Réactions des élus de la Knesset suite au projet de Trump sur Jérusalem
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Réactions des élus de la Knesset suite au projet de Trump sur Jérusalem

L'échiquier politique se divise entre Arabes israéliens et israéliens sur la reconnaissance attendue par les Etats-Unis de la capitale d'Israël

Les députés votent à la Knesset, le 11 juillet 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Les députés votent à la Knesset, le 11 juillet 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les responsables juifs israéliens issus de tout l’échiquier politique ont salué l’annonce attendue mercredi par le président américain Donald Trump de sa reconnaissance officielle de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, tandis que les législateurs de l’opposition arabe ont qualifié cette démarche d’anti-palestinienne et d’antinomique avec la paix.

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a salué l’annonce attendue de Trump, ajoutant qu’il espère qu’elle sera accompagnée de mesures susceptibles de construire la confiance et qui puissent « ressusciter » les perspectives de paix.

« Nous devons annoncer la fin des constructions d’implantations hors des blocs d’implantations majeurs, transférer le contrôle aux Palestiniens des villages et des quartiers palestiniens situés [dans les zones contrôlées par Israël]. Il n’y a aucune autre solution réaliste que celle de deux états pour deux peuples », a-t-il déclaré mercredi matin lors d’une interview accordée à la radio israélienne.

Gabbay a ensuite affirmé que Jérusalem devait rester indivisible et sous souveraineté israélienne dans un futur accord de paix.

Le ministre de l’Agriculture, Uri Ariel, issu du parti HaBayit HaYehudi, a pour sa part qualifié l’initiative américaine de « nouvelle journée, une nouvelle réalité que nous avons attendue au cours des 70 dernières années ».

Il a critiqué les menaces palestiniennes de « jour de colère », disant que « nos voisins nous prouvent une fois encore qu’ils ne ratent pas une opportunité de rater une opportunité ».

L’ancien ministre du Likud Gideon Saar a déclaré que l’annonce était « significative », ajoutant que « c’est au [Premier ministre Benjamin] qu’en revient le mérite. Je pense que sa bonne relation avec la Maison Blanche a contribué à cette décision ».

Benjamin Netanyahu, leader du Likud, s’entretient avec Gideon Saar lors de la réunion du parti à la Knesset le 2 mars 2009 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Dans un entretien à la radio, Saar a balayé les inquiétudes que cette initiative puisse être équivalente à la remise d’un prix diplomatique à Israël sans par ailleurs offrir d’ouvertures de paix en retour. « Nous ne devons rien aux Palestiniens pour la reconnaissance de notre capitale. Nous demandons la chose la plus naturelle. Aucune autre nation n’entretient de liens historiques plus forts avec sa capitale que la nôtre ».

Les députés de la Liste arabe unie ont condamné l’annonce. Hanin Zoabi, connue pour ses provocations, a insisté sur le fait que « les Etats-Unis ne décident rien pour les Palestiniens et Trump ne représente pas l’establishment américain en cela. Jérusalem est la capitale de l’Etat palestinien, et nous continuerons à nous battre pour ça ».

Elle a ajouté que « les Etats-Unis se reconnaissent eux-mêmes comme étant non pertinents dans le rôle de médiateur de paix. Ils s’identifient eux-mêmes à une puissance occupante, ignorant même la tradition diplomatique du gouvernement américain lui-même ».

Zoabi a appelé à rompre tous les contacts palestiniens avec l’administration Trump et à « stopper tous les liens de coordination sécuritaire et relatifs à la sécurité avec Israël de la part de l’Autorité palestinienne. Nous devons investir nos efforts dans l’unification des Palestiniens, dans une vraie unité, politique et stratégique, entre le Fatah et le Hamas, de manière à ce qu’ils mènent un combat national. La rédemption ne viendra pas des Palestiniens de l’extérieur. La rédemption de cette nation héroïque naîtra de ses propres efforts ».

Les propos de Zoabi sont survenus vingt-quatre heures après des allocutions d’Ayman Odeh et d’Ahmad Tibi qui appartiennent eux aussi à la Liste arabe unie.

La députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie lors d’une réunion d’une commission à la Knesset, le 2 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Trump est un pyromane et va mettre le feu à la région avec sa folie », a déclaré Odeh dans un communiqué. « Si une chose est claire ces temps-ci, c’est que les États-Unis ne doivent pas être le médiateur entre Israël et les Palestiniens ».

« Si le gouvernement israélien veut que le monde reconnaisse Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël, ils n’ont qu’à reconnaître Jérusalem Est comme capitale de la Palestine », a-t-il ajouté.

Tibi, pour sa part, a indiqué que le déplacement de l’ambassade américaine contreviendrait à la loi internationale et « nuirait gravement » à la solution à deux états.

« C’est une mesure déraisonnable, qui viole le droit international », a-t-il dit. « C’est ridicule que la promesse de campagne du président Trump finisse par devenir du ‘terrorisme diplomatique’, qui sera sérieusement préjudiciable à la solution à 2 États. »

« L’administration américaine prouve cette fois qu’elle fait partie du problème, et non de la solution », a déclaré Tibi.

Cette reconnaissance de Jérusalem, qui devrait entraîner la colère du monde arabe et jeter une ombre sur les négociations de paix menées par les Etats-Unis, sera également accompagné d’un engagement de Trump destiné à soutenir la solution à deux états si les Israéliens et les Palestiniens devaient y souscrire, une initiative probablement prise par l’administration pour ré-équilibrer des annonces considérées comme favorisant lourdement Israël.

Lors d’un point-presse informel qui a eu lieu mardi avec les journalistes, les responsables de la Maison-Blanche ont répété que la reconnaissance et la relocalisation de l’ambassade, qui prendra probablement des années, sont la « reconnaissance d’une réalité », notant que la municipalité est le siège du gouvernement israélien, tout en ignorant les revendications palestiniennes sur Jérusalem.

« [Trump] considère cela comme une reconnaissance de la réalité, de la réalité historique et contemporaine », a expliqué un responsable.

« Tandis que le président Trump reconnaît que le statut de Jérusalem est une question hautement sensible, il ne pense pas qu’elle saura se résoudre en ignorant la vérité, celle que Jérusalem accueille la législature israélienne, sa Cour suprême, la résidence du Premier ministre et qu’en tant que tel, c’est la capitale d’Israël », a déclaré l’un des responsables.

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