Israël en guerre - Jour 196

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Réfrénant les espoirs d’un accord, Netanyahu dénonce le « mur de briques » de demandes du Hamas

Le Premier ministre a déclaré que le groupe terroriste refusait le compromis, que l'opération à Rafah aurait lieu et que les élections seraient une « défaite » pour Israël à Gaza

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse télévisée en soirée, le 29 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israël)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse télévisée en soirée, le 29 février 2024. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israël)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé jeudi soir son pessimisme quant-à la possibilité qu’Israël et le Hamas parviennent à un accord pour cesser les combats à Gaza et libérer les otages, accusant le groupe terroriste de continuer à faire obstruction à Israël plutôt que de faire un effort de bonne foi pour obtenir un compromis.

Affirmant qu’Israël continuait de se préparer à une offensive à Rafah, dans le sud de Gaza, malgré les mises en garde de la communauté internationale, Netanyahu a tempéré les attentes nées des propos du président américain Joe Biden, plus tôt cette semaine, lorsqu’il a déclaré qu’un accord était « proche ».

« Nous sommes face au mur de briques des exigences délirantes et surréalistes du Hamas », a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse au quartier général militaire de Kirya à Tel Aviv, ajoutant que le groupe terroriste « sait que ses demandes sont délirantes et n’essaie même pas de se rapprocher d’un accord. Voilà la réalité. »

« Nous avons tous de l’espoir, mais je vous décris la situation actuelle telle qu’elle est… Nous continuons d’agir, nous continuons d’espérer, mais je ne peux pas promettre en ce moment » qu’un accord sera conclu, a-t-il dit, parce qu’une telle promesse « n’aurait aucun fondement ».

Israël et le Hamas ont chacun envoyé une délégation au Qatar, cette semaine, pour peaufiner les détails d’un possible cessez-le-feu de 40 jours mais ont déclaré que le fossé était encore important entre eux. Les médiateurs qataris ont déclaré qu’il n’y avait pas encore eu d’avancée notable et, selon les médias israéliens, les représentants israéliens devaient rentrer du Qatar jeudi.

Le Premier ministre a promis qu’Israël récupérerait tous les otages détenus à Gaza, « avec ou sans accord », et a indiqué avoir exigé de connaitre le nom de tous les otages susceptibles d’être libérés avant d’accepter un quelconque accord.

Mercredi, le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que le groupe faisait preuve de flexibilité dans les négociations avec Israël, mais qu’il était en même temps prêt à poursuivre les combats.

Israël et le Hamas ne sont pas en phase sur les termes de l’accord, qui pourrait comprendre une pause de six semaines dans les combats et la libération d’une quarantaine d’otages en échange de 400 prisonniers de sécurité palestiniens détenus par Israël.

Une personne passe en scooter devant une fresque murale demandant le retour des otages enlevés lors de l’attaque transfrontalière du Hamas du 7 octobre en Israël, à Kfar Saba, en Israël, le lundi 26 février 2024. (Crédit : AP/Ohad Zwigenberg)

Par ailleurs, l’armée israélienne se prépare à intervenir contre les bataillons restants du Hamas à Rafah et dans le centre de la bande de Gaza, a indiqué Netanyahu/

« Nous le ferons en évacuant les civils des zones de combat », a-t-il insisté, « nous le ferons en prenant soin de leurs besoins humanitaires, et nous le ferons en respectant le droit international ».

Netanyahu n’a pas mentionné, dans ses propos liminaires, l’incident meurtrier survenu dans le nord de Gaza tôt jeudi, impliquant des dizaines de victimes civiles autour d’un convoi d’aide humanitaire, et il n’a pas été interrogé à ce sujet par les journalistes.

Netanyahu s’en est pris indirectement au président américain Joe Biden, en se référant à un sondage Harvard-Harris qui a révélé cette semaine que 82 % des Américains soutenaient Israël. « Plus de quatre citoyens américains sur cinq nous soutiennent, et non le Hamas », a-t-il dit, et cela « nous donne la force de poursuivre la campagne jusqu’à ce que le Hamas soit détruit ».

Le président américain Joe Biden, à gauche, mangeant une glace avec le comédien Seth Meyers, à Van Leeuwen Ice Cream, le 26 février 2024. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Lundi, Biden a déclaré dans une interview qu’Israël allait perdre le soutien international s’il maintenait son « gouvernement incroyablement conservateur ». Le lendemain, Netanyahu a publié une déclaration vidéo répondant directement à Biden, citant le même sondage Harvard-Harris.

Il existe également une croyance répandue selon laquelle la colère suscitée par le soutien de Biden à Israël parmi les électeurs progressistes et arabo-américains le pousse à se montrer plus critique à l’égard de l’effort de guerre. La référence répétée de Netanyahu au sondage semble être un signal pour Biden que le soutien du président à Israël ne mettra pas en péril ses perspectives électorales en novembre.

Netanyahu, qui a semblé adopter une approche plus conflictuelle à l’égard du président américain ces derniers temps, a également salué le récent vote de la Knesset contre la création d’un État palestinien, soutenu par 99 députés.

Cette décision est intervenue à la suite d’informations selon lesquelles les États-Unis et plusieurs partenaires arabes préparaient un plan détaillé pour un accord de paix global entre Israël et les Palestiniens avec un « calendrier ferme » pour un État palestinien.

