Safadi : avoir accueilli en héros le garde israélien qui a tué 2 Jordaniens est une « honte »
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Safadi : avoir accueilli en héros le garde israélien qui a tué 2 Jordaniens est une « honte »

Le ministre des Affaires étrangères jordanien a dénoncé la photo montrant Netanyahu embrasser Ziv

Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, le 25 juillet 2017 (Crédit : AFP/Khalil Mazraawi)
Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, le 25 juillet 2017 (Crédit : AFP/Khalil Mazraawi)

Le ministre des Affaires étrangères de la Jordanie a déclaré que l’accueil chaleureux d’Israël fait au gardien de sécurité de l’ambassade, qui a tiré et tué deux ressortissants jordaniens – après avoir été attaqué par un tournevis par l’un d’eux – était « une honte ».

Ayman Safadi a déclaré à Sky News Arabia mercredi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’aurait pas dû souhaiter la bienvenue au gardien de l’ambassade, connu sous le nom de Ziv, lors de l’accueil chaleureux fait à celui-ci mardi, mais aurait dû agir « diplomatiquement ».

« C’est une honte », s’est-il indigné. « Il serait approprié qu’Israël agisse diplomatiquement, » a-t-il précisé.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait déclaré que Ziv avait été poignardé par Mohammed Jawawdeh, âgé de 17 ans, alors présent dans une résidence de l’ambassade pour installer une chambre à coucher.

Ziv a ouvert le feu sur Jawawdeh, le tuant, ainsi qu’un deuxième homme, Bashar Hamarneh, dans ce que le ministère a déclaré être une légitime défense.

L’incident a déclenché une crise diplomatique, alors que les autorités jordaniennes réclamaient la permission d’interroger le garde. Israël avait refusé, arguant de son immunité.

Après nombre d’efforts, incluant une visite du chef du Shin Bet, Nadav Argaman, à Amman lundi, suivie d’un appel téléphonique entre Netanyahu et le roi Abdullah II, il y a eu enfin une sortie de crise.

Nadav Argaman, directeur du Shin Bet, devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Nadav Argaman, directeur du Shin Bet, devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les personnes endeuillées ont accompagné mardi le cercueil de Jawawdeh de la ville de Wihdat, qui abrite un grand camp de réfugiés palestinien à l’est d’Amman, jusqu’au cimetière situé à proximité de Umm al-Hiran, où il a été enterré.

Ils ont porté des photos de l’adolescent « martyr de l’ambassade », avec des drapeaux palestiniens et jordaniens.

En plus des cris de « Mort en Israël », ils ont également chanté : « Nous irons à Jérusalem en tant que martyrs, par millions ».

L’oncle de Jawawdeh, Sami, a déclaré que la famille exhortait le roi Abdallah II de Jordanie à venger sa mort « parce qu’il est celui qui peut décider en pareil cas ».

« Le sang de Mahomet n’a pas coulé en vain », a-t-il ajouté, disant qu’il a ouvert la voie à la suppression israélienne mardi matin des détecteurs de métaux aux entrées du site du mont du Temple de Jérusalem.

Des milliers de Jordaniens scandent « mort à Israël » lors de l'enterrement de Jawawdeh qui a été abattu par un agent de sécurité de l'ambassade d'Israël, qu'il avait attaqué. (Crédit : AFP / KHALIL MAZRAAWI)
Des milliers de Jordaniens scandent « mort à Israël » lors de l’enterrement de Jawawdeh qui a été abattu par un agent de sécurité de l’ambassade d’Israël, qu’il avait attaqué. (Crédit : AFP / KHALIL MAZRAAWI)

Mardi, Safadi a déclaré que la Jordanie n’avait pas fait de « transactions » ni mené de « négociations » avec Israël au cours des fusillades, mais a confirmé ses obligations internationales.

Dans un entretien avec CNN, Safadi a taclé Israël pour sa description des événements survenus à l’ambassade. « Ils ont essayé de décrire les faits comme si l’ambassadeur et le suspect [le gardien de sécurité] avaient été assiégés. Avant de les accueillir comme des héros de retour à la maison ».

La colère du ministre jordanien s’est décuplée après que le bureau du Premier ministre a publié des clichés de Netanyahu embrassant Ziv, lors de leur entrevue mardi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec Einat Schlein, ambassadrice d'Israël en Jordanie, et Ziv, l'agent de sécurité blessé lors de l'attentat d'Amman, à Jérusalem, le 25 juillet 201. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec Einat Schlein, ambassadrice d’Israël en Jordanie, et Ziv, l’agent de sécurité blessé lors de l’attentat d’Amman, à Jérusalem, le 25 juillet 201. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Safadi a déclaré qu’il était malvenu de la part d’Israël de célébrer Ziv et les autres membres de l’ambassade comme des héros de retour à la maison.

« C’est vraiment absurde », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’un cas criminel et je pense qu’il est dans l’intérêt de tout le monde qu’il soit poursuivi en tant que tel. »

Il a déclaré que le gouvernement jordanien avait l’intention d’interroger le garde israélien avant de lui permettre de quitter le pays, « et malgré son immunité diplomatique, nous avons pu parvenir à un accord pour obtenir sa déposition ».

La Jordanie poursuivra l’enquête jusqu’à ce que « la vérité éclate et que la justice soit faite », a déclaré Safadi, flanqué du porte-parole du gouvernement et du ministre de l’Etat pour les affaires juridiques, lors de la conférence de presse.

La Jordanie a déclaré lundi soir que son enquête avait établi que le garde israélien avait ouvert le feu lorsqu’il avait été attaqué par le jeune jordanien, et que la confrontation est née d’un différend concernant la livraison tardive de meubles.

La radio israélienne a annoncé mardi qu’Israël verserait une indemnité à la famille Hamarneh à l’issue de sa période de deuil. Aucune certitude en revanche sur le montant de la somme qu’Israël paiera à la famille.

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