Rechercher

Retard des fleurs sauvages de printemps, suite aux vagues de froid historiques

Selon l'écologiste Avi Shmida, les conditions météorologiques ont permis une floraison abondante ; le mois de mars a été le plus froid depuis 1953

Renoncule turban. (Crédit: Alastair Rae, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons)
Renoncule turban. (Crédit: Alastair Rae, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons)

Selon un expert en botanique, un phénomène rare de froid et de pluie prolongés pendant les deux premiers mois et demi de l’année a retardé la floraison des fleurs sauvages en Israël et a provoqué une floraison inhabituellement intense de nombreux arbres et arbustes.

Le professeur émérite Avi Shmida, écologiste évolutionniste de l’Université hébraïque de Jérusalem, a déclaré au Times of Israel que si la germination des graines était un peu tardive étant donné que les fortes pluies n’ont commencé qu’à la mi-décembre, ce sont les vagues de froid de janvier à la mi-mars qui ont retardé de trois semaines, dans de nombreux cas, la floraison.

Le Dr Amos Porat, directeur des services climatiques du service météorologique israélien (IMS), a confirmé que le mois de mars 2022 a été le plus froid depuis 1953.

Les températures moyennes du premier trimestre 2022 ont été les plus froides depuis 1993.

Parmi les fleurs sauvages qui ont fleuri tardivement – dans les régions d’Israël au climat méditerranéen – figurent la renoncule turban, qui a eu trois semaines de retard, et le cyclamen de Perse, qui a eu deux semaines de retard. Selon Shmida, ce dernier fleurit encore sur le mont Meron, dans le nord du pays, où la floraison se termine généralement le 1er avril.

En revanche, dans les zones désertiques d’Israël, il n’y a pas eu de vague de froid et le temps a été relativement sec, ce qui a eu pour conséquence une floraison printanière assez pauvre, a poursuivi Shmida.

Genêt épineux (Calicotome villosa), Xemenendura, CC BY-SA 2.1 es, (Crédit: Wikimedia Commons)

Le froid dans les zones de climat méditerranéen, dans la moitié nord du pays, a également entraîné une floraison inhabituelle intense d’arbres comme le poirier de Syrie et d’arbustes comme le storax (buisson à clochettes) et le genêt épineux.

Ces derniers ont eu trois fois plus de fleurs que d’habitude, a indiqué Shmida.

Mais les fleurs sauvages qui fleurissent habituellement à l’automne ont souffert du temps chaud et humide de novembre.

Pour cette raison, par exemple, la Diplotaxis acris à fleurs blanches annuelles, qui fleurit normalement en décembre dans les champs de Nahariya au nord à Sderot au sud, n’a pas fleuri du tout l’année dernière, a déclaré Shmida.

Le professeur émérite Avi Shmida. (Crédit: Courtoisie)

Porat a déclaré que les pluies de cet hiver ont commencé environ un mois plus tard que la moyenne pluriannuelle, de 1981 à 2020. Bien qu’il soit trop tôt pour parler de tendance, les mois de novembre de la dernière décennie ont été plus secs, a-t-il déclaré.

À l’échelle du pays, les précipitations de cet hiver – enregistrées à partir du 25 octobre – ont représenté 107 % de la moyenne, ce qui n’est pas considéré comme un écart important.

Mais ce chiffre dissimule d’importantes variations régionales.

Les chiffres de l’IMS montrent, par exemple, que Tel Aviv, sur la côte méditerranéenne, a reçu 652 millimètres de pluie cet hiver, contre 438 mm en moyenne. Rosh Hanikra, à l’extrémité nord d’Israël, a connu 664 mm, alors que la moyenne est de 492 mm.

En effet, le mois de janvier a été marqué par des inondations généralisées, notamment dans la plaine côtière.

Capture d’écran de la vidéo d’une personne descendant en kayak une rue inondée à Petah Tikva, le 16 janvier 2022. (Crédit: Twitter)

Dans les montagnes, la forteresse de Nimrod, sur le versant sud du mont Hermon, sur le plateau du Golan, a enregistré 1 026 mm de pluie cette année, à comparer à la moyenne de 786 mm. L’implantation cisjordanienne de Psagot, près de Ramallah, a reçu 950 mm de pluie, contre 680 mm en moyenne, tandis que l’implantation d’Ariel a reçu 716 mm de précipitations, à comparer à la moyenne de 542 mm.

Dans la vallée du Jourdain, en revanche, les précipitations ont été largement inférieures, Ein Gedi, au nord de la mer Morte, ayant enregistré 20 mm, contre une moyenne de 46 mm.

Dans le désert du Néguev, Beer Sheva a enregistré 128 mm de pluie, contre une moyenne de 186 mm, tandis que Paran, dans le désert d’Arava, plus au sud, a enregistré seulement 14 mm de pluie, à comparer à la moyenne de 31 mm.

Le Dr. Porat a déclaré que c’était une erreur de tirer des conclusions à partir des chiffres des précipitations de quelques années seulement. « Quelques années de pluie ne nous disent rien sur l’avenir », a-t-il déclaré.

Dr Amos Porat du Service météorologique israélien. (Crédit: Courtoisie)

À la question de savoir pourquoi certaines années sont plus humides que d’autres, il a répondu : « Il n’y a pas d’explication. C’est notre climat ».

La quantité de pluie dépend du mouvement des différents systèmes météorologiques, a-t-il expliqué.

Les quatre derniers hivers ont été relativement pluvieux, notamment ceux qui ont débuté en 2018 et 2019, au cours desquels les précipitations ont atteint environ 130 % de la moyenne. Les précipitations au cours de l’hiver débutant en 2020 ont été dans la moyenne.

Ces quatre dernières années font suite à six années plutôt sèches, à l’exception du début de l’hiver en 2014, qui a enregistré des précipitations supérieures à la moyenne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...