Rivlin : les luttes internes en Israël sont plus menaçantes que le terrorisme
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Rivlin : les luttes internes en Israël sont plus menaçantes que le terrorisme

A la Knesset, le président à déclaré que les dissensions dans la société israélienne sont liées à des camps politiques rigides qui pourraient "déchirer l'étendard" de la démocratie

Le président Reuven Rivlin (à gauche) et le président de la Knesset Yuli Edelstein à l'ouverture de la session parlementaire d'hiver, le 15 octobre 2018. (Crédit : Knesset)
Le président Reuven Rivlin (à gauche) et le président de la Knesset Yuli Edelstein à l'ouverture de la session parlementaire d'hiver, le 15 octobre 2018. (Crédit : Knesset)

Le président Reuven Rivlin a mis en garde lundi contre les menaces que posent les dissensions internes en Israël, « plus menaçantes que les bombes nucléaires ou le terrorisme » pour le futur de la nation.

Dans un discours à l’occasion de l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset, Rivlin a mis en garde contre l’ancrage profond dans des opinions politiques et a semblé rejeter gentiment la rhétorique populiste de Benjamin Netanyahu, qui estime que la sécurité est la menace la plus grave qui pèse sur la nation.

« Gagner la bataille entre nous revient à perdre la guerre de l’existence », a déclaré Rivlin.

« C’est une menace plus grande encore que les bombes nucléaires ou le terrorisme, plus grande encore que les ennemis qui cherchent à nous détruire. La menace de la division interne sera toujours la plus grande menace qui puisse exister. »

Netanyahu, qui a pris la parole après Rivlin, a décrit le terrorisme et les ambitions nucléaires iraniennes comme des menaces existentielles à la survie du pays.

Ses détracteurs l’accusent d’avoir semé la discorde avec son discours contre les Arabes israéliens et les gauchistes, et d’avoir adhéré à des politiques séparatistes, notamment avec la loi sur l’Etat-nation, qui donne au judaïsme une position renforcée au moyen d’une loi fondamentale, quasi-constitutionnelle.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le Président Reuven Rivlin lors de la cérémonie de remise du Prix Israël au Centre international de conférences de Jérusalem le 2 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Rivlin, ancien faucon d’un Likud belliciste, dont les opinions se sont adoucies depuis qu’il est président, a déjà critiqué Netanyahu dans le passé.

Il a mis en garde contre une mentalité « prix de gros » dans laquelle les gens sont catégorisés selon des camps idéologiques rigides. Cette mentalité risque, selon lui, de « déchirer le drapeau » et il a ajouté que les réseaux sociaux jouent le rôle de caisse de résonance et ne font qu’empirer le problème.

« Donnez moi votre opinion sur les implantations et je vous dirais ce que vous pensez sur la Cour suprême, sur les LGBT et je vous dirais si vous employez le terme infiltré, réfugié pu migrant économique », a t-il déclaré. « Vous êtes de notre côté ou vous ne l’êtes pas. Vous marchez dans les clous ou vous êtes bannis comme un lépreux est banni du camp. »

A l’approche des élections – elles auront lieu au plus tard en novembre 2019 – Rivlin a mis en garde contre l’approfondissement du factionnalisme et déclaré que l’acceptation de points de vues hétérogènes permettrait d’éviter le conflit.

Des Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 15 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« La complexité de nos positions… nous rapproche. Elle est le lien entre différent camps, différentes écoles, différentes croyances et entre la vision et l’idéologie et la réalité. »

Depuis qu’il est devenu président en 2014, Rivlin s’est fait le porte-parole de la modération.

En mars, il a défendu les institutions d’Etat après que Netanyahu s’en est pris à la police au sujet des enquêtes criminelles dont il fait l’objet et défendu la liberté de la presse après que le Premier ministre a attaqué sa légitimité. Il a salué les manifestations anti-corruption, largement dirigées contre Netanyahu, qu’il juge essentielles pour la démocratie.

Lors de son discours d’ouverture de la session parlementaire d’hiver, Rivlin a défendu le système juridique et les médias. Il a déclaré que les tentatives du gouvernement visant à les miner étaient synonymes de « coup d’Etat » contre les piliers de la démocratie israélienne. Il a également fustigé les tentatives visant à « affaiblir les gardiens » de cette démocratie.

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