et des employés municipaux, mais a déclaré que la municipalité n’avait pas de position sur le sujet.

« La municipalité n’intervient pas dans les sujets publics nationaux », a-t-il déclaré.

Le soldat en question a été filmé jeudi en train de tirer à la tête sur un assaillant palestinien blessé et presque immobile à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, en Cisjordanie.

Le tract faisant la publicité d'un rassemblement le 28 mars 2016 de solidarité avec un soldat israélien accusé de meurtre pour avoir tiré sur un assaillant palestinien à Hébron la semaine précédente. (Crédit : capture d'écran Walla)
Le tract faisant la publicité d’un rassemblement le 28 mars 2016 de solidarité avec un soldat israélien accusé de meurtre pour avoir tiré sur un assaillant palestinien à Hébron la semaine précédente. (Crédit : capture d’écran Walla)

L’incident est rapidement devenu un débat national à propos des règles d’engagement de l’armée israélienne et son usage de la force à l’égard des Palestiniens.

Vendredi, le soldat a été accusé de meurtre, déclenchant la colère de sa famille, des politiciens de droite, et d’autres, y compris le ministre de l’Education Naftali Bennett (HaBayit HaYehudi), qui affirme que l’armée l’a vendu.

La députée de l’Union sioniste Ayelet Nachmias-Verbin a critiqué les officiels de Beit Shemesh pour leur soutien au rassemblement, déclarant que « la décision de prendre une part active à l’opposition à l’armée israélienne, à son commandement et à ses valeurs fondamentales ne doit pas être ignorée. »

« Les financements publics ne sont pas là pour être utilisés pour des aspirations politiques personnelles, ou pour inciter à la rébellion contre le chef d’Etat-major de l’armée israélienne », a-t-elle continué.

Verbin a également exhorté le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri à intervenir sur ce sujet et à empêcher les autorités locales d’agir contre l’armée.

Dov Lipman, ancien député et résident de Beit Shemesh, a également dénoncé la ville pour son soutien au rassemblement.

« Je condamne la municipalité de Beit Shemesh pour avoir publié le nom du soldat de l’histoire de Hébron et pour être entrée dans la tempête politique en prenant partie dans un sujet complexe, qui fait l’objet d’une enquête par l’armée israélienne », a-t-il déclaré.

Plus tôt lundi, la famille du soldat avait été emmenée dans un emplacement sûr après avoir reçu des messages de mort et des messages abusifs.

Selon leur avocat, la famille a été inondée d’appels menaçants après la publication de leur numéro de téléphone sur nombre de réseaux sociaux palestiniens.

Lundi à la Knesset, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a dénoncé les députés qui avaient soutenu le soldat. C’est « une affaire où un soldat a mal agi, pas un héros », a-t-il déclaré.

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