Religion et État: Quelques changements mais le statu-quo sera largement maintenu
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Religion et État: Quelques changements mais le statu-quo sera largement maintenu

Le futur ministre Matan Kahana, député de Yamina, dit qu'il réformera la supervision de la casheroute, nommera des rabbins et, bien sûr, qu'il enquêtera sur le drame à Meron

Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana à son ministère à Jérusalem le 14 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana à son ministère à Jérusalem le 14 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député de Yamina Matan Kahana, qui devrait servir au poste de ministre chargé des Services religieux dans le prochain gouvernement, a indiqué mercredi que si la politique générale concernant les questions de la religion et de l’État ne changerait pas, il avait l’intention de réformer la supervision de la casheroute et de nommer des rabbins plus nationalistes-religieux à des postes locaux.

« Sur ces questions où il n’y a pas d’accord intégral parmi les membres de la prochaine coalition, nous maintiendrons le statu-quo et attendrons quelques années, jusqu’à ce que nous puissions trouver une solution », a-t-il dit au micro de la radio militaire mercredi matin.

« Des choses qui n’ont pas été résolues en 73 ans ne le seront probablement pas dans le prochain gouvernement, » a-t-il rappelé.

Kahana a toutefois répété que son parti avait l’intention de nommer des rabbins, dans les villes, qui viendraient du camp nationaliste-religieux et non ultra-orthodoxe. « Il est tout simplement approprié – après des années où cela a été rare – que la communauté nationaliste-religieuse bénéficie d’une plus grande représentation », a-t-il continué.

Le rabbin Aaron Leibowitz (à droite), présente un certificat de casheroute alternatif au Whisky Bar Museum au marché de Sarona à Tel-Aviv (Autorisation Hashgacha Pratit)

Kahana a également dit que l’une de ses priorités lors de son arrivée au ministère serait de réformer la supervision de la casheroute dans le pays.

« La question de la casheroute, au sein de l’État d’Israël, n’est pas à la bonne place aujourd’hui. Cela doit être amélioré », a-t-il dit, refusant de préciser s’il chercherait à renforcer les initiatives de certification privée, en disant simplement qu’il « y a des moyens d’améliorer grandement toute la question de la casheroute au sein de l’État d’Israël, et nous travaillons là-dessus ».

« Il va sans dire » qu’il y aura une enquête gouvernementale sur le drame survenu fin avril au mont Meron, pendant le pèlerinage de Lag BaOmer.

« Je dis aussi qu’en tant que futur ministre des Services religieux, en tant que personne qui aura la responsabilité du futur pèlerinage de Lag BaOmer sur le mont Meron, dans dix mois et demi, je me sens responsable vis-à-vis du public et je veux enquêter sur ce qui est arrivé là-bas de façon à créer un plan qui garantira que cela ne se reproduira jamais », a-t-il indiqué.

Le 30 avril, 45 fidèles ultra-orthodoxes sont morts lors d’un mouvement de foule survenu lors d’un rassemblement organisé à l’occasion de Lag BaOmer, sur le mont Meron, dans le nord d’Israël – la plus grande catastrophe civile de toute l’Histoire du pays en temps de paix.

Les secours israéliens après une bousculade meurtrière qui a fait des dizaines de mort pendant les festivités de la fête juive de Lag BaOmer sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (Crédit :David Cohen/Flash90)

Kahana a par ailleurs noté que l’ensemble des membres de la prochaine coalition « savent très bien qu’ils ne pourront pas mettre en œuvre tous leurs programmes et ils savent que s’ils commencent à s’attaquer les uns les autres, le gouvernement ne survivra pas ». Les partenaires de la coalition « font preuve de beaucoup de bonne volonté de manière à assurer la survie de ce gouvernement », même si cela signifie qu’ils ne pourront pas accomplir tout ce qu’ils souhaitent, a-t-il dit.

Kahana a également riposté aux propos virulents tenus mardi par les leaders des partis ultra-orthodoxes, qui ont accusé le leader de Yamina, Naftali Bennett – Premier ministre désigné de la coalition – d’avoir montré de la perversité, et l’exhortant à retirer sa kippa.

Leurs discours ont été « embarrassants », a dit Kahana. « Quand nous étions dans l’opposition et eux dans la coalition, je ne me souviens pas que nous ayons adopté un langage aussi vulgaire ». Le député de Yamina a ajouté qu’il n’avait pas besoin de « recevoir des leçons de la part d’un député haredi sur ce que c’est d’être sioniste, ou sur ce que c’est d’être un religieux craignant Dieu ».

Les parlementaires ultra-orthodoxes, a-t-il suggéré, ne font qu’ « élargir le schisme et les divisions dans la nation au lieu de rechercher l’unité et la coopération. » Dans le prochain gouvernement, Yamina « préservera les valeurs du judaïsme, maintiendra la loi juive, préservera la Terre d’Israël – et le public haredi le sait pertinemment ».

Moshe Gafni de Yahadout HaTorah participe à une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Kahana a aussi critiqué les membres du gouvernement sortant du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour leur rhétorique incendiaire au sujet de la prochaine coalition.

« Le transfert du pouvoir, dans une nation démocratique, est parfaitement normal. C’est naturel, ce n’est pas une catastrophe », a-t-il indiqué. « Le soleil se lèvera mardi matin comme tous les autres jours et j’entrerai dans mon nouveau bureau avec beaucoup d’humilité, parce que j’ai plein de choses à apprendre ».

Le vote de confiance au nouveau gouvernement devrait avoir lieu dimanche après-midi, avec les partis de la future coalition qui détiennent actuellement la courte majorité de 61 députés à la Knesset, forte de 120 membres. Si elle est confirmée, cette alliance formée de partis de droite, de gauche, du centre et d’une formation islamiste devrait écarter Netanyahu du pouvoir, qui sera alors remplacé par Bennett, de Yamina – et, dans deux ans, par Yair Lapid de Yesh Atid.

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