Responsable de la Santé : Israël est bien placé pour obtenir du Remdesivir
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Responsable de la Santé : Israël est bien placé pour obtenir du Remdesivir

Asher Shalmon, du ministère de la Santé, prédit un futur "pic" des cas et reconnaît des "compromis" et de la "confusion" dans le processus de réouverture de l'économie

Des travailleurs du Magen David Adom portant des vêtements de protection, comme mesure préventive contre le coronavirus évacuant une femme à l'hôpital Hadassah Ein Karem, à Jérusalem, le 22 mars 2020. (Crédit : Flash90)
Des travailleurs du Magen David Adom portant des vêtements de protection, comme mesure préventive contre le coronavirus évacuant une femme à l'hôpital Hadassah Ein Karem, à Jérusalem, le 22 mars 2020. (Crédit : Flash90)

Israël est bien placé pour obtenir du Remdesivir, un médicament antiviral salué par la Maison Blanche la semaine dernière pour sa capacité présumée à « bloquer » le coronavirus, a indiqué un haut responsable israélien de la santé.

Le Remdesivir pourrait être mis à disposition pour soigner les malades du Covid-19 en Amérique dès cette semaine, maintenant qu’il a reçu l’approbation, en urgence, de la FDA (Food and Drug Administration), a fait savoir son fabricant, Gilead Sciences. Mais les médecins, partout dans le monde, se préparent à un bras de fer international pour obtenir ce médicament s’il fait davantage ses preuves lors d’autres tests.

La relation forte entre l’État Juif et Gilead Sciences, basé en Californie, place le pays en bonne position pour garantir un approvisionnement du médicament, a assuré un membre du ministère de la Santé au Times of Israel dans la journée de lundi.

« Cela fait longtemps que nous entretenons des relations avec cette entreprise, elle a une forte représentation dans notre pays, et cela nous permet de garantir que le médicament sera bien disponible ici », a affirmé Asher Shalmon, directeur des relations internationales du ministère.

Le docteur Asher (Ashi) Shalmon, chef des relations internationales au ministère israélien de la Santé (Crédit : WhatsApp)

Il a noté que ces liens avaient, par exemple, permis à des hôpitaux israéliens de prendre part à des tests de Gilead Sciences, dans le passé et encore aujourd’hui. Les hôpitaux d’Israël participent actuellement à deux essais pour le Remdesivir, l’un qui a été mis en place par la firme et l’autre par l’Organisation mondiale de la Santé.

Cette présence israélienne dans les essais cliniques signifie qu’une dizaine de personnes sont également soignées avec le médicament, a précisé Asher Shalmon. Il a aussi expliqué qu’avant le lancement d’une production de masse, l’État Juif disposait encore de quoi « prendre en charge quelques dizaines de malades de plus ». Il a souligné que si le ministère suivait de près les données sur le médicament, il n’avait pas encore tiré de conclusions concernant son efficacité.

Ces propos ont été tenus alors que certains médecins israéliens espèrent d’ores et déjà pouvoir commencer à administrer de manière systématique le médicament et s’interrogent sur sa disponibilité. La docteure Margarita Mashavi, qui supervise l’unité du coronavirus au centre médical Wolfson de Holon, a confié au Times of Israel la semaine dernière son excitation quant à la perspective de disposer du médicament. « Je pense que c’est judicieux de le donner, mais nous n’en avons pas », avait-elle dit. « Et c’est très difficile de mettre la main dessus ».

Les professionnels de la santé israéliens – comme leurs homologues partout dans le monde – attendent avec impatience des données supplémentaires sur le Remdesivir depuis mercredi dernier. Ce jour-là, le haut conseiller à la Santé du président Trump, le docteur Anthony Fauci, avait indiqué, alors qu’il se trouvait dans le bureau Ovale, qu’il s’attendait à ce que le médicament devienne « le traitement standard » pour les malades du coronavirus après avoir découvert les résultats d’une étude gouvernementale.

Anthony Fauci avait noté que les données montraient que le médicament avait un effet « clair, significatif, positif dans la diminution du temps nécessaire pour la guérison » et que le test permettait « une validation de principe très importante » de ce que qu’un médicament « peut bloquer ce virus ».

Asher Shalmon a également évoqué avec le Times of Israel la lutte plus générale d’Israël contre le coronavirus.

Il a indiqué qu’un nouveau pic des cas de Covid-19 était « attendu » en résultat de la réouverture des écoles et des autres démarches entreprises vers un retour à la normale. Son ministère prévoit de renvoyer tous les élèves israéliens sur les bancs des écoles d’ici la fin mai « s’il n’y a pas de mauvaises surprises ».

La coordinatrice de la réponse de la Maison Blanche au coronavirus, la docteure Deborah Birx, aux côtés du docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, se réunissent avec le président Donald Trump dans le bureau Ovale, à la Maison Blanche, le 29 avril 2020 (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Interrogé sur le caractère inévitable d’une recrudescence des cas de coronavirus alors que les Israéliens seront amenés à interagir davantage les uns avec les autres, il a répondu que « je ne peux pas dire que ce sera inévitable mais nous nous y attendons, et nous souhaitons amortir cette hausse des cas si elle reste modeste ». Il a ajouté par ailleurs « craindre » de perdre le contrôle dans le cas d’une nouvelle vague de contaminations plus grave.

Et que pense-t-il de la politique actuellement mise en place par le gouvernement ? A cette question, Asher Shalmon a admis que son ministère avait commencé avec « une stratégie de sortie bien définie », mais qu’il avait fallu « faire des compromis ». Il a déclaré que « tout commence par une stratégie, mais il y a des compromis nombreux – que ce soit au niveau politique, au niveau social ou avec les groupes de pression ».

Il a reconnu que certains Israéliens restaient perplexes face aux règles actuelles, admettant qu’il y avait « un nombre important de régulations » et que « certaines pouvaient paraître confuses ». Le responsable a ajouté que son ministère dissiperait ces confusions au cours des prochaines semaines en revenant à une situation où des interdictions formelles seraient formulées concernant certaines actions et activités, alors que tout le reste sera permis.

« Nous allons passer des mesures qui vous disent que vous pouvez revenir à telle ou telle activité à des mesures qui vous diront expressément ce que vous ne pouvez pas faire », a-t-il indiqué.

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