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Roman Abramovich fait un « don à huit chiffres » à Yad Vashem

Pour l’oligarque russo-israélien, ce don est un « privilège » ; les fonds iront à l’Institut international de recherche sur la Shoah et à la construction d'un nouveau bâtiment

Le président du club de football de Chelsea, Roman Abramovich, à gauche, s'entretient avec le President israélien, Isaac Herzog, au stade de Stamford Bridge, à Londres, le 21 novembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/ Service de presse du gouvernement israélien via AP)
Le président du club de football de Chelsea, Roman Abramovich, à gauche, s'entretient avec le President israélien, Isaac Herzog, au stade de Stamford Bridge, à Londres, le 21 novembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/ Service de presse du gouvernement israélien via AP)

Le milliardaire russo-israélien Roman Abramovich a fait un don de plusieurs millions de shekels au musée commémoratif de la Shoah de Yad Vashem, a annoncé mardi le musée, qualifiant l’opération de « nouveau partenariat stratégique de long terme ».

« Nous sommes profondément reconnaissants à Roman Abramovich pour cette contribution très généreuse, qui va considérablement renforcer le travail de Yad Vashem », a déclaré Dani Dayan, président du Mémorial.

« Ce partenariat témoigne de l’attachement profond de Roman Abramovich à l’entretien de la mémoire de la Shoah et à la lutte contre l’antisémitisme. Il renforce la détermination de Yad Vashem à demeurer le gardien d’une mémoire fidèle et factuelle de la Shoah », a déclaré Dayan.

Le porte-parole du musée, Simmy Allen, n’a pas communiqué la somme exacte, mais a déclaré qu’il s’agissait d’un « don à huit chiffres », de l’ordre de dizaines de millions de shekels.

« Avec cette contribution, Roman Abramovich devient le deuxième plus généreux donateur privé de Yad Vashem, après Miri et Sheldon Adelson », a-t-il déclaré.

Le musée a déclaré que le don servirait à financer l’Institut international de recherche sur la Shoah de Yad Vashem pendant cinq ans.

La ministre suédoise des affaires étrangères Ann Linde, deuxième à droite, quitte la Salle des Noms au mémorial de Yad Vashem, escortée par Dani Dayan, président de l’administration de Yad Vashem, à Jérusalem, le 18 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Il a déclaré qu’un don supplémentaire avait été offert par Abramovich pour financer un nouveau bâtiment destiné au centre de recherche.

Abramovich finance également la création de deux nouvelles versions du Livre des noms de Yad Vashem, dans lequel sont consignés les noms de plus de 4 800 000 d’hommes, femmes et enfants juifs assassinés par les nazis.

« L’un des nouveaux livres sera présenté de manière permanente à Yad Vashem, tandis que le second aura une vocation commémorative itinérante, pour sensibiliser le monde entier au meurtre de quelque six millions de Juifs pendant la Shoah », indique le communiqué.

« La conservation de la mémoire des victimes de la Shoah, au cœur de l’action du mémorial, est essentielle pour s’assurer que les générations futures n’oublient jamais ce à quoi l’antisémitisme, le racisme et la haine peuvent conduire si personne ne les dénonce », a déclaré Abramovich, qualifiant le don de « privilège personnel ».

La chancelière allemande Angela Merkel, se recueille après avoir déposé une couronne dans la Salle du Souvenir, sous le regard du Premier ministre israélien Naftali Bennett, deuxième à droite, lors d’une visite au Memorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem, le 10 octobre 2021.(AP Photo/ Ariel Schalit)

Abramovich, plus connu mondialement comme propriétaire de l’équipe de football de Chelsea, n’est pas exempt de controverses.

Faute d’avoir pu obtenir la prolongation de son visa au Royaume-Uni, dans le contexte d’une querelle diplomatique entre Londres et Moscou, l’oligarque avait immigré en Israël en 2018, se hissant immédiatement à la tête des plus grosses fortunes du pays, avec un patrimoine estimé à quelque 14 milliards de dollars.

Aucun élément n’avait été retenu par les autorités britanniques à l’encontre d’Abramovich dans leur refus de prolonger son visa. Ces dernières années, la situation des hommes d’affaires et diplomates russes au Royaume-Uni a fait l’objet d’un examen particulièrement minutieux de la part des autorités.

Plus récemment, il a appelé l’attention, en revendiquant la citoyenneté portugaise en vertu d’une loi de 2015 offrant aux descendants de Juifs séfarades expulsés pendant l’Inquisition de regagner leur patrie originelle.

Le passeport portugais dont il dispose permet à Abramovich de vivre et travailler où il le souhaite au sein de l’Union européenne, et dans une certaine mesure, de faciliter ses affaires avec le Royaume-Uni.

Ces dernières années, Abramovich aurait fait don de plus de 500 millions de dollars à des causes israéliennes et juives, dont quelque 100 millions de dollars pour financer l’organisation de droite pro-implantations Elad.

Cette organisation, qui opère des fouilles et gère des sites archéologiques à Jérusalem-Est, suscite la controverse en se portant acquéreuse de propriétés situées en zone palestinienne pour y accroître la présence juive.

Il a également dirigé plusieurs programmes de lutte contre le racisme et l’antisémitisme par le biais de ses activités au sein du club de football de Chelsea.

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