Interrogé sur le fait que Biden l’aurait traité de connard et qu’il dirigerait la guerre avec des considérations politiques à l’esprit, Netanyahu a noté que la Maison Blanche avait nié cela. « Qu’il y ait eu de tels dénigrements, ou des briefings à ce sujet », a-t-il ajouté, « ne m’influence pas le moins du monde. »

Netanyahu s’est également vanté d’avoir résisté à la pression internationale pour mettre fin à la guerre contre le Hamas.

Des Israéliens ultra-orthodoxes organisant une contre-manifestation avant l’audition d’un recours demandant l’annulation d’une résolution du gouvernement ordonnant à l’État de ne pas appliquer temporairement une telle conscription, devant la Cour suprême, à Jérusalem, le 26 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a abordé la question de l’appel sous les drapeaux des haredim, qui pourrait mettre en danger sa coalition et forcer la survenue d’élections.

Le Premier ministre a déclaré rechercher un accord consensuel pour faire que davantage de haredim effectuent leur service militaire. Il a dit qu’il respectait les Haredim qui étudient la Torah et ceux qui se portent volontaires pour les services de secours d’urgence, mais que l’on « ne peut pas ignorer ce que la population y voit une inégalité de traitement ».

« Le public haredi le reconnaît aujourd’hui », a-t-il affirmé.

S’en prenant au ministre de la Défense Yoav Gallant, sans le nommer, Netanyahu a déclaré : « Nous fixerons des objectifs pour un accord par consensus » afin d’augmenter le nombre de recrues haredim.

« Quiconque veut un accord complet n’obtiendra aucun accord », a-t-il ajouté, un jour après que Gallant eut déclaré qu’il ne soutiendrait qu’un projet de loi de Tsahal soutenu par tous les partis de la coalition.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant (au centre) s’entretenant avec des commandants au QG du Commandement du Centre, à proximité de Jérusalem, le 27 février 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Il a laissé entendre que Gallant et les dirigeants du parti Kakhol lavan, Benny Gantz et Gadi Eizenkot, qui font également pression pour que les Haredim fassent leur service et qu’il n’a pas nommé non plus, pourraient utiliser la question pour tenter de faire tomber le gouvernement. Si un élément de la coalition avançait des « exigences extrêmes » concernant la conscription des ultra-orthodoxes, cela pourrait suffire à déclencher son effondrement et de nouvelles élections, a déclaré Netanyahu.

Si cela devait se produire, « cela signifierait la fin de la guerre, [et] la défaite d’Israël », a-t-il affirmé.

Israël serait paralysé pendant 6 à 8 mois, le gouvernement aurait les mains liées dans les batailles contre le Hamas et le Hezbollah et pour les otages, et il y aurait des divisions dans les rangs des combattants de Tsahal, a-t-il affirmé.

Ceci, a-t-il dit, « est précisément le rêve de [le chef du Hamas] Yahya Sinwar, le rêve du Hezbollah et le rêve de l’Iran… Ils n’attendent que ça. »

Une femme passe devant des affiches représentant Yahya Sinwar (à gauche), le chef du Hamas dans la bande de Gaza, et Abu Obeida (à droite), le porte-parole masqué des Brigades Qassam du Hamas, placardées sur un mur du camp Burj al-Barajneh pour les réfugiés palestiniens dans la banlieue sud de Beyrouth, le 5 février 2024. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

« Tous les membres du cabinet le savent », a-t-il ajouté, laissant entendre que les ministres qui cherchent à se faire élire agiraient ainsi dans l’intérêt de l’ennemi.

Lorsqu’on lui a demandé si Gallant l’avait consulté avant sa déclaration la veille, Netanyahu a esquivé la question, répétant que « la pire chose qui puisse nous arriver est une élection générale au milieu de la guerre », ce qui signifierait « une défaite dans la guerre ».

« Je suis sûr que le ministre de la Défense est conscient des implications des élections générales et du grave danger pour l’Etat d’Israël » si les objectifs de guerre ne sont pas atteints, a-t-il poursuivi. « Je suis donc sûr que nous trouverons une solution. »

Interrogé sur les efforts du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, pour imposer des restrictions sur la prière pour les Arabes israéliens dans l’enceinte d’Al-Aqsa sur le mont du Temple pendant le Ramadan, Netanyahu a déclaré qu’« il y a eu une discussion préparatoire » au cours de laquelle Ben Gvir a dit ce qu’il pensait, et que « nous aurons une discussion supplémentaire au début de la semaine prochaine ».

Des dizaines de milliers de fidèles musulmans prient dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, au sommet du mont du Temple, pendant le mois sacré du Ramadan, dans la vieille ville de Jérusalem, le 17 avril 2023. (Jamal Awad/Flash90/Fichier)

« En fin de compte, nous garantissons la liberté de culte, dans le respect des conditions de sécurité. Nous n’avons pas l’intention d’empêcher la liberté de culte des musulmans », a-t-il déclaré. Si Israël n’était pas souverain sur le Mont du Temple, a-t-il ajouté, il n’y aurait pas de liberté de culte pour les trois religions.

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